Coup double pour la métropole dijonnaise. L’Association nationale des élus de la vigne et du vin (Anev) remettait ce vendredi le Prix national de la préservation du patrimoine viticole (PPPV) 2024 à la Ville de Dijon, lauréate pour la réhabilitation de l’Hôtel Bouchu dit d’Esterno, et à la commune de Marsannay-la-Côte, coup de cœur du jury pour sa Vigne École.
Chaque année depuis 2007, l’Anev récompense « les initiatives et projets déployés localement dans le but de défendre et promouvoir la culture de la vigne, du vin et de sa culture au sein des territoires ». Ce vendredi, la cérémonie a lieu dans l’auditorium flambant neuf du nouveau siège de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) à Dijon. Autrement dit, les anciennes cuisines réaménagées de l’Hôtel Bouchu dit d’Esterno, bâti au XVIIe siècle. Car le lauréat 2024, c’est justement la Ville de Dijon pour la réhabilitation d’envergure de ce monument historique de 2000 m2 : plus de 17 millions d’euros, un an et demi de travaux.
« L’OIV a pour la première fois de son histoire un lieu pérenne, depuis sa création en 1924 », se réjouit son directeur général, le Néo-Zélandais John Barker. « C’est le siège de l’OIV, mais aussi le symbole d’un bien universel pour la communauté mondiale de la vigne et du vin. » L’Anev, représentée par son vice-président Gérard Forcada, maire de Lézignan-Corbières (Aude), et son trésorier, Jean-Claude Alexandre, premier adjoint de Nuits-Saint-Georges, souligne « la première force de ce projet : avoir su fédérer un grand nombre d’acteurs du territoire ».

« Une approche ludique et pédagogique de la viticulture » à Marsannay-la-Côte
La nouvelle maire de Dijon, Nathalie Koenders, est présente pour recevoir le prix et « remercier ceux qui ont contribué au projet, l’architecte Bernard Quirot et tous les artisans, artisans d’art, qui ont su allier le fonctionnel à la préservation de cette histoire ». Mais elle s’efface bien vite : « Je récolte les fruits de ce qui a été semé par François Rebsamen et l’ancien directeur de l’OIV, Pau Roca [ndlr : décédé en décembre 2023]. »
Aujourd’hui ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, le président de Dijon Métropole se félicite d’un projet « triplement gagnant : pour l’OIV c’est un siège sur un territoire exceptionnel, pour le ministre de la Décentralisation c’est une chance, et c’est une chance aussi pour Dijon de s’ouvrir sur la côte viticole, elle qui était une ville à part, une vigne à part ». Non sans envoyer une pique à la candidature bordelaise : « Ils l’ont appelée L’Évidente. J’ai trouvé ça suffisant, mais c’était insuffisant pour gagner. »
Plus tôt dans la matinée, la délégation de l’Anev a visité la Vigne École de Marsannay-la-Côte, dont le maire Jean-Michel Verpillot a reçu le prix « coup de cœur » du jury pour son « approche ludique et pédagogique de la viticulture ». Inaugurée en avril dernier, la parcelle de 2000 m2 plantée en aligoté et conduite en agriculture biologique sert de support aux vignerons du cru, qui sensibilisent les jeunes générations à la culture viticole et aux pratiques durables.
Le choix n’a manifestement pas été simple : un deuxième prix coup de cœur sera remis à la communauté de communes Albères Côte Vermeille Illibéris, le 16 mai à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), pour la rénovation du Mas Reig. Aussi, face à la diversité croissante des candidatures, le PPPV évolue en 2025 avec trois catégories distinctes « permettant de mieux représenter les différentes collectivités engagées dans la préservation du patrimoine viticole ».
Bertrand Carlier