Plusieurs fois par an, France Travail et la mairie de Chenôve s’associent pour mettre l’emploi à l’honneur avec un forum dédié. Devant le succès des trois éditions de l’année 2024 qui s’est traduit par un fort taux d’embauche, les deux acteurs ont renouvelé la démarche.
640 propositions d’embauche de plus de six mois dont 40 % de CDI ; le résultat des trois forums de l’emploi organisés à Chenôve en 2024 avec France Travail ont été un vrai succès. « Nous travaillons de concert avec la municipalité qui se mobilise sur ces actions et permet d’avoir de bons retours » résume Zohra Dehbi, directrice de l’agence France Travail Dijon sud, qui complète : « Dijon Métropole enregistre un taux de chômage de 6,1 % avec une difficulté marquée à Chenôve. »
Pour inverser la tendance, France Travail met en place différents leviers, à commencer par des forums de l’emploi valorisant les métiers en tension, mais aussi ceux qui attirent. En février, les acteurs du tertiaire s’étaient réunis pour accueillir près de 1 000 candidats. « Nous avions insisté sur le secteur de la sécurité avec des animations comme la section de recherche et ses chiens pour donner à voir ces professions. » Pour encourager les demandeurs d’emploi et les candidats à la reconversion à se projeter, France Travail et la Ville de Chenôve pensent l’organisation du forum tant dans l’ambiance créée que dans les ateliers proposés.
En ce mois d’avril, l’accent a été mis sur les « métiers du vert » allant de l’agriculture aux métiers de l’environnement en passant par la viticulture et le paysagisme. Un tracteur aidait à se plonger dans cet univers. « En octobre, le forum se consacrera à l’industrie, au BTP et à la logistique. »

S’autoriser à changer de voie
À côté de nombreuses entreprises venues proposer des postes à pourvoir, des organismes de formation avaient fait le déplacement. « Nous travaillons sur le transfert de compétences avec 50 % des budgets de France Travail destinés à la formation, de préférence courte et préalable au recrutement pour avoir plus d’efficacité. » La responsable se réjouit que sur 10 candidats sortant de formation, 8 trouvent un emploi dans les six mois.
Zohra Dehbi donne des exemples concrets qui visent à inciter les jeunes à se former pour s’ouvrir les portes de carrières porteuses. « J’ai en tête un jeune homme sans expérience qui a fait une formation de grutier et qui a débuté sa carrière avec un salaire de 1 800 euros nets par mois dans un métier des travaux publics qui n’a pourtant rien de physique. » Dans le même ordre d’idée, elle fait allusion à la profession de soudeur, bien moins contraignante qu’imaginée. « Nous cherchons aussi à féminiser certains secteurs d’activité comme le transport ou le BTP. »
L’un des quartiers de Chenôve, avec son label QPV, traduit certaines difficultés accrues pour la population. « On trouve des personnes moins diplômées, mais aussi d’autres qui ont des diplômes mais qui ne maitrisent pas le français ou dont le diplôme n’est pas encore reconnu en France. » Consciente que l’adresse stipulant Chenôve peut jouer contre le parcours dans l’emploi de certains, France Travail a mis en place les recrutements sans CV. « Nous avons là aussi des exemples de réussites, des pépites que les entreprises n’auraient sans doute pas retenues sur simple CV. Grâce à la pratique, on voit des compétences qui sont transposées à d’autres métiers. » Alors que des candidats ne s’inscrivent parfois pas, présumant de leur inemployabilité ou de leur manque de compétences, la directrice veut casser les représentations. « Nous recrutons en bas des immeubles, nous collaborons avec les CCAS et autres services parce que QPV ne veut pas dire non employable ! »
Nadège Hubert