Venue pour ouvrir l’ANC Tour à Dijon, l’évènement de l’agence nationale de la cohésion des territoires, Françoise Gatel, ministre de la ruralité, a insisté sur la nécessaire confiance à faire aux élus locaux et l’importance d’un travail conjoint entre l’Etat et les collectivités. Elle a également évoqué les difficultés d’être un élu local au quotidien.
« Les territoires doivent inspirer la fabrique de la loi plutôt que la loi ne veuille les formater sans tenir compte de la diversité et la richesse de la France » a introduit Françoise Gatel, ministre de la ruralité alors qu’elle faisait son discours pour lancer l’ANC Tour à Dijon. La représentante du gouvernement a largement insisté sur la confiance qu’elle met dans les élus locaux et les acteurs publics ainsi que dans leurs capacités à trouver des idées. « Vous êtes des entrepreneurs des territoires. Quand on est maire, on invente des solutions et ça marche mieux. » Pour appuyer son propos, la ministre a choisi d’évoquer la loi Notré et la compétence sur l’eau. « On a pensé qu’il y avait un modèle et que tout le monde rentrait dedans. Sur l’enjeu de l’eau, on ne voulait pas laisser cette responsabilité aux communes donc elle a été transférée aux intercommunalités mais l’eau se fiche de là où elle coule et des limites de territoire. L’Etat a ouvert les yeux en estimant que c’était une responsabilité collective. Il faut faire confiance aux élus locaux pour trouver les solutions. »

La cigale et la fourmi
Le contexte budgétaire difficile n’est pas resté sous silence même si la ministre a rappelé que le budget 2025 avait épargné les communes rurales tandis que des programmes sont venus en appui aux projets locaux. Les villages d’avenir, les petites villes de demain ou encore les territoires d’industrie ont vocation à soutenir les ambitions des uns et des autres. « Ces dispositifs sont en cours d’évaluation mais le constat c’est que ça marche et l’ANCT est là pour apporter une ingénierie nécessaire. Il faut donner des objectifs de résultat aux élus, pas de moyens. » Parmi les solutions qui marquent la ministre de la ruralité, les maisons France Services arrivent sans doute en tête. « C’est tellement épatant. On règle ses dossiers à 20 minutes de chez soi et les personnes âgées ne sont pas les seules à s’y rendre. »
Côté budget, la ministre a toutefois appelé à des solutions soutenables et justes pour redresser les finances publiques. « Nous avons vécu pendant 50 ans comme des cigales mais la bise est venue. »

Un constat, des réalités et des pistes de solution
La ministre entend apporter un soutien d’un autre genre aux élus locaux. Françoise Gatel a en effet évoqué les 1 300 démissions d’élus locaux enregistrées depuis 2020. « Il y a de la fatigue, de la lassitude, il y a aussi une complexité de l’action publique qui épuise. » En réponse, la ministre a parlé de simplification, de l’importance d’apporter des encouragements plutôt que des freins et mis en avant le préfet comme interlocuteur privilégié.
Face aux agressions de plus en plus fortes d’un côté et à des « citoyens qui ont des exigences de consommateurs » de l’autre, elle place sa confiance dans le futur statut d’élu qui doit venir affirmer la reconnaissance de la nation face à l’engagement citoyen ou encore le scrutin de liste « pour sécuriser les maires des petites communes qui portent les responsabilités. »
Nadège Hubert


