Les entreprises de travaux publics passent à l'offensive.

11 mars 2015

Face à la situation alarmante que traversent les entreprises indépendantes du secteur des travaux publics de Bourgogne, une manifestation était organisée afin de sensibiliser les élus et présenter leurs 17 propositions pour relancer les investissements des collectivités locales.



 

 

 

 

 

 

 

 

Vincent Martin, président de la FRTP "Nous sommes confrontés à une chute drastique de la commande publique, en manifestant aujourd'hui, nous souhaitons attirer l'attention des collectivités sur les conséquences que cela va avoir sur les emplois dans le secteur des travaux publics. Nous avons utilisé tous les procédés à notre disposition afin de retarder l'échéance à laquelle nous devrons diminuer le nombre de salariés, mais nos trésoreries sont exsangues, nos carnets de commande sont vides et nous devrons bientôt faire appel au licenciement si les commandes n'arrivent pas".

 

 Ludovic Rochette, président de l'Association des Maires de la Côte-d'Or

 Ludovic Rochette (à gauche) Vincent Martin (à droite)

 

Ludovic Rochette, président de l'Association des Maires de la Côte-d'Or  "Les aides et dotations de l'état ont un effet démultiplicateur pour la réalisation des investissements des collectivités territoriales, par exemple en aidant un chantier à hauteur de 35 %, cela permet bien souvent aux communes et intercom de réaliser leur chantier à 100%"

 

 

Bertrand Pongan, président de la société SOCATER "Ce qui se passe est incroyablement inquiétant. Nos gouvernants devraient avoir des études de prêtes, des projets dans les cartons et privilégier l'investissement plutôt que de panser les plaies de l'activité partielle à coup de milliards. Un rapide calcul…. 1500 personnes équivalent temps plein en activité partielle sur les 2 mois de janvier et février… Ce sont les slogans de nos panneaux… Cela coute plus 3 millions d'euros à l'Etat donc aux contribuables.
Autre chiffre parlant… au vu de l'état de vétusté des réseaux d'eau potable il y a près de 20% de "fuite" ou "d'évaporation" entre le pompage à la ressource et notre robinet… Cela coute en Bourgogne 1 million d'euro par jour, soit 365 millions par an… N'y a-t-il pas une vraie urgence à se poser "les bonnes questions" en privilégiant l'investissement plutôt que le fonctionnement ? A l'instar du Plan Marshall de M. BORLOO n'y a-t-il pas chez nous aussi des milliards d'euros à investir pour maintenir notre patrimoine, nos infrastructure et notre position dans le monde"

 

Les entreprises de travaux publics passent à l'offensive

Francis Pennequin (à gauche) et Bertrand Pongan (à droite)


Francis Pennequin "Le chantier en cours sur la rocade visant à créer une desserte pour le Parc Valmy est l’équivalent d’une journée de travail pour l’ensemble des entreprises de travaux publics de Bourgogne"



 

 

 

 

Les carnets de commande vides, les demandes d’offres atones, le manque de visibilité croissant dessinent un avenir obscur, lequel, si rien n’est entrepris immédiatement, dans le cadre d’un plan MARSHALL, amènera sans délai nos entreprises à prendre des mesures drastiques de contraction de personnel, alimentant et grevant ainsi, encore un peu plus les caisses d’assurances chômage puis la dépense sociale de l’état et des départements.

 

Nous souhaitons :

 

- que l’AFITF dispose d’une enveloppe de substitution en remplacement de ce que les atermoiements sur l’ECO TAXE rebaptisée Taxe de transit poids lourds, entrainent en matière de projets non réalisés (moins 90% pour les grands projets structurants), ou une réactivation des portiques dédiés puisque tout est prêt et que cela nous coûte !!! (dédit du contrat),

- une augmentation des dotations Etat de sorte que les Départements et Communautés de Communes prennent la pleine mesure de l’impact d’un arrêt des investissements en infrastructures, pour les générations futures, alors que le coût des emprunts se situe au plus bas…

o créer pour les collectivités une dotation aux investissements sacralisée, incompressible et indépendante de la DGF,

- qu’un plan d’urgence notamment dans le domaine de l’eau visant à enjoindre les différentes parties prenantes (agences de l’eau, Conseil Généraux, syndicats…) à engager dès à présent des travaux visant à éradiquer les pertes abyssales (1,2 millions d’euros par jour) dans le domaine de l’adduction d’eau potable,

- Une accélération de la mise en oeuvre du Contrat de Plan Etat Région,

- Une activation du plan de relance autoroutier autorisé par la commission européenne depuis octobre 2014,

- Que l’entretien de notre patrimoine, légué par nos prédécesseurs, permette un état de fonctionnement de qualité, que nous léguerons à notre tour aux générations futures,

 

Nous demandons également :

 

- La suspension, provisoire mais immédiate, des clauses d’insertion sur tous les marchés publics régionaux, afin de sauvegarder nos emplois qualifiés permanents, cela jusqu’à la reprise d’une activité normale,

- Des mesures prioritaires de soutien visant à rapprocher la BPI des entreprises en mal de trésorerie,

- Que le projet de loi sur la pénibilité (rapport de VIRVILLE) soit immédiatement stoppé car nous disposons d’un outil crée par la profession (l’OPPBTP) qui tous les jours conseille et accompagne les entreprises sur des sujets relatifs à la pénibilité et à la santé,

- Que les donneurs d’ordres publics privilégient le « mieux-disant » et écartent systématiquement les offres « anormalement basses »,

- Une suspension des procédures MAPA qui nuisent à la santé économique de nos entreprises,

- Une généralisation des avances de 20% dans les marchés publics,

- Le doublement des intérêts moratoires pour les retards de paiement,

 

 

Si nous agissons ensemble, de concert avec les élus des collectivités territoriales :

 

«Si nos élus font le choix de l’investissement en équipements publics, ils :

o Contribueront à améliorer la santé et la sécurité de nos concitoyens,

o Amélioreront le cadre de vie de l’ensemble de la population,

o Créeront des emplois pérennes, non-délocalisables, diminuant ainsi le coût des aides sociales,

o Privilégieront l’investissement générateur de développement,

o Agiront concrètement pour l’aménagement du territoire,

o Soutiendront une filière exemplaire en terme d’avancées sociales, au coeur des territoires,

 

En revanche si rien n’est fait …

o Les conséquences sociales seront catastrophiques,

o Notre profession envisage une baisse de 20% de son CA, soit une réduction de 20% de ses effectifs,

o Nous assisterons à une paupérisation des compétences de nos salariés,

 

 

Quelsques chiffres sur l'activité des travaux publics en Bourgogne

 

- Chiffre d'affaires : 980 Millions d’€uros HT soit 1.176 Milliard d’€uros TTC

- Effectif 9000 emplois directs et 4500 en emplois induits.

 Une tendance à la baisse particulièrement marquée : - 8.7 % en évolution annuelle moyenne,

- Part des lots TP dans les appels d'offre publics : une baisse estimée à environ 20 % sur l’année 2015…Alors que le secteur dépend à 70% de la commande publique.

A ce jour, à propos de la gestion des effectifs permanents, les constats sont les suivants :

o les congés payés sont pris par anticipation,

o les budgets formation sont consommés,

o les demandes d’autorisation d’activité partielle sont engagées,

- Par ailleurs la profession n’a plus recours à l’intérim depuis le début de l’année 2014

 

- Nous enregistrons une baisse du recrutement de nos apprentis de l’ordre de 20% depuis la rentrée de septembre 2014 et le mouvement s’amplifie pour la rentrée 2015…

 

… par conséquent une baisse de 20% des effectifs déjà amorcée en 2014 est envisagée à court terme…dès 2015, soit 3600 emplois directs et indirects

Rappel de la répartition du chiffre d'affaires par type d'activité :

L’activité en Bourgogne se répartit comme suit :

- Routes 43%

- Terrassement 18%

- Canalisations 12%

- Travaux électriques 11.5%

- Ouvrages d’art 7%

- Voies ferrées 6%

- Divers 2.5%

Répartition de la clientèle :

- Collectivités locales 44%

- Grandes entreprises publiques 15%

- Secteur privé : 36%

- Etat 5%

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