Info+ :
Contact CCI :
Nathalie DELARCHE
Chargée de mission Collectivités
T.+33 3 80 65 91 40 - M.+33 6 21 44 71 78
n.delarche@metropoledebourgogne.cci.fr
18 septembre 2024
Après la fermeture du bar-restaurant de Léry en 2018, la commune a cherché à maintenir l’activité. Pour évaluer et mener à bien ce projet évalué à 250 000 euros, elle s’est entourée des services de la Chambre de Commerce et d’Industrie Côte-d’Or · Saône-et-Loire. Initié en 2022, ce travail conjoint a abouti à la réouverture d’un bar-restaurant, et bien plus encore, le 3 septembre dernier.
Un bar – restaurant qui ferme, dans un village de 198 habitants, ça se remarque et ça ne laisse pas indifférent encore plus quand il s’agit du dernier point de vente. « La commune n’était pas directement concernée mais on a identifié un manque » se souvient Catherine Burille, maire de Léry depuis 2008. Natif du village, le cédant a reçu quelques propositions d’achat mais toutes consistaient à transformer son commerce en logement alors qu’il était attaché à voir perdurer un établissement commercial, véritable vecteur de lien social. Il a donc proposé à la mairie de racheter le site à un prix inférieur à celui du marché à condition de s’engager à maintenir un bar-restaurant. « Le conseil municipal a accepté et en a fait l’acquisition pour 50 000 euros. »
Pour mener le projet, la mairie de Léry a cherché à s’entourer. Laëticia Guigon, collaboratrice en mairie mais aussi à Darois et Etaule a mentionné le partenariat réussi à Darois avec la CCI dans le cadre d’un projet similaire. En novembre 2022, les élus sollicitent donc une étude de faisabilité pour évaluer l’enjeu financier et les perspectives du projet. « Nous voulions une photographie de l’environnement économique du territoire et une étude de marché. Nous voulions non seulement un bar – restaurant avec une offre qualitative et des produits locaux mais aussi des services de proximité. » A trois kilomètres de Léry, le CEA Valduc avec ses 2 000 employés et ses fournisseurs, draine notamment une clientèle incontournable.
Bien s’entourer pour réussir
Pour réimplanter l’activité, les élus de Léry hésitaient entre utiliser le local existant ou transformer l’école, délaissée par les élèves. « L’étude de la CCI a fait ressortir que l’option de réutiliser le bar restait la solution la plus économe mais aussi la plus pertinente et la plus visible au bord d’une route passante. » En parallèle des réflexions, le travail de la CCI a consisté à administrer des questionnaires auprès des habitants de Léry mais aussi des fournisseurs du CEA Valduc. « Sur les conseils de la CCI, nous avons également organisé des ateliers participatifs qui ont corroboré l’idée que le bar était un meilleur choix que l’école mais ils ont aussi aidé à définir les attentes et les besoins des futurs consommateurs »
Pour l’édile, cet outil a permis d’impliquer les habitants, de les mettre à contribution. « Ils ont réfléchi, dessiné et ri aux éclats. C’était beau à voir. Même si on ne disait pas tous la même chose, les mêmes idées ressortaient » se souvient Catherine Burille qui a elle aussi participé à ces ateliers. « Les élus y ont une place aux côtés des habitants s’ils n’influencent pas, ne s’expriment pas et qu’ils jouent le jeu comme n’importe quel citoyen qu’ils sont aussi. » Autour de table, à tour de rôle, une vingtaine d’habitants ont imaginé le bar-restaurant de leur rêve et les services associés. Ce travail a contribué à la réalisation de l’étude et l’analyse finale délivrée par la CCI aux élus de Léry afin qu’ils prennent leur décision.
Trouver le bon candidat
Les orientations votées, Laëticia Guigon a rempli la lourde tâche de contacter les banques pour entamer les démarches vers un emprunt mais aussi de trouver les subventions possibles. Les travaux de réhabilitation de l’établissement ont été évalué à 100 000 euros. En parallèle, la mairie s’est mise en quête d’un repreneur pour occuper les lieux flambants neufs. À la suite d’un article dans la presse locale, la collectivité a identifié le futur exploitant du café-restaurant.
Dans le même temps, le restaurant La Roussotte, seule concurrence dans les environs, a fermé ses portes en août 2024. « Il n’y avait plus aucune offre de restauration dans les environs, confirmant nos exigences de qualité sur le repreneur. On ne voulait pas de snacking par exemple. » Finalement, un couple de restaurateurs de Saône-et-Loire s’est présenté.
Nathalie et Philippe Drujon se sont présentés et ont montré non seulement leur motivation sur le projet mais aussi de s’installer à Léry. « Tout le conseil municipal a été conquis. Ils ont répondu à toutes nos demandes, notamment avec des horaires larges allant de 7h00 à 21h00 en semaine, jusqu’à 23h le vendredi et le samedi. » Le « Bon Coin » a réouvert ses portes le 3 septembre dernier.

Catherine Burille, maire de Léry et Nathalie Drujon
En plus d’une large plage horaire pour le bar-restaurant, les nouveaux commerçants offrent une solution pour la vente de tabac, la distribution de gaz, un dépôt de pain et de viennoiseries tandis que la livraison de colis et la vente de jeux sont en cours de mise en place. Les services en place répondent aux attentes énoncées par les habitants au cours de l’étude de la CCI. En effet 67 % souhaitaient un débit de boissons, 76 % voulaient recevoir les colis et 51 % le gaz à disposition tandis que l’épicerie attendue est en cours d’installation. « Nathalie et Philippe ont un projet de boite à idées pour connaitre les besoins de la semaine suivante et livrer les personnes âgées. »
Désormais, il reste à la mairie à engager 100 000 euros pour réhabiliter le logement au-dessus du bar-restaurant afin que le couple Drujon puisse l’occuper. « Malheureusement, on est freiné par les rouages administratifs imposés par les demandes de subvention notamment. » Pour financer ce projet, la mairie met en vente son école, soit 400 mètres carrés de bâtiment sur une emprise foncière de 1 600 mètres carrés. « Nous aimerions un projet qui continue à faire vivre le village » conclut la maire.
Nadège Hubert