02 octobre 2025
La décarbonation s’inscrit comme une priorité pour EDF. Suite à la COP régionale, l’entreprise, à travers des études, a travaillé à identifier les leviers pour agir et la faisabilité des actions à mettre en place. EDF a donc mis le transport au cœur du premier atelier.
61,7 % des énergies finales consommées en Bourgogne-Franche-Comté proviennent des énergies fossiles, à partir de dérivés du pétrole ou du gaz. « L’électricité ne représente que 23,6 % de cette consommation tandis que les énergies biomasses, notamment issues de la forêt, atteignent 10 % », détaille Carmen Munoz-Dormoy, directrice régionale du groupe EDF en Bourgogne-Franche-Comté. En complément, la chaleur renouvelable arrive à 3,5 % alors que les biogaz et les biocarburants se limitent à 0,2 %. « En région, 95 % des gaz à effet de serre proviennent des énergies fossiles. »
Pour inverser cette tendance et engager le territoire dans une profonde décarbonation, EDF mobilise sa R&D afin de se pencher sur les usages. « Le transport représente 34,9 % de la consommation d’énergie finale mais aussi 56 % des gaz à effet de serre. La filière porte donc un gros enjeu de décarbonation. » EDF s’est donc intéressée à ce secteur en organisant un premier atelier de travail dédié. Une cinquantaine d’acteurs locaux, institutionnels mais aussi du monde économique, ont participé à cette rencontre organisée à Prenois avec le soutien de la fédération régionale des transports routiers et de Bourgogne-Franche-Comté Mobilité électrique.
Une filière impliquée
Sur place, le transporteur Alainé, installé à Mâcon, a marqué les esprits avec son camion électrique 40 tonnes tandis que Logivia a présenté un camion hybride biomasse liquide et électricité. « Ces professionnels font évoluer leur flotte mais bien que 10 % des camions vendus en France soient électriques, ça reste peu face au parc existant. » Carmen Munoz-Dormoy a complété : « J’ai été impressionnée par la démarche de décarbonation des transporteurs routiers qui veulent s’adapter. » La responsable a également mis l’accent sur la reprise des ventes de voitures électriques, après une certaine décroissance. « La R5 répond à la problématique de disposer d’entrées de gamme accessibles pour les voitures électriques. Nous avons aussi besoin qu’un parc de véhicules d’occasion se crée. » À côté, les parcs des entreprises vont peu à peu s’électrifier, alimentant ce parc. La directrice régionale insiste aussi sur le taux élevé de recyclabilité des batteries des véhicules mais aussi sur le prix de revient d’une voiture électrique : « le prix du plein est divisé par quatre ou cinq tandis que les coûts de maintenance sont réduits. »
Une démarche progressive
« Prendre du retard dans la décarbonation, c’est prendre des risques pour l’avenir. » Les services R&D ont présenté différentes trajectoires prospectives. « Il faut remplacer les énergies fossiles plutôt que de vouloir rendre plus efficaces les systèmes fossiles existants. Sans cela, il n’y aura pas de décarbonation profonde. »
EDF n’entend pas se limiter à un travail sur la filière des transports et prévoit d’ores et déjà des ateliers avec d’autres filières. « Le bâtiment représente 24 % des gaz à effet de serre de la région, l’industrie 14 % et l’agriculture, à travers ses usages uniquement, c’est 6 %. » En début d’année 2026, Carmen Munoz-Dormoy présentera les résultats de ces différentes rencontres avec les filières avec en ligne de mire la décarbonation.
Nadège Hubert