11 décembre 2025
Dans le cadre de sa transition énergétique, le groupe Roger Martin a fait l’acquisition de la première chargeuse électrique Volvo L120 livrée en France. Cette machine plus écologique se destine à la centrale à béton SABEVI de Saint-Apollinaire.
Quatrième génération à la tête du groupe Roger Martin, Vincent Martin est aussi la génération qui doit tenir compte de la transition énergétique. « Le groupe s’adapte aux périodes », a souri le dirigeant avant de poursuivre : « On a une dose de responsabilité quand on investit ». Ce 10 décembre, l’entreprise des travaux publics mettait des actes sur ces mots en prenant livraison d’une chargeuse électrique, première dans sa marque et son genre à être livrée en France par Volvo.
Vincent Martin ne lance pas de fausses promesses et se veut plutôt pragmatique : « Nous ne serons pas 100 % électrique demain car ce n’est pas encore possible partout mais on avance. » Toutes les activités et les sites du groupe ne répondent pas aux caractéristiques nécessaires pour faire usage de machines électriques. « Nous sommes obligés de faire des choix selon les implantations. Certains sites n’ont pas d’alimentation électrique pour recharger les véhicules. Certaines utilisations ne sont pas adaptées. Nous n’avons pas une stratégie de généralisation mais on cherche à réduire les consommations pour concilier économie et écologie. »

Un engagement pour l’environnement
Financièrement, l’acquisition d’un engin de chantier électrique reste un investissement initial supérieur à une machine thermique. Toutefois, si l’option se révèle deux fois plus élevée au départ, en intégrant les coûts de maintenance quasi inexistants ou encore le prix moins élevé de l’énergie, la différence diminue. « Plus la demande augmentera, plus les prix baisseront » rappelle en toute logique Davy Guillemard, président de Volvo Construction, venu effectuer en personne la livraison.
Vincent Martin encourage de son côté les donneurs publics à intégrer dans leur marché public une dimension environnementale. « Souvent ils ne savent pas qu’ils peuvent compléter le Code des marchés publics avec une clause dans laquelle ils peuvent définir un cahier des charges et inclure des machines décarbonées. » Le chiffre d’affaires des entreprises des travaux publics repose souvent à plus de 60 % sur les collectivités locales. Le levier pour encourager la transition n’est pas moindre sur la filière.

Roger Martin sert d’ailleurs de terrain d’expérimentation à Volvo tandis que le chef d’entreprise se réjouit de l’accueil réservé par les équipes. « Nous avions anticipé le gain en confort de bruit pour l’environnement proche de nos chantiers, notamment avec la minipelle électrique que nous utilisons en ville. Par contre, nous n’avions pas pensé à l’amélioration du confort de travail pour les conducteurs. » En parallèle, le groupe Roger Martin a doté l’ensemble de ses poids lourds d’un moteur au biocarburant, verdi peu à peu sa flotte et a mis en place un nettoyage annuel des moteurs de ses engins par hydrogène afin de retarder leur renouvellement.
Nadège Hubert
