Info+ :
Les Climats du vignoble de Bourgogne en quatre items
Un paysage culturel unique, façonné par l’homme depuis 2000 ans
Un modèle de viticulture de terroir qui rayonne dans le monde entier
Un patrimoine bâti exceptionnel, lié à la culture de la vigne
Un conservatoire vivant de traditions et de savoir-faire viti-vinicoles
.jpeg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
10 ans ! Un anniversaire qui se célèbre tout au long de l’année 2025 et qui donne lieu à un séminaire conjointement piloté par Paul Mourier, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, et l'association des Climats du vignoble de Bourgogne présidée par Gilles Larouzière. Destiné aux élus du territoire, aux représentants de la profession viticole, ainsi qu'aux services instructeurs et gestionnaires d'espaces naturels ou forestiers, l’objet est de mieux comprendre les enjeux des sites classés entre protection renforcée, développement économique, pratiques vertueuses et histoire d’un patrimoine unique !
Des sites classés protecteurs des paysages des Climats… ! Mais de quoi parle-t-on quand, nulle part ailleurs, la volonté de relier le vin au lieu qui le produit n’a été poussée aussi loin, et de manière aussi raffinée, qu’en Bourgogne ? Au cœur de ce vignoble extrêmement parcellisé, avec sa mosaïque de vignes aux plus de 1500 Climats, ses 40 villes et villages au patrimoine bâti exceptionnel, une économie et une culture spécifique, des savoir-faire tournés vers l’excellence, des paysages remarquables, on protège, on inscrit on classe !
Une inscription UNESCO qui concerne les Climats des Côtes de Nuits et de Beaune et un classement qui protège… On vous explique la différence !
L’UNESCO inscrit sur sa liste, désormais riche de 1248 sites et biens, dont 54 en France ainsi placée au 4ème rang mondial. L’inscription au patrimoine mondial repose sur deux enjeux principaux que sont la reconnaissance de la valeur universelle exceptionnelle du site, c’est-à-dire de son caractère unique au monde (le vignoble des Climats et sa viticulture de terroir très fine ainsi que toute la culture, les patrimoines et les paysages que son histoire a engendrés) et la mise en œuvre des outils nécessaires pour la protection du site et sa transmission aux générations futures.
Le classement, quant à lui intervient sur décision des services conjoints de l’ETAT, la DREAL et la DDT avec l’inspecteur des sites qui sont chargées de la mise en œuvre de la protection au quotidien, en binôme avec les Architectes de Bâtiments de France ! Les sites classés reconnaissent et protègent, dans la réglementation française, les paysages exceptionnels dont la préservation relève de l’intérêt général. Pas une mise sous cloche de la nature ni des vignes, mais des mesures de protection pour le territoire qui nous intéresse qui concerne, les vignobles, le domaine forestiers, les pelouses calcaires caractéristiques qui couvrent les hauts des côteaux et des falaises. Chaque entité abritant ses propres biotopes, sa faune particulière, voire unique, et sa flore qui ne l’est pas moins, ses meurgets de pierre sèche ou liée à la chaux, ses arbres isolés, ses cabotes … !
Nous sommes face à des sites pittoresques par la beauté de leurs paysages et l’harmonie qui se dégage de leurs différentes composantes entre crêtes et sommets de collines boisées, coteaux ciselés ou abrupts. Des sites qui se caractérisent aussi par de nombreuses combes rocheuses, des vignobles de coteau structurés par du patrimoine de pierre, des villages viticoles au débouché des combes, dont les silhouettes sont enserrées dans la vigne…
Bien sûr le sujet du classement qui s’ajoute souvent à un NATURA 2000, une série de ZNIEFF comme des zones à fort enjeux de biodiversité pourrait inquiéter viticulteurs et élus, mais un dialogue ouvert et constant entre l’Etat, le Conservatoire des Espaces Naturels, les professionnels de la vigne permet une sage compréhension de tous. La question du moment…certes prégnante… est la conquête des pelouses calcaires par la forêt, mettant en péril un écosystème fragile. Plusieurs maires se posent la question de l’éco pâturage qui fait ses preuves mais qui n’est pas assez développé (souvent faute de moyen).
.jpg)
Des maires qui, parfois, se trouvent dans des situations croquignolesques, coincés entre bons sens et réglementations à injonctions contradictoires et oui…encore !
Une truculente table ronde donne la parole aux maire de Meursault, Volnay et Nuits-Saint-Georges !
Denis Thomas, maire de Meursault, ouvre le bal avec l’histoire de « sons classement ». Une histoire d’investisseur qui envisageait d’édifier un hôtel de luxe au cœur d’un site remarquable, tollé du maires, des habitants et l’Etat s’empare du sujet pour procéder au classement du site en 1992 ce qui a permis d’organiser, gérer cette magnifique côte méridionale « Nous sommes souvent critique vis-à-vis de l’Etat, mais là, monsieur le préfet, ç a plutôt bien matché entre nous ». Il évoquera la cas du projet de salle des fêtes sur un territoire qui lui envoie dans les mirettes, une inscription UNESCO, une NATURA 2000, le SCOT, l’ABF, les Climats de Bourgogne, le PLU, la loi sur l’eau, l’AVAP, la loi Barnier, et il en passe et des meilleurs !! Comme l’explique monsieur le maire, c’est une concertation en bonne intelligence qui fera aboutir ce projet au bout de 3 ans ½ !
Pour monsieur le maire de Volnay, « Tout le monde a eu un peu peur au moment du classement en 1992. On se demandait ce qu’on pourrait faire ou pas dans nos vignes… mais vous savez question projet dans la commune… personne n’est prêt à arracher son cépage 1er cru pour édifier une construction neuve ! Et nous ne sommes pas prêts à vendre notre petit bois de pins noirs qui retient l’eau et protège les vignes du ruissellement»… du bon sens, toujours du bon sens !
Alain Cartron, maire de Nuits-Saint-Georges, qui a vécu le classement en 2008, bénéficiant ainsi de l’expérience des autres « C’est nous qui avons demandé le classement et nous avons beaucoup participé à la candidature UNESCO…là où d’autres préfèrent vivre, discuter dans leur cave plutôt qu’au grand jour…Nous avons créé des AVAP (aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine) remplacé depuis par les SPR, nous avons joué des documents d’urbanisme, du règlement de publicité etc… Il y a eu beaucoup de difficultés, mais nous y sommes arrivés à force de discussion et de concertation ! » Il évoque également l’importance d’associer communauté de communes et com-d’agglo, le SCOT les ODG (Organisme de Défense et de Gestion) constitués à l’initiative d’un ensemble de producteurs assurant une même production s’associant au sein d’une structure pour porter la démarche de reconnaissance d’un signe de qualité, de l’élaboration du cahier des charges à la protection et la valorisation du produit. Une conjugaison d’efforts au niveau local pour être solidaire sur ces terroirs et territoires si particuliers !
Les nombreux maires et viticulteurs présents ont un combat commun… l’éolien qui déboulait en force et a pu être éloigné et le photovoltaïque qui a sa place sur les parkings et pas au milieu des vignes qu’il risque de réchauffer.
Pour tous, la volonté commune est d’avancer au bénéfice de la préservation de Climats deux fois millénaires.
Paul Mourier, préfet de Région, préfet de Côte d’Or, conclue par un mot de Gaston Roupenel « La Bourgogne n’a rien fait de mieux que ce petit coin où elle a réuni ses enchantements et mis dans ses vins sa générosité tendre de son génie ! » Il poursuit par la nécessité de transmettre ces paysages forts de leur valeur mémorielle contribuant à l’attractivité de nos territoires.
.jpg)
.jpg)
©Marie Quiquemelle