LA BELLE ÉPOQUE EN CÔTE D'OR

La Belle Epoque en Côte-d'Or

Une carriole, tirée par un paisible mulet, s’avance seule sur la  place du Trente, à Dijon. Les nuages pommelés et les feuilles  des arbres de la rue Paul Cabet, en arrière-plan, annoncent  une belle journée d’été. Mais la statue de la France, juchée au  sommet du monument commémoratif de la guerre de 1870-  1871, regarde vers l’Est. La France du début du XXe siècle  prépare la Revanche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La France est alors majoritairement rurale ; le journal de Guillaume Rodier, vigneron dans la région de Nuits-Saint-Georges, est une belle chronique des travaux et des jours. Les archives de l’école d’Aisy-sous-Thil montrent l’effort de la Troisième République en faveur de la scolarisation ; les nombreux absents du registre d’appel prouvent aussi que l’école est, dans des campagnes où les travaux des champs demandent une main-d’œuvre abondante, la variable d’ajustement. Les besoins des campagnes ou des chantiers de chemins de fer suscitent d’ailleurs l’immigration d’une main-d’œuvre européenne bien intégrée.

La ville de Dijon est ceinturée par la campagne, mais son tissu comprend ateliers et usines (par exemple l’outillage Lachèze). Des efforts sont faits pour la salubrité des logements et pour l’adduction d’une eau propre à la consommation – les eaux des rivières ou des canaux étant, quant à elles, utilisées pour la lessive et les tanneries. Les grèves ouvrières montrent l’aspiration à une démocratie sociale.

La querelle entre laïques et catholiques connaît à Dijon un épisode d’ampleur nationale, avec l’affaire Le Nordez, qui nous vaut une belle série de caricatures anticléricales. Les loisirs et les sports s’organisent, grâce aux associations de pêcheurs ou de cyclistes, qui portent des noms pittoresques : la Gaule de Beaune, la Loutre de Seurre, la Joyeuse pédale dijonnaise.

Archives administratives (immigration, école, association), documentation commerciale et industrielle, photographies inédites (notamment les plaque de verre de la collection Cunin) offrent un panorama complet et vivant de la Belle Epoque en Côte-d’Or.

Cette époque n’apparaîtra « belle » qu’en comparaison de l’horreur des tranchées. Alors que la France commence de commémorer la Grande guerre, les Archives départementales de la Côte-d’Or, en cet été 2014, présentent l’état du département tel qu’il était à l’été 1914, le plus somptueux de l’avant-guerre.

Exposition conçue par Didier et Michèle Perrin, professeurs chargés du service éducatif, et montée par les Archives départementales.

 

SOMMAIRE
Les Côte-d'Oriens avant 1914
L'immigration en Côte-d'Or
Les conditions de vie avant 1914
Scènes de vie traditionnelle en Côte-d'Or avant 1914
De nouveaux loisirs
L'école, au coeur du projet républicain
Livre de mémoire de Guillaume Rodier
Industries et urbanisation
Laicisme et cléricalisme
L'Affaire Le Nordez, 1904

 

 

Les Côte-d'Oriens avant 1914


La Côte-d’Or est peu peuplée, 350 044 habitants au recensement de 1911, après avoir atteint plus de 400 000 habitants en 1851.

Cette diminution est due exclusivement à la dépopulation rurale.



La Belle Epoque en Côte-d'Or

Fontaine-lès-Dijon et le bas de Talant

Plaque de verre

Collection privée Cunin

Depuis 1880, chaque année, le nombre de décès l’emporte sur celui des naissances, dans notre département.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrLa ville de Dijon reste une petite ville de 76 847 habitants avant 1914.

Dijon – La Résistance

Place du 30 Octobre

Plaque de verre

Collection privée Cunin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrLa Croix de Précy-sous-Thil

Photo de Rémy Gorget

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'immigration en Côte-d'Or


L’appel à l’immigration pour pallier la faiblesse démographique de notre pays est un phénomène caractéristique de la « Belle Epoque ».

En Côte-d’Or,  les étrangers sont 2635 en 1906, et 2928 à la veille de la guerre. Ce sont surtout des Suisses, 811, des Italiens, 732 et des Allemands d’origine alsacienne, 413.

Ils sont venus pour le travail, soit à la campagne comme ouvriers agricoles ou sur les chantiers des chemins de fer de la région.

La plupart des étrangers sont très bien admis. Les jeunes hommes trouvent souvent à se marier dans la région.

 

> C’est le cas de Joseph Ferrario, italien originaire d’Appiano qui est venu travailler à Morteuil, hameau de la commune de Merceuil, près de Beaune, depuis 1892. Employé comme domestique agricole chez un cultivateur du village, il épouse dix ans plus tard, en 1902, la nièce de celui-ci, Anne-Marie Buy. De cette union, nait une fille en 1903.


 

La Belle Epoque en Côte-d'OrDécret de naturalisation de Joseph Gabriel Ferrario

31 mars 1904

Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1

 

Lire le décret

 

 

 

 


 

 

 

 

Il va naturellement demander sa naturalisation et dans le même temps, son épouse va demander sa réintégration dans la nationalité française puisque, comme toutes les femmes qui épousaient un étranger, elle était devenue étrangère par mariage. Le 31 mars 1904, le couple Ferrario obtient deux décrets, celui de naturalisation pour Joseph et de réintégration pour Anne-Marie.

 


La Belle Epoque en Côte-d'OrDécret de réintégration d'Anne Marie Ferrario, née Buy

31 mars 1904

Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1  


Lire le décret

 

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrNotice préfectorale transmise aux ministères de la Justice et de l'Intérieur le 9 février 1904

Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1 

 

 

 

Lire la notice préfectorale


 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrRapport de gendarmerie

24 janvier 1904

Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1

 

Lire le rapport de gendarmerie

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrLettre du Sous-préfet de Beaune au Préfet de la Côte-d'Or relative au dossier de demande de naturalisation de Joseph Gabriel Ferrario

2 février 1904

Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1

 

Lire la lettre

 

 

 

 

 

> Dans notre département et à Dijon en particulier, il y a de nombreux cas d’Alsaciens qui ont quitté leur région pour échapper à l’autorité allemande, après la guerre de 1870-1871. Il en est ainsi du couple Klein-Karcher. Auguste Klein est né en mars 1871, à Mulhouse et Valérie Karcher, en décembre 1872, dans cette même ville. Ils sont arrivés en France en 1893 et à Dijon en 1901. Ils demandent leur naturalisation qu’ils obtiennent aussi en 1904.

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrDécret de naturalisation d'Auguste Klein

19 novembre 1904

Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1  

 

Lire le décret

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrDécret de naturalisation de Valérie Marie Klein, née Karcher

19 novembre 1904

Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1

 

Lire le décret  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque cas est soumis à une procédure précise. Il faut remplir un dossier de naturalisation, avec un questionnaire normalisé, portant sur les motivations du demandeur, sa situation familiale et financière, ou encore ses idées politiques. Le dossier est souvent accompagné d’un rapport de police ou de gendarmerie sur les personnes qui demandent la nationalité française. Le maire de l’endroit où réside le candidat à la naturalisation doit aussi donner un avis motivé.


 


La Belle Epoque en Côte-d'Or Lettre du maire de Dijon au Préfet de la Côte-d'Or relative au dossier de demande de naturalisation d'Auguste Klein. 

24 août 1904
Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1   

Lire la lettre

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrAvis du préfet de la Côte-d'Or sur la naturalisation d'Auguste Klein
29 août 1904
Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1 

Lire l'avis du préfet

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrNotice préfectorale transmise aux ministères de la Justice et de

l'Intérieur le 29 août 1904

Archives départementales de la Côte-d’Or, M11IV d/1

 

 

Lire la notice

 

 

 

 

 

 

 

Les conditions de vie avant 1914


 

La belle époque

Dijon – Place Darcy

Jet d'eau de la Place Darcy

Photo de Rémy Gorget

Archives départementales de la Côte-d’Or, 29 Fi 55

 

 

Peut-on parler véritablement d’une amélioration  du niveau de vie  qui serait une caractéristique de la « Belle Epoque » ?

 

La question du logement est particulièrement éclairante.  Le nombre de plaintes, déposées au bureau d’hygiène et d’assistance de la ville de Dijon par des locataires, pour logements insalubres, est important. En 1910, ce sont 69 affaires qui ont été examinées pour la seule ville de Dijon.

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrLogement insalubre

Dossier Gauthier, rue des Roses à Dijon

1905-1906

Archives départementales de la Côte d'Or, M7pII/2        

Lire le document

 

 

 

 

      

L’alimentation en eau potable a nécessité de nombreux travaux. La ville de Dijon est traversée par deux cours  d’eau, l’Ouche et le Suzon, ce dernier étant couvert depuis longtemps. Au bord de l’Ouche, des moulins et des tanneries se sont installés. Il faut attendre le milieu du XIXe siècle pour que de véritables préoccupations sanitaires quant à la qualité de l’eau s’imposent à la municipalité. L’ingénieur en chef du département, Henry Darcy lance les travaux de captage du Suzon en 1839. Le 6 septembre 1840, les eaux de la source du Rosoir se déversent dans le château d’eau de la place Darcy.

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrDijon – Les bords de l'Ouche

Rue Hoche

Plaque de verre

Collection privée Cunin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une canalisation de 13 kilomètres depuis le captage du Rosoir, près de Messigny, jusqu’à Dijon a permis aux dijonnais de boire enfin de l’eau potable. Mais très vite, cette source du Rosoir ne suffit plus. C’est pourquoi, le conseil municipal de Dijon vote, le 26  février 1897, le projet de captage et d’adduction de la source de Morcueil, sur la commune de Fleurey-sur-Ouche, à 17 km de Dijon.

En avril 1904, l’eau de Morcueil est distribuée en ville.

Une série de photographies de l’époque, sans nom d’auteur, nous montre les importants travaux entrepris pour amener l’eau de Morcueil jusqu’au réservoir de Chèvre-Morte à Talant.

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'Or

 

Les travaux d’adduction d’eau

De Morcueil, commune de Fleurey-sur-Ouche, à Talant, travaux d'adduction d'eau le long de la vallée de l'Ouche, et probablement destinés à alimenter la ville de Dijon

Photographies, XIX-XXe siècles

Archives départementales de la Côte-d’Or, 8 Fi 22

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrLa Belle Epoque en Côte-d'OrLa Belle Epoque en Côte-d'Or

 

 

 

 

 

 

Scènes de vie traditionnelle en Côte-d'Or avant 1914

 

La Belle Epoque en Côte-d'Or

Messigny

Photo de Rémy Gorget

Archives départementales de la Côte-d’Or, 29 Fi 68

 

 

 

Les photos d’époque nous montrent un mode  de vie immuable dans les villages mais aussi en ville.

Les femmes lavent encore le linge à la rivière ou au lavoir, à Dijon, à Longvic ou à Arnay-le-Duc.

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrLongvic – Laveuse près du pont

Plaque de verre

Collection privée Cunin

Munies de grandes panières à linge,  apportées sur des brouettes, elles sont alignées côte à côte et battent le linge en cadence !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrArnay-le-Duc – Les Tanneries

Photo de Rémy Gorget

Archives départementales de la Côte-d’Or, 29 Fi 8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrDijon – Laveuses au port du Canal

Plaque de verre

Collection privée Cunin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrCertaines maisons de Saulieu sont encore couvertes de chaume et bordent des rues de terre.

Saulieu – La rue du Fourneau

Photo de Rémy Gorget

Archives départementales de la Côte-d’Or, 29 Fi 15

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrPour aller de village en village, on sort la carriole à cheval.

Sainte-Foy - Vallée du Suzon

Photo de Rémy Gorget

Archives départementales de la Côte-d’Or, 29 Fi 67

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrA Fontenelle, près de Fontaine-Française, les villageois, devant leur maison, regardent le berger qui, avec ses chiens, conduit son troupeau.

Fontenelle

Photo de Rémy Gorget

Archives départementales de la Côte-d’Or, 29 Fi 71

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De nouveaux loisirs

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'Or

Dijon – Entrée du vélodrome

Plaque de verre

Collection privée Cunin

 

 

 

 

Une partie de la population de la «Belle Epoque» commence à accéder aux loisirs et au temps libre. La loi du 13 juillet 1906 inscrit le repos hebdomadaire du dimanche obligatoire.

Cette douceur de vivre transparait sur les photos de l’époque.

On se baigne aux bords de l’Ouche, près du moulin de Vesson, à Plombières-les-Dijon. Le photographe a capté un beau dimanche au bord de l’eau.

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrPrès de Vesson – Bords de l'Ouche en été

Plaque de verre

Collection privée Cunin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrA Dijon, place saint Pierre, les mamans endimanchées surveillent les enfants qui jouent à la balançoire.

Dijon – Balançoire Place Saint-Pierre

Plaque de verre

Collection privée Cunin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On assiste à des spectacles, mêlant joutes nautiques  et musique, au port du canal à Dijon, le 7 août 1898.

Grande fête nautique vénitienne et musicale

Programme des fêtes du 7 août 1898, organisée par la société nautique des sauveteurs de Dijon

1898

Archives départementales de la Côte-d’Or, 1 J0 421

 

 

 

 

 

La pratique du sport va commencer à devenir le loisir préféré des Français. Et c’est la «petite reine»qui remporte tous les succès, avec le développement des courses cyclistes, le Tour de France en premier lieu, chaque année, depuis 1903.

 

Dans notre région, quelques grandes classiques s’imposent, la classique Dijon-Auxonne, en 1912 ou encore la course Dijon-Gray.

Notre département a son champion, Louis Cottereau, vainqueur de plusieurs compétitions nationales comme le championnat de France de vitesse en 1890 ou la course Bordeaux-Paris en 1893. Marié à une fille de la commune d’Ouges, près de Dijon, il va créer une entreprise  de cycles qui fabriquera jusqu’à 10 000 vélos par an, employant 226 ouvriers en 1906.

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrLa Belle Epoque en Côte-d'OrLa Belle Epoque en Côte-d'Or

 

Maison L.Gros de Pouilly-en-Auxois

Catalogue de la maison L.Gros de Pouilly-en-Auxois (avec quelques vélos)

Archives départementales de la Côte-d’Or, 1 J0 323

A Pouilly-en-Auxois, la Maison L.Gros met à la disposition  de ses clients  un catalogue, présentant un grand choix  de  bicyclettes, de fabrication américaine, de la marque New-Home. Ils peuvent commander le modèle adapté à leur usage, du modèle populaire à 149 francs au modèle Course sur route, à 270 francs.

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrCet engouement pour le vélo explique la construction d’un vélodrome à Dijon, près des Allées du Parc, situé entre les rues Clément Janin et Augustin Chancenotte, à l’initiative du maire François Bordet et avec le soutien de Louis Cottereau. Il est inauguré le 27 mai 1894. Une photographie de l’époque nous montre l’entrée monumentale du lieu. Un tramway dessert naturellement cet équipement sportif.

Dijon – Entrée du vélodrome

Plaque de verre

Collection privée Cunin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrFête des écoles

Programme de la deuxième fête des écoles du 24 juillet 1898, organisée par le

Comité des fêtes Bienfaisance du Commerce et de l'Industrie

1898

Archives départementales de la Côte-d’Or, 1 J0 421

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un autre loisir très populaire se développe avant 1914, vu le nombre  de sociétés de pêche à la ligne. On va pêcher en famille, mari, femme et enfants sont adhérents de l’association, La Gaule, à Beaune, créée le 21 février 1898.

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrLa Gaule

Couverture de la page des statuts de l’association, La Gaule, à Beaune  et liste des membres fondateurs

21 février 1898

Archives départementales de la Côte d'Or, 20 M 33

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'école, au coeur du projet républicain

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrRegistre d'appel journalier

Couverture du cahier d’appel journalier de l'école d'Aisy-sous-Thil

Année académique 1896-1897

Archives départementales de la Côte-d’Or, T 10/2

 Il y a une croyance partagée, à la fin du XIXe siècle, celle de la possibilité d’ascension sociale grâce au savoir et donc à l’école.

Il faut, cependant, prendre garde au mythe de l’école de la IIIe République et aux images d’Epinal. Malgré les sanctions contre les parents qui n’enverraient pas leurs enfants à l’école, de nombreuses inscriptions sont formelles et la fréquentation scolaire est incertaine.

En 1907-1908, les absences d’élèves durant quatre mois affectent 10% de l’effectif scolaire dans plus du quart des départements. Les écoles n’ont leur effectif complet que pendant 5-6 mois.

Dans les régions d’élevage, comme l’Auxois, la fréquentation est vraiment très irrégulière. La rentrée ne s’effectue guère avant le 1er novembre et les enfants désertent l’école, à partir d’avril. Les maîtres essayent de convaincre les parents, mais les autorités locales semblent peu efficaces, les maires craignant de sévir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la commune d’Aisy-sous-Thil, en Côte-d’Or, le dépouillement des registres d’appel confirme la fréquentation épisodique de certains élèves.

 

La Belle Epoque en Côte-d'Or

 

Registre d'appel journalier

Registre d'appel du mois d'octobre 1896 et juin 1897

Année académique 1896-1897

Archives départementales de la Côte-d’Or, T 10/2

 

 

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'OrLa loi du 28 mars 1882 fait obligation au directeur ou directrice de chaque école de tenir un registre d’appel journalier, avec les motifs des absences. A la fin de chaque mois, il adresse au maire et à l’inspecteur primaire, un extrait de ce registre. Les absences non justifiées sont, selon la loi, soumises à la commission scolaire.

Élèves de l'école d'Aisy-sous-Thil

Liste annuelle d'inscription des élèves (garçons et filles)

Année académique 1896-1897

Archives départementales de la Côte-d’Or, T 10/2

François Perrot est le jeune directeur de l’école d’Aisy, en 1896-1897. Il exercera cette fonction pendant de nombreuses années.

Il est l’un des 691 instituteurs publics que compte notre département.

Dans le registre d’inscription de cette année scolaire, il indique 20 garçons, entre le 9 octobre 1896 et le 4 janvier 1897 pour les retardataires. Dix huit d’entre eux sont âgés de 6 à 13 ans, ce qui est la tranche d’âge soumise à l’obligation scolaire, un a moins de 6 ans et un plus de 13 ans. L’inscription des quinze filles est aussi échelonnée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marcel et Paul Lesenfants, deux élèves de l'école d'Aisy-sous-Thil

 

La Belle Epoque en Côte-d'Or

Marcel Lesenfants

Acte de naissance, 23 novembre 1887

1887

Archives départementales de la Côte d'Or, 2 E 10/6

 

 

 

Dans la famille Lesenfants, l’assiduité scolaire ne  semble pas être une préoccupation majeure ; c’est ce que nous indique le dépouillement des registres d’appel des années 1896 jusqu’à 1900.

Marcel et son frère cadet Paul sont parmi les élèves les plus souvent et les plus tôt absents dans l’année. Dès avril 1897, Marcel est noté absent 6 jours sur les 14 jours d’école, puisque ce mois est coupé par les vacances de Pâques.

En mai, il ne la fréquente plus du tout et son jeune frère, par intermittence. A partir de juin, les deux frères, ainsi que cinq autres garçons et trois filles, sont notés absents le mois entier ! Lorsque l’école finit le 5 août, l’instituteur n’a plus que quinze élèves sur les trente-cinq inscrits, et principalement des filles, les garçons étant plus utiles à la ferme !

Chaque année durant la scolarité de Marcel et de Paul,  on retrouve la même périodicité pour les absences. En août 1900, Marcel va avoir 13 ans et quitte définitivement l’école.

Sur son acte de naissance,  il est rajouté, dans la marge, la date et le lieu de son mariage, en 1913, à Maisons-Alfort. Son manque d’assiduité à l’école ne semble pas avoir gêné sa vie d’adulte ! Son jeune frère trouve également une épouse dans cette même ville de la région parisienne.

 

 

 

Livre de mémoire de Guillaume Rodier

 

 

 

La belle époque en Côte-d'Or

Livre de mémoire de Guillaume Rodier

1872-1911

Archives départementales de la Côte d'Or, 1 J0 293

 

 

 

Vigneron à Villars Fontaine, village proche de Nuits-Saint-Georges, Guillaume Rodier entame ce livre le 1er janvier 1872, il est alors âgé de 42 ans et écrit jusqu’en 1911.

Ainsi pendant près de quarante ans, il égrène ses comptes, produits de ses vignes et de ses terres labourées. Les salaires versés à la main d’œuvre qu’il emploie sont scrupuleusement notés. C’est un propriétaire avisé qui apparaît au travers de ses comptes quotidiens. Il ne manque jamais de noter les intérêts de ses actions qui sont gérées par la Société Générale, banque où il se rend fréquemment à Dijon.

En vieillissant, il signale son âge, il évoque les décès de personnes du village, comme si le temps commençait à avoir prise sur lui…

La seule allusion à la politique date vraiment de 1899, en conclusion du siècle. Il avait seulement noté la mort du président Sadi Carnot, en 1894.

Pour la première année du siècle, le vigneron qu’il est retient surtout l’abondance du raisin, mais la médiocrité du cru.

L’orage qui s’abat sur la région de Nuits le 28 juillet 1900 est décrit par Guillaume comme particulièrement violent.

La Belle Epoque en Côte-d'Or (page 9/11)

 

 

 

 

 


Industries et urbanisation

 

 

Belle époque

Plan de Dijon

Nouveau plan de Dijon monumental, industriel et commercial comprenant une nomenclature des établissements industriels et commerciaux figurant sur le plan.

1894

Archives départementales de la Côte d'Or, 28 Fi 137

 

 

 

Nos sources nous conduisent à aborder le secteur de l'industrie qui se développe à partir des années 1875. Les séquelles de la guerre franco-prussienne s'estompent et notre département accueille des industries repliées des territoires cédés au traité de Francfort de mai 1871, comme la manufacture de tabacs de Strasbourg.

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'Or

Maison Lachèze, fabrique d'outillage

Catalogue de vente (tarifs), illustré des outils proposés, avec vue des usines et des ateliers

[1895]

Archives départementales de la Côte d'Or, 1 J0 262

 

 

Dijon regroupe la majorité de l'activité industrielle du département sans qu'elle n'affiche l'aspect d'une ville de fumées sombres et nauséabondes.

En 1911, on dénombre en Côte-d'Or 3371 sites industriels employant 22559 travailleurs, dont plus de la moitié à Dijon., soit environ 16% de la population urbaine.

 Cette part importante de l'industrie place le département dans le courant de progrès économiques et sociaux que connaît alors la France, mais aussi dans ces épisodes de contestations sociales.

La grève  des ouvriers métallurgistes  en juillet 1899 à Dijon en témoigne largement.

 

La Belle Epoque en Côte-d'Or

 

Dijon – Panorama

Panorama du dessus du réchaud de la flèche Saint-Bénigne

Plaque de verre

Collection privée Cunin 

 

 

 

 

Laicisme et cléricalisme


Quelles ont été les attitudes intellectuelles et spirituelles de «l'esprit public», leurs organisations et leurs actions en Côte-d'Or  durant «la Belle Époque» ?

«Le progrès continu de la laïcité», cher à Ernest Renan, se développe dans le département, assez tôt concerné par la déchristianisation, malgré des forces catholiques locales restées très puissantes.

Les Archives départementales de la Côte-d’Or conservent dans leurs fonds les statuts de 9 sociétés cantonales, affiliées à la Libre Pensée nationale. Cette présence active constitue les relais indispensables au succès et à l'acceptation populaire de la politique anticléricale du gouvernement.

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'Or

 

La Libre Pensée de Nuits-Saint-Georges

Les statuts de la société

1898

Archives départementales de la Côte-d'Or, 20 M 63

Lire +

 

 

 

Les statuts de la société de la Libre pensée du canton de Nuits -Saint-Georges nous permettent de connaître les buts et les pratiques de cette association. Le dépôt de testaments et de dernières volontés complète notre idée du recrutement social.

 

 

 

La Libre Pensée de Nuits-Saint-Georges

Testaments et dernières volontés de membres de la société

1898-1904

Archives départementales de la Côte-d'Or, 1 J0 220

 

 

 

Nous possédons de très nombreuses sources sur les initiatives sociales et politiques des différents courants catholiques très actifs, donc très surveillés par le pouvoir en place, en Côte-d'Or, dans cette période qui précède les débats d'où sortira la loi de séparation du 9 décembre 1905. Elles témoignent aussi des thèmes préoccupant la société française de l'époque.

 

 

Conférence privée catholique

Rapport du 19 février 1904 sur la conférence, organisée par le Comité d'Action catholique, au Cirque de Dijon

19 février 1904

Archives départementales de la Côte-d'Or, 20 M 20    

 

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Lire la suite du rapport

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Affaire Le Nordez, 1904

 

 

La Belle Epoque en Côte-d'Or


Dijon – La synagogue

Plaque de verre

Collection privée Cunin

 

La crise entre la République et le Saint-Siège enfle rapidement en 1904 avec l'affaire des Fiches et l'affaire de l'évêque de Dijon, Albert Le Nordez.

Ce prélat est en conflit ouvert avec une partie de son clergé, depuis 1901, pour ses prises de position pro-républicaines.

Le départ de cet évêque, convoqué par le pape Pie X, ouvre le conflit entre la République française et le Saint-Siège.

 Les religions restent une grande force incontournable en France et connaissent un dynamisme  malgré la loi de 1905 et constituent un élément déterminant de la société de la «Belle Époque»