Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphosé se dévoile : visite de chantier et présentation des collections

Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphosé se dévoile : visite de chantier et présentation des collections

Info+ :

Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphosé

LA METAMORPHOSE
DU MUSEE DES BEAUX-ARTS
EST UN CHANTIER COMPLEXE ET COMPLET 

Elle inclut la rénovation du palais, la mise en place d’une muséographie entièrement renouvelée et le « chantier des collections ».

Un audit très précis a d’abord été réalisé par le cabinet spécialisé in Extenso sur l’ensemble des quelque 130 000 œuvres du musée, transférées dans les nouvelles réserves. Entre 2007 et 2019, pas moins de 1000 pièces ont bénéficié d’une restauration, légère ou « fondamentale ».

Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphosé se dévoile

Des opérations délicates menées sur place, à Dijon, par des restaurateurs, artisans d’art aux savoir-faire d’exception, venus de toute l’Europe. Certaines œuvres particulièrement fragiles ou sensibles ont, elles, été prises en charge dans les ateliers du Centre de recherche et de restauration des musées de france (C2rMf) à Versailles. Au total, 1,5 million d’euros a été investi dans le chantier des collections – avec l’appui du ministère de la Culture et des mécènes. Ce projet a également permis, grâce à l’expertise des historiens d’art dépêchés à Dijon, de faire progresser la connaissance scientifique sur les œuvres conservées par le musée.

Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphosé

SAUVETAGES
SPECTACULAIRES

La dépose puis le retour des pleurants des tombeaux ou encore la descente du plafondpeint de prud’hon dans la salle des statues ont constitué des temps forts du grand chantier de métamorphose. pour chacune de ces opérations délicates, les équipes du musée des Beaux-Arts se sont entourées d’un luxe de précautions afin de ne pas endommager des oeuvres d’une grande valeur artistique.

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LA DERNIERE
LIGNE
DROITE

Avant la réouverture complète du musée, le 17 mai 2019, à la veille de la nuit des musées, il faut entreprendre l’accrochage des œuvres dans les salles rénovées mais également remanier la disposition des collections dans l’ensemble du musée.

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UNE
PAGE 
SE
TOURNE

Ouvert en 1799, le musée des Beaux-Arts de Dijon est l’un des plus anciens de france après le Louvre. il abrita d’abord les oeuvres des élèves de l’école de dessin fondée par françois Devosge en 1766, ainsi que les premiers
dépôts de l’État français dans les années 1800. Au fil des décennies, les collections s’enrichissent, grâce à une politique d’acquisition mais aussi de dons – les noms de 700 donateurs figurent dans les fichiers du musée.
L’une des donations les plus importantes sera celle des époux granville, qui nécessitera, dans les années 1970, l’aménagement de nouveaux espaces d’exposition dans l’aile XiXe.
Particulièrement complexe, la rénovation du musée est un projet de longue haleine engagé dès 2001. Les travaux de la première tranche sont menés entre 2008 et 2013 dans les salles abritant les collections Moyen âge et renaissance. Afin de libérer de nouveaux espaces d’exposition, il avait fallu, au préalable, transférer les bureaux de la conservation dans l’ancienne église saint-Étienne et construire, en périphérie de la ville, de nouvelles réserves :
un bâtiment moderne pour abriter les collections jusqu’alors entreposées dans les greniers et les caves du palais.
Moins de trois ans après l’inauguration des premières salles rénovées, en septembre 2013, les travaux de la seconde tranche étaient engagés, en février 2016. ils s’achèveront en mai 2019.
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SUIVEZ 
LE 
GUIDE

Dès le 17 mai, vous (re)découvrirez la richesse des collections du musée en suivant tout simplement l’ordre chronologique. De l’antiquité égyptienne aux portraits géants de Yan Peï-Ming, 4000 ans d’histoire de l’art vous contemplent.

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UN DISPOSITIF DE VISITE NOMADE ET INTERACTIF
Grâce au soutien du cabinet d’expertise comptable Cléon Martin Broichot et d’EDF Collectivités qui se sont engagés aux côtés du musée, un outil de visite a pu être adapté à chacun : une version destinée aux personnes sourdes et malentendantes permet d’accéder à des vidéos descriptives en langue des ignes française mais également sous-titrées. Le nomade destiné aux visiteurs déficients visuels propose des audiodescriptions des chefs-d’oeuvre dans les plus petits détails.

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UNE
VILLE
QUI RAYONNE

Identifié comme l’un des plus riches de france, le Musée des Beaux-Arts va redevenir un atout touristique majeur pour dijon et la région toute entière.

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Un secteur sauvegardé – l’un des plus vastes de france – inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, des églises et des hôtels particuliers remarquables, une Cité internationale de la gastronomie et du vin et un musée des Beaux-Arts installé dans l’écrin exceptionnel du palais des ducs et des États de Bourgogne… les atouts ne manquent pas.
Destination devenue incontournable, Dijon, dont le centre-ville est classé « zone touristique », voit son offre culturelle enrichie avec la réouverture du musée après métamorphose. référence dans le domaine des éditions touristiques, le guide vert Michelin accorde désormais trois étoiles au musée des Beaux-Arts, et trois étoiles également à la salle des tombeaux dont il estime qu’elle vaut à elle seule le voyage. Peu de musées d’art en france peuvent se prévaloir d’une telle note. il faut dire que notre musée est considéré comme l’un des plus riches de france – la muséographie qui sera proposée permettra de valoriser ses collections d’exception. D’ailleurs de nombreux musées du monde entier le sollicitent pour emprunter certaines de ses oeuvres, dans le cadre de leurs expositions permanentes ou temporaires.
Autre preuve de la qualité et du prestige des pièces dijonnaises : des centaines de milliers d’amateurs ont admiré le cortège de pleurants du tombeau de Jean sans Peur exposé, pendant les travaux de la première tranche, dans sept grands musées américains puis à Berlin, à Bruges et à Paris – une tournée mondiale dont Dijon avait profité pour valoriser ses atouts économiques, gastronomiques et culturels sous le slogan « Dijon Must Art ». revenues à la maison, ces merveilleuses statuettes contribuent, aux côtés d’oeuvres de toutes les époques, à faire la renommée d’un musée métamorphosé.

UN COEUR
POUR 
LE CENTRE

HISTORIQUE

Autour de la Cour de Bar, ouverte sur la ville le musée métamorphosé sera accessible par la place de la Sainte Chapelle, nouvel espace public piétonnisé comme les rues alentour
Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphosé se dévoile : visite de chantier et présentation des collections

 https://musees.dijon.fr/actualites


22 avril 2019

Écrite dès 2002 à travers un plan de rénovation de grande ampleur, une nouvelle page se tourne dans l’histoire du musée des Beaux-Arts de Dijon. À l’issue d’un chantier d’une envergure exceptionnelle qui aura duré près d’une décennie, ce sont plus de 1 500 œuvres, partiellement ou complètement restaurées, qui sont en cours d’accrochage pour être présentées sur les 4 200 m² dédiés aux collections de l’Antiquité au XXIème siècle.
A quelques jours maintenant de sa réouverture au public (le 17 mai prochain) et du lancement des festivités qui rythmeront la saison touristique 2019, le MBA et les premiers chefs-d’œuvre qui ont déjà regagné le parcours permanent se dévoilent.
Retour sur une histoire et une métamorphose hors normes.

François REBSAMEN, maire de Dijon, président de Dijon métropole

"SOYONS FIERS
DE NOTRE MUSÉE"

"Le 17 mai 2019, notre patience sera récompensée.
La métamorphose du musée des Beaux-Arts, lancée en 2002, sera achevée et nous pourrons découvrir le résultat d’un projet emblématique pour notre ville et notre région : la rénovation complète des salles du palais des ducs et des États de Bourgogne abritant le musée, le renouvellement de toute la muséographie et la mise en valeur des collections exceptionnelles.
La ville, la métropole, l’État et la région se sont engagés dans ce projet d’un montant total de 60 millions d’euros qui n'est pas qu'un projet local ou régional.
C’est un projet d’envergure nationale, voire européenne, tant notre musée des Beaux-Arts compte d’oeuvres majeures dans l’histoire de l’art.
Nous pouvons être fiers du travail réalisé par l’ensemble des acteurs – et je citerais en particulier Yves Lion, architecte maître d'oeuvre et Éric Pallot, architecte des monuments historiques. Je devrais évoquer également les artisans du bâtiment, les artisans d’art, les restaurateurs qui sont intervenus dans le chantier du bâtiment, du musée ou des collections. En deux tranches de travaux, toutes et tous ont déployé des compétences hors du commun pour un monument et un musée euxmêmes exceptionnels.
Aux côtés de la Cité internationale de la gastronomie et du vin et de l’ensemble des monuments d’un coeur de ville historique inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, le musée des Beaux-Arts est l’un de nos meilleurs atouts pour faire de Dijon une destination touristique incontournable et une capitale culturelle rayonnant dans l’Europe entière, comme le voulurent à l’époque les ducs dont les tombeaux constituent le moment sublime de la visite du musée."
François Rebsamen, Maire de Dijon, Président de Dijon métropole, Ancien ministre

 

LE CHANTIER DE RÉNOVATION DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE DIJON 2001-2019LE CHANTIER DE RÉNOVATION DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE DIJON 2001-2019

Installé au sein du Palais des Ducs et des États de Bourgogne en lien avec l’École de Dessin de Dijon qui s’y est établie au XVIIIe siècle, le musée des Beaux-arts ouvre au public en 1799. N’occupant qu’une partie de l’édifice, il s’étend au fil des années et occupe actuellement toute la partie orientale du palais.
La nécessité d’une rénovation du musée est apparue au début des années 2000, avec un diagnostic des conditions de conservation des collections élaboré dès 2001 et qui a pris la forme d’un projet muséologique détaillé. Le projet a ensuite été développé au cours des années 2000 et trouve son achèvement en 2019.

1. LE PROJET

Les principes de l’étude de programmation (2005-2007)
Le principe clé du projet de rénovation du musée des Beaux-arts est de dédier l’ensemble du site à la présentation de la collection permanente. Hormis l’accueil du public et les locaux techniques et logistiques nécessaires, l’intégralité des bâtiments enserrant la Cour de Bar doit être dévolue à la présentation d’œuvres.

A cet effet, le premier déménagement d’importance est celui de la trésorerie municipale, jusqu’alors abritée au nord et au sud de la cour de Bar, en 2005. Les bureaux du personnel du musée, les ateliers pédagogiques, la bibliothèque et la documentation ont été transférés au début de l’année 2009 à la Nef, ancienne Chambre de Commerce et d’Industrie, située non loin du musée, place du Théâtre. Les réserves présentes également dans le Palais ont aussi été déménagées l’année suivante.
L’idée est de proposer une adéquation des collections exposées avec l’époque de construction de leur écrin. Pour chacune des époques, le circuit de visite se développe verticalement au sein d’un même bloc architectural. Les visiteurs auront la possibilité soit de visiter l’ensemble du parcours, soit de ne s’approprier qu’une partie du parcours, de manière chronologique ou par étage.


Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphoséDu point de vue architectural, la rénovation du musée des Beaux-arts de Dijon obéit à plusieurs impératifs : une modernisation et remise aux normes des bâtiments, des restaurations des parties anciennes mais aussi, dans le cadre de loi de 2005, une mise en accessibilité totale de l’établissement. Pour répondre à cette obligation, des ascenseurs sont installés afin de desservir les étages. L’ajout de l’ascenseur dans l’aile Flémalle a été l’occasion d’une construction contemporaine au nord-ouest de la cour de Bar (le toit doré) qui permet de créer un espace de circulation verticale accessible aux personnes à mobilité réduite et d’ajouter deux niveaux au revers de la salle des Gardes.
La toiture de l’aile XIXe est sensiblement surélevée pour donner accès au troisième étage de la tour de Bar et à une extension contemporaine. Trois escaliers sont modifiés et un créé ex nihilo.
Enfin, pour la restauration des bâtiments anciens, l’élément majeur est la restauration intérieure et extérieure de la galerie Bellegarde, construite au XVIIe siècle et considérablement remaniée depuis. Les fenêtres de l’étage et les arcades du rez-de-chaussée ont été rouvertes, le sol en tomettes et la voûte en bois reconstitués. La rénovation générale des façades du musée donne à l’ensemble du palais une nouvelle ampleur.

Les collections au cœur du projet

Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphosé

• Les nouvelles réserves
Le préalable au chantier de rénovation du musée a été la construction de nouvelles réserves externalisées permettant d’accueillir la quasi-totalité des collections. La construction du nouveau bâtiment s’est déroulée d’octobre 2008 à juillet 2010. Situées à une quinzaine de minutes du centre-ville, ces réserves permettent d’accueillir les œuvres décrochées des salles en chantier, et déménagées des réserves situées dans le palais. Au moment de la réouverture, ces réserves reprendront un fonctionnement normal, désengorgé.

• Le chantier des collections
Un chantier des collections a été mis en place entre 2007 et 2014 afin de récoler, étudier et conditionner les œuvres et objets déplacés depuis les salles et réserves existantes jusqu’aux nouvelles réserves. Cela a été également l’occasion de déterminer quelles œuvres nécessitaient d’être restaurées. Le chantier des collections a été programmé par l’agence In Extenso, qui a également formé le personnel. Environ 3000 œuvres, dont 2 200 tableaux, ont ainsi été transférées depuis le musée jusqu’aux réserves.

• Les restaurations
La rénovation du musée est également l’occasion de présenter les œuvres sous un jour nouveau. Cette mise en valeur passe par la restauration des œuvres, toutes typologies confondues, depuis plusieurs années.
Des œuvres emblématiques ont ainsi pu être restaurées soit sur place au musée ou dans les réserves (pour la phase 1, les deux retables de Champmol ont ainsi été restaurés sur place par une équipe interdisciplinaire ; pour la phase 2, le plafond de Prud’hon est restauré dans les réserves du musée des beaux-arts depuis septembre 2017), soit dans les ateliers du C2RMF ou de restaurateurs indépendants. L’expertise, le matériel et les technologies d’imagerie du C2RMf ont également permis de faire avancer la connaissance scientifique sur les œuvres restaurées.
A la réouverture du musée au printemps 2019, ce seront donc près de 1000 œuvres qui auront bénéficié soit d’une restauration fondamentale, soit d’une restauration minimale, toutes validées par la commission interrégionale de restauration. Plus d’ 1 500 000 € ont ainsi été consacrés à ces opérations de restauration, avec un financement conséquent du FRAM.

 

Le chantier

Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphosé se dévoile


A l’issue d’un concours lancé en 2005, c’est le cabinet d’architectes Yves Lion qui a été choisi pour mener la rénovation, à l’exception des prestations relatives aux travaux de restauration du clos et du couvert et des espaces protégés, qui sont assurées par l’Architecte en chef des Monuments Historiques. La délibération municipale entérinant cette décision a été votée le 30 janvier 2006 et marque l’engagement concret du grand programme de rénovation du musée.

La maîtrise d’œuvre Yves Lion
L’essence du projet des Ateliers Lion est l’ouverture du musée sur la ville. Celui-ci étant enserré dans une cour du palais, on propose au visiteur d’entrer depuis la rue. Ainsi, quatre percements historiques ou réhabilités sont mis en place depuis la rue Rameau, le square des Ducs, la place de la Sainte-Chapelle et la Cour d’honneur vers la cour de Bar. Certaines fenêtres, comme celles de la galerie Bellegarde ou celles du 3e étage ont été rouvertes pour offrir un panorama sur la ville depuis les salles d’exposition. Ce principe d’ouverture a été poussé au maximum, avec pour limite la nécessité d’obtenir aux murs une surface d’accrochage suffisante.
Le projet des Ateliers Lion souhaite donner une place essentielle à la Cour de Bar, véritable agora du musée et place urbaine, qui devient un nœud de circulation piétonne. L’animation culturelle (concerts, performances, visites) associée à la présence d’un restaurant feront de cette place un véritable lieu de vie. Les cuisines ducales accueilleront dans un second temps un espace immersif proposant une découverte du patrimoine de Dijon, cet espace proposant une grande place au numérique fera le lien avec le centre d’interprétation du territoire au sein de la future Cité de la Gastronomie et du Vin.

Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon métamorphosé Toit doré © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François JayLa maîtrise d’œuvre monument Historique : eric pallot, architecte en chef des monuments historiques

Le Palais des Ducs et des États étant classé Monument Historique pour partie, on a confié Eric Pallot, architecte en chef des Monuments Historiques, une maîtrise d’œuvre spécifique : la restauration des façades et des espaces historiques du palais.
Le palais qui abrite le musée tel qu’on le connaît aujourd’hui s’est constitué entre 1370 et la fin du XIXe siècle par l’accumulation de constructions d’époques et de styles différents. Le projet de rénovation devait donc prendre en compte cette richesse hétéroclite tout en répondant à la commande de modernisation.
Chaque élément historique a ainsi été étudié afin d’en définir sa restauration en l’état, sa reconstitution ou sa modification. C’est à l’issue de cette étude que l’intervention contemporaine des Ateliers Lion sur l’aile Flémalle a été autorisée. Le toit doré, ce marqueur architectural, matérialise ainsi une nouvelle empreinte, celle du XXIe siècle, sur un bâtiment dont les styles et époques cohabitent depuis des siècles.
Les planchers, boiseries et huisseries historiques ont été déposés, restaurés et seront remis en place. Par exemple, la Salle des Statues et le Salon Gaulin, emblématiques du XVIIIe siècle, retrouveront leur aspect d’origine, et leur remise en couleur sera contrôlée par l’architecte en chef des Monuments Historiques.

Les fouilles archéologiques et relevés inrap
Le chantier du musée des Beaux-arts a permis aux archéologues d’étudier les vestiges de l’époque médiévale d’un palais peu connu. Le centre de castellologie de Bourgogne a ainsi fourni une main d’œuvre bénévole pour ces travaux, qui ont permis de dessiner les plans du palais médiéval qui n’avaient jamais été dressés. Parmi les surprises du chantier, on peut citer la redécouverte de latrines du XVe siècle, des symboles de constructeurs sur les pierres ou encore du passage qui permettait à Charles le Téméraire, en 1474, d’aller de sa garde-robe à son cabinet de travail. Tout au long du chantier, l’INRAP intervient afin de faire des relevés sur les bâtis, charpentes, coffrages et décors anciens.

Les évolutions du projet
A partir des intentions d’origine, plusieurs possibilités de parcours muséographiques et d’accès ont été étudiées, jusqu’à privilégier l’évidence d’un parcours qui sera entièrement chronologique depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Ce qui va conduire à remodeler les accrochages et les scénographies du parcours inauguré en 2013. Ainsi, par exemple, le sens de circulation dans la salle néogothique du 3e étage sera inversé.

Le Musée Des Beaux-Arts de Dijon

Une autre évolution du projet a conduit à dégager tous les espaces du rez-de-chaussée afin d’en faire des lieux d’accueil du public et des services. L’entrée unique du musée se fait donc désormais au rez-de-chaussée de l’aile XIXe, par le passage entre la place de la Sainte-Chapelle et la Cour de Bar. Elle permet d’accéder à l’espace d’accueil, à la boutique et au début du parcours, matérialisé par le grand escalier d’honneur du XIXe siècle.
Dans une volonté de maintenir des espaces d’expositions temporaires au sein du musée, les salles donnant sur la rue Rameau changent également de vocation et seront dévolues aux expositions. Cet espace représente environ 300m2.
Il est accessible de plain-pied et ce indépendamment du parcours permanent.
Les salles faisant l’angle rue Rameau/place de la Sainte-Chapelle accueillent une actualité autour de l’art contemporain. Le rez-de-chaussée de la galerie Bellegarde, donnant sur le square des Ducs et la Cour de Bar, abrite toujours la Brasserie des Beaux-arts. Les ateliers pédagogiques, externalisés à la Nef au même titre que les bureaux ou la bibliothèque, pourraient également revenir sur le site du musée, cet aménagement est à l’étude. Au final, le principe fondateur du projet a été conservé : le musée ouvert sur la ville est toujours d’actualité, les passages attirant le visiteur dans la Cour de Bar.

Étapes et calendrier
La volonté politique de maintenir ouvert le musée pendant toute la durée des travaux a orienté la constitution d’un calendrier de travaux par tranches.
La tranche 1, inaugurée en 2013 après des travaux entamés en 2011, présente aujourd’hui le parcours Moyen Âge/Renaissance. Cette tranche de travaux a porté sur le logis ducal, l’aile « Flémalle » et la galerie Bellegarde.
La tranche 2 recoupe quant à elle tout le reste du parcours et du bâtiment : l’aile dite de l’École de dessin et l’aile XIXe séparant la Cour de Bar de la place de la Sainte-Chapelle. Les travaux ont été entamés début 2016, pour une réouverture au public en 2019.

Construction des réserves :
2008-2010
Tranche 1 : 2011-2013
Tranche 2 : 2015-2019
Livraison partielle des bâtiments rénovés : à partir de l’été 2018
Fin des restaurations des œuvres : été 2018
Début des accrochages et installation des œuvres : septembre 2018
Inauguration : printemps 2019

Le budget
Le budget total du projet s’élève à 60 millions d’euros. Les financeurs sont : la Ville de Dijon, à hauteur de 25.7M€, Dijon Métropole pour 8.3 M€, l’État à hauteur de 16.6M€, la région Bourgogne-Franche-Comté pour 8.4M€ et enfin l’entreprise SUEZ, qui mécène ce projet à hauteur de 0.8M€.


LE CHANTIER DE RÉNOVATION DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE DIJON 2001-20192. LE PARCOURS MUSÉOGRAPHIQUE

Le parcours muséographique du musée des Beaux-arts est double. D’une part, il permet d’appréhender la collection : il est principalement chronologique et articulé de manière thématique. Le parti pris original et scénographique réside dans l’élaboration d’un parcours qui mélange les techniques et les disciplines artistiques afin de faire dialoguer tant peintures et sculptures qu’objets d’art, mobilier et vestiges archéologiques.
D’autre part, le musée propose un cheminement sur l’histoire du palais par des stations qui mettent en évidence telle salle, boiserie ou architecture remarquables.

Huit séquences permettent de mettre en valeur les grandes périodes historiques à l’aide d’un texte général contextualisant la géographie et la chronologie.

1 L’Antiquité, source d’inspiration
2 Le Moyen Âge en Europe
3 Le Moyen Âge en Bourgogne
4 La Renaissance en Europe
5 Le XVIIe siècle
6 Le XVIIIe siècle
7 Le XIXe siècle

8 Le XXe siècle en Europe et ailleurs

Dans la mesure du possible, l’adéquation entre les collections et les différentes époques des bâtiments a été conservée : les collections médiévales prennent place en partie dans le logis ducal et dans la Tour de Bar, les collections du XVIIIe siècle occupent l’aile de l’École de Dessin construite au XVIIIe et presque l’ensemble de la collection XIXe est accueilli dans l’aile datant du XIXe siècle.

Un parcours chronologique
Au sein des huit séquences, 50 salles se répartissent en différents regroupements d’œuvres révélant les grands jalons de l’histoire de l’art européen ainsi que les spécificités d’un art bourguignon. Plus de 1500 œuvres, tous domaines confondus, sont donc présentées dans les nouvelles salles du musée rénové.
L’ensemble du travail autour de l’accrochage et de la scénographie a bénéficié d’une assistance à maîtrise d’ouvrage, l’Atelier FL&co, qui a pu, en collaboration avec les architectes, aiguiller les équipes de régie et de conservation dans l’élaboration du parcours.

L’antiquité, source d’inspiration
L’enjeu de cette séquence est de proposer un aperçu des collections antiques du musée. Le visiteur peut y trouver l’exceptionnel ensemble égyptien des portraits du Fayoum, ces représentations funéraires égyptiennes d’époque romaine (I-IVe siècle ap. J.C.) peintes sur un panneau de bois maintenu sur la momie par des bandelettes de tissu. Les rituels funéraires sont également illustrés par l’exposition d’un sarcophage, de vases canope, et d’amulettes.
Pour évoquer la Grèce et la Rome antiques, des céramiques à figures noires et figures rouges sont associées à des urnes étrusques et des objets de la vie quotidienne (bijoux, récipients, statuettes). L’art de la parure fait
l’objet d’une vitrine spécifique et associe ces objets issus de différentes cultures. Le propos sera renouvelé régulièrement par une rotation des œuvres et vestiges archéologiques issus des collections.

Le Moyen Age en Europe
Cette séquence fait valoir le renouveau artistique de la période carolingienne au début de la Renaissance avec les œuvres d’artistes italiens, flamands et suisses. Parmi les œuvres italiennes, il convient de citer le Triptyque de Pietro Lorenzetti ou le Couronnement de la Vierge de Zanobi Machiavelli.
La très belle collection d’ivoires et d’objets liturgiques vient dialoguer avec les tableaux et retables : calices, croix et pyxides.
L’accrochage accorde une très grande place à la collection Dard, léguée au musée en 1916 et dont les panneaux primitifs suisses et rhénans constituent le joyau. Le public peut ainsi observer les panneaux réalisés par Konrad Witz L’Empereur Auguste et la sibylle de Tibur ou encore ceux réalisés par le peintre connu sous le nom du Maître à l’Oeillet de Baden.

Pietro Lorenzetti, La Vierge et l’Enfant entourés de quatre anges, deux saintes, saint Pierre et saint Jean-Baptiste, vers 1340 © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François JayPietro Lorenzetti, La Vierge et l’Enfant entourés de quatre anges, deux saintes, saint Pierre et saint Jean-Baptiste, vers 1340
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Le Moyen Age en Bourgogne
En regard du Moyen Âge européen, une séquence permet d’évoquer la spécificité du Moyen Âge en Bourgogne, du point de vue artistique mais aussi du point de vue des modes de vie. La peinture bourguignonne au XIVeet au XVe siècle est illustrée par la production de nombreux retables, par exemple le Diptyque de l’Annonciation tandis que la sculpture médiévale bourguignonne est à l’honneur avec la salle des Tombeaux, et ses pleurants, en point d’orgue du parcours.
Les retables de Champmol prennent place au sein de la galerie Bellegarde rénovée lors de la Tranche 1, cet écrin sert une muséographie qui permet de mieux apprécier leur décor et leur monumentalité.
La vie quotidienne à l’époque des ducs est mise en scène à travers des ensembles d’objets évoquant les festins de cour ou encore la pratique musicale. Pour ces thèmes, des dépôts ont été sollicités auprès de musées européens et américains. L’héritage des commandes artistiques liées à la Chartreuse de Champmol fait l’objet d’une salle spécifique, tout comme les vestiges archéologiques qui y sont liés (pavements, sculptures).
Ces salles dédiées au Moyen Âge reprennent en partie les contenus de la Tranche 1 mais la reprise de ces espaces s’avère nécessaire. Le parcours, tel que les visiteurs l’ont connu entre 2013 et 2018, sera donc modifié pour partie.

Salle des tombeaux © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Salle des tombeaux
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

La renaissance en europe
La séquence consacre une belle partie de son propos à l’Italie renaissante mais aussi à la France du XVIe siècle à travers de nombreux sujets religieux. La peinture du XVIe siècle italien est notamment représentée par Georgio Vasari et son Saint Pierre marchant sur les eaux, Jacopo Bassano et son Martyr de Saint Sébastien ou encore Véronèse avec son Moïse sauvé de eaux. Les objets de la toilette de cette époque, minutieusement et richement décorés permettent d’illustrer l’art de la parure de plus en plus visible avec l’essor du portrait.
On choisit pour le XVIe siècle en France les panneaux de retables de Nicolas de Hoey, Claude de Bretagne et sa famille et Denise Barjot et ses filles, actuellement en cours de restauration au C2RMF. On peut voir dans une vitrine une riche collection relative aux arts de la table.
La séquence s’achève sur le maniérisme en Europe fin XVIe, avec des œuvres de Saraceni et Léonard Bramer ou encore Dirk de Quade van Ravensteyn. Signalons dans cette salle la Dame à sa toilette
par l’École de Fontainebleau, qui a bénéficié d’une restauration lui rendant ses coloris et révélant des éléments de sa composition. Les tableaux répondent à un ensemble d’objets raffinés venant des arts de la parure et de la table, ainsi qu’à un très bel ensemble d’émaux peints (Limoges, Colin Nouailler, famille Pénicaud).

Ecole de Fontainebleau, Dame à sa toilette, XVIe siècle, (avant restauration) © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Ecole de Fontainebleau, Dame à sa toilette, XVIe siècle, (avant restauration)
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Le XVIIe siècle
On met à l’honneur le caravagisme avec la Judith de Commodi ou encore la copie d’après Caravage attribuée à Finson représentant le Crucifiement de Saint André. Le caravagisme espagnol et français est évoqué à travers un Saint Jérôme anonyme et Le Souffleur à la Lampe de Georges de la Tour.
Philippe Quantin (Triptyque de la Circoncision, Saint Bernard écrivant, les muses Urania et Polinia) et Jean Tassel représentent le caravagisme en Bourgogne.
L’accrochage de la salle suivante permet de mettre en regard les compositions des artistes flamands avant et après Rubens à travers des tableaux aux sujets principalement religieux et des portraits. Le Portrait de gentilhomme de Franz Hals, très raffiné, est entre autres confronté aux têtes de vieille femme et de vieil homme de Van de Venne. Les scènes de genre, les natures mortes et les paysages italianisants complètent cet aperçu de la production flamande.
Le XVIIe ne saurait être évoqué sans mettre en avant les échanges et ruptures entre l’Italie et la France :
la grande peinture décorative française et l’atticisme parisien de Sébastien Bourdon dialoguent avec la peinture fine de dévotion de Francesco Albani. Coysevox, Lebrun ou Coypel sont bien entendu ensuite réunis pour célébrer le siècle de Louis XIV.

Le parcours muséographique s’attache ici comme ailleurs à mettre en avant l’art bourguignon de la période, qui est donc représenté, en peinture une nouvelle fois par les productions de Jean Tassel (L’Adoration des mages et le Portrait de Catherine de Montholon) ou Claude Lebault (Saint Luc peignant la Vierge). En sculpture, un éclairage particulier est apporté à Jean Dubois, né à Dijon, grâce à un ensemble de terres cuites.

Georges de la Tour, Le Souffleur à la lampe, vers 1640 © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Georges de la Tour, Le Souffleur à la lampe, vers 1640
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Le XVIIIe siècle
La fin du règne de Louis XIV est l’occasion d’aborder l’art de cour et les commandes royales en France : peintures d’histoire, mythologies et portraits constituent de grandes fresques narratives. Le siège de Lille par Van der Meulen illustre ainsi les conquêtes du roi. Le visiteur peut admirer les peintures mythologiques de Le Brun, Le banquet d’Enée, dépôt de la Bibliothèque Municipale, ou Louis de Boullogne et son Jugement de Pâris. La peinture religieuse n’est pas en reste avec Le Sacrifice de la fille de Jephté de Coypel. Ces grandes fresques sont complétées par un très beau dépôt de Versailles : La Chute des anges rebelles de Le Brun. Une table dressée permet de mettre en avant mobilier, vaisselle et horlogerie sous la Régence.
L’École de Dessin de Dijon créée en 1767 a accueilli de nombreux artistes bourguignons dont certains ont poursuivi une carrière à Paris, puis à Rome. Une salle entière évoque donc les créations de ces artistes qui répondent au nom de Devosge, Naigeon, Prud’hon et Gagneraux, familiers des dijonnais. Le Salon Condé à cet égard retrouve son décor original avec les deux grandes batailles peintes par Gagneraux qui avaient été commandées en 1786 par les États de Bourgogne.
La Salle des Statues retrouve sa configuration d’origine, avec les envois de Rome des élèves sculpteurs de l’École : Petitot, Bertrand et Rude entre autres. L’Allégorie à la gloire des princes de Condé peinte par Prud’hon pour le plafond de la salle y retrouve sa place, entièrement restaurée.
Au sein du parcours, une petite pause dans la chronologie est marquée par une salle thématique, organisée autour de la peinture d’Histoire. Les compositions de grand format du XVIIe et du XVIIIe siècle, allant de Guido Reni à Devosge en passant par Suvée ou Rubens forment la « Grande Galerie » du musée des Beaux-arts. Au milieu de cette grande salle, des vitrines présentent esquisses et petits formats.
La Salon Gaulin est l’occasion d’évoquer le mobilier Louis XVI et le début du néoclassicisme.
L’ambiance intimiste de cet espace favorise la contemplation de scènes de genre et d’intérieur telles que La cuisine bourgeoise par Lallemand ou Le Repos par Colson.

Pierre-Paul Prud’hon, Plafond à la gloire du prince de Condé, 1787, (avant restauration) © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Pierre-Paul Prud’hon, Plafond à la gloire du prince de Condé, 1787, (avant restauration)
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

François Rude, Le Départ des Volontaires de 1792, dit «La Marseillaise», 1830 © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

François Rude, Le Départ des Volontaires de 1792, dit «La Marseillaise», 1830
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Le XIXe siècle
Ce siècle saturé de « isme » (néoclassicisme, romantisme, orientalisme, historicisme...) est l’objet d’un traitement thématique afin d’expliciter les nuances et permanences entre les courants. Une attention toute particulière est portée aux deux artistes bourguignons à travers les grandes figures que sont Sophie et François Rude ou les peintres de paysages locaux inspirés par l’École de Barbizon.
La salle Sophie et François Rude met en avant les productions peintes et sculptées des deux artistes : La Marseillaise, le bas-relief de l’Arc de Triomphe sera évoqué à travers différents moulages, études et réductions qui font le lien avec le Musée Rude qui présente un moulage de l’œuvre à l’échelle 1, réalisé en 1938. Les portraits et scènes intimistes dans lesquelles s’est spécialisée Sophie Rude occupent l’autre partie de la salle.
La première moitié du XIXe siècle a vu s’opérer un renouvellement des inspirations iconographiques par l’introduction de thèmes littéraires que les collections du musée de Dijon peuvent présenter dans la salle suivante : Don Quichotte à cheval par Daumier, Louis Boulanger illustrant Notre-Dame de Paris ou Le Roi Lear. Les thèmes à caractère mystique et allégorique prennent également une nouvelle ampleur, faisant place à une large part d’introspection de la part des artistes : Le Cantique des Cantiques, un très grand format de Gustave Moreau est ainsi en bonne place.
Dans la salle Le Goût de l’Histoire, on voit que le sculpteur François Rude représente Louis XIII enfant, tandis qu’Emmanuel Fremiet se tourne vers Saint Michel et Saint Georges dans leur dimension de saints chevalier, tentant d’ancrer leur tenue médiévale dans une recherche historique. Le goût pour l’histoire s’élargit à la période de la Renaissance : Le Pérugin peignant chez les moines de Pérouse (Jacquand) et François Ier dans l’atelier de Rosso (Fragonard) et même à d’autres horizons comme ceux du Nouveau Continent avec La Première messe en Amérique de Blanchard.
La salle suivante consacrée à l’académisme et à l’éclectisme montre les œuvres d’artistes comme Jean-Jacques Henner, William Bouguereau ou Horace Vernet. Jules Ziegler et Mathurin Moreau sont les avatars bourguignons de ce courant avec Les Pasteurs de la Bible et La Fée des Fleurs.
Les thèmes réalistes et naturalistes sont évoqués ensuite par un accrochage qui consacre les portraits du peintre dijonnais Félix Trutat, récemment restaurés au C2RMF, et par les œuvres d’artistes qui, dans le sillage de Courbet et Millet, s’attachent à représenter le monde paysan. Les différentes nuances de ces courants sont représentées par Legros pour la veine misérabiliste, par Cals et Bonvin pour le goût hollandisant.
Une salle fait l’objet d’un accrochage serré et tente de restituer l’ambiance d’un atelier, lieu de création et de vie où se mêlent esquisses, études, copies d’après les maîtres : Manet, Tissot, Couture, Delacroix, Géricault, Isabey seront présents... Des vitrines permettent d’exposer les différentes techniques de la sculpture.
Après cette pause dans le parcours chrono-thématique, la suite de la visite reprendra au 2e étage, avec une salle consacrée à l’Orientalisme. Eugène Delacroix en premier lieu, avec Le Sultan du Maroc recevant le comte de Mornay côtoie Léon Bonnat, Félix Ziem et Guillaumet avec son grand format Femmes du Douar à la rivière, restauré et nouvellement encadré au C2RMF. En sculpture, la Jeune fille de Bou-Saada d’Ernest Barrias ou les dromadaires de Bouchard dialoguent avec les tigres et lions de Barye et Fremiet.
Les paysages bourguignons constituent l’ensemble de l’accrochage de la salle suivante, avec des vues de Dijon, de la Côte d’Or, du Charolais et en allant jusqu’au Jura. Les peintres de la région tels Félix Ziem, Auguste Pointelin ou Jean-Jean Cornu sont mis à l’honneur.
En parallèle, dans la salle qui jouxte celle des paysages bourguignons, on abordera la naissance du paysage moderne depuis les œuvres des peintres paysagistes de l’École de Barbizon : Daubigny, Diaz de la Peña jusqu’aux débuts de l’impressionnisme.

Gustave Guillaumet, Les Femmes du Douar à la rivière, 1872 Transfert de l’État à la Ville de Dijon : Paris, Centre National des arts plastiques © Musée des Beaux-Arts de Dijon, photo François Jay

Gustave Guillaumet, Les Femmes du Douar à la rivière, 1872
Transfert de l’État à la Ville de Dijon : Paris, Centre National des arts plastiques
© Musée des Beaux-Arts de Dijon, photo François Jay

Claude Monet, Etretat, la porte d’Aval, vers 1885 © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Claude Monet, Etretat, la porte d’Aval, vers 1885
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

L’impressionnisme et le pointillisme sont mis à l’honneur par l’exposition du seul Monet que conserve le musée : Etretat, la porte d’Aval auprès duquel des œuvres de Boudin, Sisley, Cross prennent place. Des demandes de dépôts au musée d’Orsay sur cette thématique sont actuellement en cours.
Une attention particulière est portée à la figure humaine dans la deuxième partie du XIXe siècle pour évoquer le foisonnement de styles et d’écoles qui opèrent alors, principalement en France mais aussi en Europe. On y voit Odilon Redon, Manet ou encore Roll et Tissot, dont la fameuse Japonaise au bain.
La dernière salle de la séquence XIXe siècle ouvre sur le XXe siècle en partant des œuvres symbolistes (les figures féminines évanescentes d’Aman-Jean ou les portraits d’Eugène Carrière, les sculptures et le Lit des Heures de Jean Dampt) et nabies (Maurice Denis, Vuillard) pour aller vers l’Art Nouveau et les créations d’Émile Gallé.

Le XXe siècle en europe et ailleurs

Louis Marcoussis, Nature morte au pichet, 1920 © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Louis Marcoussis, Nature morte au pichet, 1920
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Faisant le lien avec les collections du XIXe siècle et la sculpture animalière largement représentée dans la séquence précédente, la première salle du parcours consacré au XXe expose l’œuvre de François Pompon, originaire de Saulieu.
Largement composée d’œuvres de la donation Granville dont le musée souhaite respecter l’esprit, le reste de la séquence rend hommage au collectionneur et à l’art français du XXe siècle où la nouvelle école de Paris occupe une place dominante. Une salle restitue virtuellement le cheminement dans l’accrochage Granville de la donation, tandis qu’une évocation des accrochages « façon Granville » habille l’espace.
Le début du siècle est marqué par une incise sur le cubisme et l’art africain, avec des œuvres de Laurens (La Femme à la guitare), Juan Gris ou Marcoussis (Nature morte au pichet). La céramique de Picasso est mise en confrontation avec ses inspirations africaines provenant du Mali, du Bénin ou du Gabon.
Les années 1920 et 1930 sont illustrées par les œuvres de l’expressionnisme français avec une belle sélection d’œuvres de Fautrier et Rouault. En sculpture, Gargallo et Matisse offrent leurs statuettes et portraits féminins (Têtes d’Henriette I, II et III, dépôt du MNAM).
Au sein de la salle suivante, on trouve des œuvres constituant le courant moderniste, telles que Le Port de Torrès-Garcia. On présente également des portraits par Raoul Dufy et également une Fenêtre sur la mer. L’abstraction géométrisante est représentée par Magnelli et Delaunay, entre autres. La deuxième guerre mondiale et ses répercussions ont généré une iconographie abondante chez les peintres français : on trouve ainsi des œuvres de Vieira da Silva, Tal-Coat ou Bertholle, chacune interprétant différemment cet événement traumatisant.
Vieira da Silva et Arpád Szenes, couple d’artistes chers au cœur de Pierre Granville et dont le musée de Dijon possède une des plus grandes collections, exposent leurs œuvres au sein d’une salle quasi- monographique : Urbi et Orbi, L’Enfant cerf-volant, La Ville Dorée ou encore L’Atelier à l’Harmonium.
Le deuxième étage de la Tour de Bar consacre l’œuvre de Charles Lapicque dont les peintures, colorées et pleines d’allant, séduisent toujours. Certaines d’entre elles ont par ailleurs été choisies pour être reproduites sur les bâches des échafaudages du chantier de rénovation. Signalons ici Diane et Actéon et Le Coucher de soleil sur les Doges.
La nouvelle École de Paris est représentée dans une très grande salle qui regroupera Pagava, Bertholle, De Staël, Manessier ou Poliakoff. La série des Footballeurs de De Staël, de petits formats, est ainsi confrontée aux grandes compositions de Poliakoff ou Manessier.

Vieira da Silva, Urbi et Orbi, 1972 © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay
Vieira da Silva, Urbi et Orbi, 1972
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Les collections du musée des Beaux-arts de Dijon sont riches de quelques œuvres issues de l’art gestuel français et européen : Degottex (Trou du ciel), Messagier (Aube à bijoux), Riegl (Eclatement) côtoient Hantaï et Mathieu.
L’ouverture sur le XXIe siècle permet d’inclure les productions d’artistes contemporains attachés à la ville, tels que Yan Pei Ming, généreux donateur du musée, et dont l’Autoportrait et Le Rêve occupent une belle place dans l’accrochage.
L’ensemble de cette séquence est également complété par des dépôts consentis par le Musée National d’Art Moderne, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ou encore la Fondation Gandur en Suisse.
Le parcours se termine au rez-de-chaussée sur des salles consacrées à l’art contemporain, qui offrent leurs fenêtres ouvertes sur la ville puisqu’elles donnent sur la rue Rameau.
Comme indiqué précédemment, l’accrochage inaugural est ponctué de mises en dépôts ou de prêts de courte à longue durée provenant d’établissements nationaux et internationaux. Une rotation de cet accrochage est d’ores et déjà planifiée afin de faire vivre l’ensemble des collections dijonnaises.

Yan Pei Ming, Autoportrait n°3, 2000 © Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

Yan Pei Ming, Autoportrait n°3, 2000
© Direction des Musées et du Patrimoine de Dijon, photo François Jay

 

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