18 ans et 60 millions d'euros plus tard, le Musée des Beaux-Arts de Dijon devient un des plus beaux musées de France !

18 ans et 60 millions d'euros plus tard, le Musée des Beaux-Arts de Dijon devient un des plus beaux musées de France !

Info+ :

 

Dijon_ Musée des Beaux-Arts

 

Place de la Sainte-Chapelle à Dijon
03 80 74 52 09
https://beaux-arts.dijon.fr/
https://musees.dijon.fr/
Ouvert tous les jours sauf le mardi
Du 1er octobre au 31 mai de 9h30 à 18h
Du 1er juin au 30 septembre de 10h à 18h30
Fermé les 1er janvier, 1er et 8 mai, 14 juillet,
1er et 11 novembre, 25 décembre.
Gratuit


20 mai 2019

Autant dire que c’est l’éloge du temps long… car il aura fallu 3 mandats… 18 ans… pour mener à bien cet immense projet. Dès sa première visite du musée en tant que Maire, François REBSAMEN fut saisi d’angoisse. Certes, il connaissait toutes les salles. Mais il n’en avait jamais visité les combles, ni les réserves. D’ailleurs, il n’y avait pas de réserves ! Car c’était les combles qui en tenaient lieu, et sous celles-ci un véritable capharnaüm… L’état de conservation d'œuvres majeures, la hantise d'un incendie dans ce palais trop peu protégé, le manque de visibilité muséographique, le besoin d'accessibilité et d'amélioration des conditions d'accueil du public... tout cela lui a "sauté à la figure"! Le Musée des Beaux-Arts de Dijon, fondé par François DEVOSGE, était un musée de peintures et de sculptures. C’est devenu un véritable musée de civilisation ! Plusieurs centaines de personnalités, d'invités ont partagé ce moment... Inauguration et galerie de portraits !

 Allocution de François REBSAMEN 

« Je voudrais d'abord saluer et remercier de sa présence Franck RIESTER, Ministre de la culture, représentant le Président de la République. C’est la seconde fois que j’ai le plaisir de vous recevoir à Dijon, puisque vous aviez quelques jours à peine après votre nomination, participé aux rencontres cinématographiques de Dijon organisées par l’Association des Auteurs Réalisateurs Producteur (ARP). Nous nous sommes rencontrés depuis de manière très amicale en d’autres circonstances et je suis très heureux de votre présence, en ce que j’ose appeler un grand jour.

J’aimerais ensuite remercier de leur présence à la fois officielle et amicale François Hollande, ancien président de la République, Laurent FABIUS, ancien Premier ministre aujourd’hui Président du conseil constitutionnel, mais surtout et de tous temps grand amateur d’art et très fin connaisseur du Musée des Beauxs-Arts de Dijon, de Frédéric MITTERRAND, ancien ministre de la culture et de Marie-Guite, la Présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, qui me font l’immense plaisir de partager avec nous ce moment exceptionnel. Monsieur le Ministre, c'est à mon ancien collègue, député maire de Coulommiers, que je souhaite également m'adresser. Sans aucunement sous-estimer le rôle de l’Etat qui nous a accompagné de manière importante pour la réalisation de ce projet.

 

Vous êtes ici, mesdames et messieurs, dans une ville qui aime et soutient la culture avec force et vigueur Cela se traduit dans les faits. Les comptes administratifs en témoignent, puisque 26,5% du budget de fonctionnement de la ville est consacré à la culture, et que cette part monte à 30% si l’on ajoute l’investissement. Mais au-delà des comptes administratifs, vous êtes ici, très nombreux - et ils seront encore plus nombreux ce soir lors de l’ouverture au grand public - à bénéficier de cette politique extrêmement volontariste qui embrasse tous les champs de la création, qu’il s’agisse du spectacle vivant, des beaux-arts, du patrimoine, de l’art contemporain ou bien encore du cinéma. Vous êtes ici, Monsieur le Ministre, dans une ville qui déborde d’actions et de projets en matière culturelle, avec la volonté inaltérable d’agir pour le plus grand nombre.

Ce n’est pas un hasard – et je tiens à remercier l’Etat lorsqu’il nous accompagne dans nos projets – si nous disposons de cinq grandes structures labellisées que sont l’Opéra, le Centre Dramatique National, le Centre de Développement Chorégraphique National avec Art-Danse, la Vapeur, scène de musiques actuelles, et la Minoterie, scène nationale jeune public, ainsi que de très nombreuses autres compagnies. Ce n’est pas un hasard, mais au contraire une volonté politique si les 5 musées de la Ville sont, depuis 2004, entièrement gratuits pour tous les publics. Certains souhaiteraient parfois que l’on revienne sur cette gratuité. Je dis, une nouvelle fois si nécessaire. Non ! Non, ça n’est pas ma conception d’une culture accessible, populaire, et d’une ville dont l’attractivité culturelle, historique, patrimoniale est l’un des plus beaux atouts. 

 

Nous le savons tous, encore aujourd’hui, plus de 60% de la population ne met jamais les pieds dans un musée. Je pense que ce combat de l’accès à la culture pour tous, nous ne devons jamais l’abandonner. Certes, pour gagner de nouveaux publics, la gratuité des musées n’est pas le seul élément, mais c’est, sans doute l’un des plus importants. Je m’honore de cette gratuité à Dijon, pour les musées, mais j’ajoute pour les bibliothèques, et je veux également faire mention du pass-culture pour les étudiants et de notre opéra qui propose des places dont le prix descend jusqu’à 5,5€.

Ce n’est pas un hasard si Dijon est une ville aimée des créateurs, je pense à Dominique PITOISET que j’ai vu parmi nous ; Ce n’est pas un hasard si des artistes de renommée internationale choisissent notre ville pour y vivre, à l’instar de mon ami Yan-Pei Ming, qui nous fait le très grand honneur de cette première exposition temporaire inaugurale. Merci MING, du fond du cœur, pour cet amour et cette fidélité que tu portes à notre ville. Je n’oublie pas que je t’en ai remis symboliquement les clés.

Monsieur le Ministre, vous êtes très exactement le dixième ministre de la culture en exercice depuis que nous avons engagé ce projet. Cela prouve au moins trois choses. D’une part que les ministres de la culture, à l’illustre exception de Jack LANG, restent trop peu longtemps en poste, d’autre part, l’importance de la continuité de l’Etat dans son soutien, lorsque les projets le méritent et c’est le cas, et enfin qu’il nous faut faire ensemble, peut-être à contre-courant des idées reçues, l’éloge du temps long. C’est ce que je vous souhaite dans votre fonction.

 

En décidant d'engager, dès ma première élection, cette rénovation de grande ampleur, ce que j’ai voulu en réalité, c’est écrire une nouvelle page pour ce musée déjà deux fois séculaire, en l'intégrant dans une vision qui contribue à projeter Dijon dans l'avenir. Certains s'étonneront de la durée de la rénovation. Mais la raison est simple, au-delà de la grande complexité de ce chantier mené dans un palais historique dont chaque pierre est elle-même un trésor, c’est tout simplement parce que j’ai voulu que le musée reste ouvert au public pendant oute la durée des travaux de rénovation. Grand bien nous en a pris, puisque chaque année, nous avons accueilli plus de 200 000 visiteurs, et que notre ambition est désormais d’atteindre 400 ou 500 000, nous ferons tout pour cela.

La plupart d’entre vous le savent, le Musée des Beaux-Arts de Dijon est l’un des plus beaux musées de France. Si l'on prend en considération les dates exactes de création, il est l’un des tout premiers, avant même le Louvre. Il est l'un des seuls grands musées français d'art logé dans un ensemble architectural classé, au sein du Palais des Ducs et des Etats de Bourgogne qu'il occupe depuis 1799. Fort de son logis médiéval qui est, de nos jours, l'un des mieux conservés, il méritait une rénovation à la hauteur d'une réputation qui dépasse les frontières de notre pays et qui était attendue depuis le début des années 1980. Oui, Dijon regagne avec fierté sa place parmi les grands musées d’art.

Hier matin, j’ai reçu avec un immense plaisir Jean-Luc MARTINEZ, Président-directeur du Musée du Louvre. Ne pouvant être avec nous aujourd’hui puisqu’il se trouve à Londres, il a tenu à faire le déplacement. « Il faut avoir profondément foi en la culture, pour se lancer dans un tel projet, et vous avez fait passer le Musée des Beaux-Arts de Dijon dans la modernité », m’a-t-il dit. Nous avons signé entre le musée des Beaux-Arts et le Louvre une convention de partenariat. Cette démarche entre le plus grand des musées du monde et l’un des plus anciens et plus riches musées de France est une opportunité extraordinaire pour Dijon.

Le soutien de nos partenaires financiers que sont l’État et la Région Bourgogne Franche-Comté dans cette grande aventure n'en a été que plus décisif. Je remercie particulièrement la Région, madame la Présidente, mais également son prédécesseur, car c’est lui qui a engagé le soutien de la Région Bourgogne dans ce projet exceptionnel.

Le musée a su aussi pendant la première tranche de travaux, de 2008 à 2013, se projeter à l'extérieur en faisant des pleurants du tombeau de Jean Sans Peur les ambassadeurs de Dijon et de la région aux États-Unis et en Europe. Pendant les travaux, leur voyage a été un immense succès au service du rayonnement de notre ville. Nul doute que les dizaines de milliers de visiteurs qui ont pu admirer les pleurants dans leur tournée internationale reviendront les voir dans le cadre magnifique de la salle des tombeaux du palais des Ducs.

Que toutes les femmes et tous les hommes qui ont mis leurs compétences et leur passion au service du musée trouvent ici l'expression de la reconnaissance de tous les Dijonnais. Je suis convaincu que les visiteurs ressentiront combien leurs compétences, leurs convictions et leur intelligence des enjeux ont harmonieusement concouru à transformer ce musée qu'il fallait ouvrir sur la ville. L'adéquation entre les collections et les bâtiments, l'ouverture de fenêtres et la création de nouvelles vues sur la ville, la mise en évidence de l'histoire et de l'architecture du palais, l'accompagnement des visiteurs grâce à de nombreux outils d'interprétation sur les œuvres comme sur le lieu, auront été remarquablement servis par l'écriture architecturale si juste d'Yves LION, maître d'œuvre et ses Ateliers, par l'admirable restauration du palais entreprise par Éric PALLOT, architecte en chef des Monuments historiques. Leur formidable travail dans une démarche collégiale, accompagnés par les architectes des Bâtiments de France, dont Olivier CURT, a permis des interventions contemporaines qui offrent à ce patrimoine historique la possibilité d’un regard ancré à notre époque au service des œuvres parfaitement mises en valeur. J’y suis particulièrement sensible.

 

Je voudrais mentionner également l'élégant système d'identité visuelle, de signalétique et de médiation de Polymago et de Malice Images et des Pistoleros. Et c'est un plaisir de témoigner notre gratitude aux nombreux auteurs de cette métamorphose, les prestataires comme les programmistes François FRESSOZ, Alessia BONANNINI, Frédéric LADONNE, le cabinet In Extenso, les artisans du bâtiment, les très nombreux restaurateurs d’œuvres d'art, au savoir-faire d'exception venus de toute l'Europe, les socleurs d'Aïnu et Version bronze, les historiens d'art.

Le chantier a permis de valoriser le savoir-faire de dizaines d’entreprises de la région, spécialistes ou non des monuments historiques, mais hautement compétentes dans leurs métiers respectifs. Pendant les cinq années qu'a duré la première tranche (2008-2013) puis les trois années de la seconde (2016-2019), plusieurs centaines d'ouvriers et de techniciens ont œuvré dans l'ancien palais. Un chantier de cette ampleur, c’est de l’activité économique pour nos entreprises, c’est du travail pour des centaines d’employés et parmi eux de nombreuses personnes en insertion, conformément aux clauses des marchés publics de la ville et je suis fier de cette attention portée aux personnes en difficultés.

Le chantier lui-même, mené comme je vous l’ai dit dans un musée resté ouvert au public pendant les phases de travaux, aura duré au total plus de dix ans. Portée par la municipalité, la rénovation s’élève au total à 60 M€, dont 16,6 M€ de l’État, 8,4 M€ de la Région, 25,7 M€ de la Ville et 8,3 M€ de la métropole, rejoints par un mécénat de Suez à hauteur de 800 000 €. Son président, Jean-Louis CHAUSSADE, mieux que quiconque, a compris que la sauvegarde du patrimoine, la vitalité de la création et l'égal accès de tous les publics à la culture, constituent des enjeux majeurs, à la fois économiques et sociétaux. Un grand merci donc à tous les financeurs, même si j'aurais aimé que d'autres collectivités pourtant ici représentées contribuent à ce grand projet.

Je voudrais, Monsieur le Ministre, rendre hommage à l'accompagnement de l’État qui a répondu présent à toutes les étapes de la conception et de la réalisation, grâce aux services de la direction générale des patrimoines - le service des musées de France et son centre de recherche et de restauration, le service des monuments historiques, mais aussi grâce aux conseillers musées et aux conservateurs des monuments historiques de la DRAC.

Je voudrais associer aussi à cet hommage les musées qui ont accueilli les pleurants durant leur tournée aux États-Unis et en Europe, les institutions qui ont consenti à des dépôts comme la fondation Gandur pour l'Art que je remercie pour l'arrivée d'une peinture de Pierre SOULAGES que nous avons accrochée hier, le musée d'Orsay, le musée national d'Art moderne ou le musée du Louvre. J'y associe aussi les membres du comité scientifique des musées dijonnais dont Serge Lemoine et particulièrement Madame Florence Granville parmi nous aujourd'hui.  Merci enfin aux partenaires et aux mécènes du musée, à tous ceux qui ont préparé l'inauguration ainsi que les journées de festivités et la saison culturelle qui suit, au premier rang desquels mon adjointe en charge de la culture, Christine MARTIN, pour son implication passionnée et nécessaire.

Monsieur le Ministre, mesdames et messieurs, l'inauguration de ce musée magnifié est un acte de confiance en l'avenir. Confiance dans l'histoire parce que, de génération en génération, nous sommes capables de relever de nouveaux défis et de nous dépasser nous-mêmes. Confiance dans les forces de la création et de la culture, particulièrement représentées à Dijon, et je veux souligner le travail du Consortium avec Franck GAUTHEROT, le travail du FRAC, et les relations nouées entre tous les acteurs de l’art contemporain à Dijon ; relations auxquelles je veux associer l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et sa directrice, Sophie Claudel.

Le musée des Beaux-Arts de Dijon est un symbole, celui de la beauté, de la réussite et du rayonnement de la capitale de la Bourgogne Franche-Comté. Déjà, il suscite des partenariats porteurs d'avenir et des projets partagés. Je vous ai parlé du Louvre, il y en aura d’autres. L'histoire des arts depuis l'époque ducale et le Siècle des Lumières se devait aussi d'affirmer la création contemporaine. C'est ainsi que le XXIe siècle fait son entrée au musée.

Au cours de cette inauguration, nous aurons l'honneur de découvrir les œuvres de mon ami le peintre YAN PEI-MING qui sera le premier artiste à présenter une exposition temporaire dans le musée métamorphosé intitulée « L'homme qui pleure ». Fruit d'une collaboration étroite entre le Musée des Beaux-Arts et le Consortium Museum, son exposition, composée d'une cinquantaine d'œuvres, s'étendra jusqu'aux salles du parcours permanent, dans un dialogue fécond entre les créations de l'artiste et des œuvres historiques du musée.

 

Monsieur le Ministre, les responsabilités qui incombent aux musées dépassent depuis longtemps le champ de la mission traditionnelle de conservation et de recherche. Les musées ne sont plus simplement des lieux où l'on montre des œuvres. Aujourd'hui, ils doivent d’être des lieux de vie : passeurs de mémoire, producteurs d'émotion esthétique et de lien collectif à travers un patrimoine commun, médiateurs entre les disciplines, ils doivent être présents dans nos vies quotidiennes. On doit pouvoir s’y rencontrer, discuter, lire, j’oserais presque dire « manger ». Mais rien de tout cela ne se fait sans volonté farouche. La culture est une bataille, pas simplement pour rénover ou pour repenser un grand musée, la culture c'est aussi une bataille pour convaincre et pour émanciper. C’est la curiosité, c’est l’esprit critique, c’est l’interrogation profonde de l’autre et de soi-même, ce sont finalement des valeurs humanistes. C'est l’espoir et la volonté d’un avenir à construire ensemble. C'est ce message que je voulais rappeler ici parce que le Musée des Beaux-Arts est un grand établissement qui fait la fierté de Dijon et d'une région mais qui appartient aussi à la France et à l'Europe. Nous sommes à quelques jours des élections européennes. Aussi, est-ce avec un bonheur particulier que je salue la présence du Maire de York, des représentants des villes de Cluj-Napoca et Guimares. Que nos amis britanniques, roumains et portugais soient profondément remerciés d’avoir fait le déplacement et rappeler ainsi que la culture est un lien fort qui unit les villes d’Europe.

 

On pourrait croire aujourd’hui que cette inauguration est un aboutissement. Elle est en réalité un commencement. De la même manière qu’il y a eu la Nouvelle Politique Economique en d’autre temps et d’autres lieux, il y aura, à Dijon, une Nouvelle Politique Culturelle, et de grands projets nous attendent.

Allocution de Franck RIESTER, Ministre de la culture

Je suis particulièrement heureux d’être parmi vous aujourd’hui, pour la réouverture du musée des Beaux-Arts de Dijon. Parce qu’à chaque fois qu’un musée rouvre, c’est une part de notre histoire que l’on réveille. C’est une part de notre culture qui renaît. C’est une part de notre pays qui revit. Avec les ambitieux travaux que vous avez menés, pendant 10 ans, vous faites une fois de plus la démonstration que notre patrimoine est un patrimoine vivant. Un patrimoine qui se régénère et se transforme. Un patrimoine qui est fait des lignes de forces laissées par l’Histoire. Mais aussi de gestes architecturaux qui se succèdent. A ce titre, permettez-moi d’avoir une pensée pour IEOH MING PEI, figure incontournable de l’architecture mondiale qui nous a quittés hier. Il a su faire dialoguer des conceptions modernistes avec des structures classiques préexistantes dont la Pyramide du Louvre est une éclatante illustration.

Ce palais ducal qui est un témoignage de 6 siècles d’histoire, ce chef d’œuvre architectural auquel Jules-Hardouin MANSART a contribué, ce bâtiment historique qui a accueilli les Ducs de Bourgogne, l’école de dessin, et la mairie de Dijon. L’ouvrir sur la ville, l’ouvrir à tous les publics, l’ouvrir sur ton temps. Et vous avez réussi.  L’ouverture sur la ville d’abord, c’est une réussite architecturale, à n’en pas douter. Cette réussite, nous la devons à Messieurs Yves LION, architecte maître d’œuvre et à Eric PALLOT architecte en chef des monuments historiques. Cher Yves LION, en tant que spécialiste de l’architecture urbaine, vous avez veillé à ce que l’espace symbolique et physique du musée soit ouvert en tous points. Vos réalisations, je pense notamment au quartier Masséna-Bruneseau à Paris, ou à la maison européenne de la photographie, prennent toujours en compte le rapport subtil qu’entretient un bâtiment avec son espace.

Vous avez réussi à faire de la Cour de Bar, une vraie place urbaine. Et cette transformation n’est pas anodine. Elle a déjà modifié la relation des passants à un espace qu’ils connaissaient depuis toujours. Elle influencera de nouvelles habitudes, de nouvelles rencontres. A l’intérieur du palais ducal vous êtes parvenus à agrandir les surfaces d’exposition tout en créant une nouvelle relation entre la ville et le musée. Je suis convaincu, moi aussi, que la culture doit jouer un rôle plus important dans la revitalisation des centres urbains.

Le « quartier des arts » que vous appelez de vos vœux est déjà une réalité. Grâce à ses rues bordées de commerces d’antiquité, grâce à ses boutiques mettant en valeur le savoir-faire gastronomique de votre région ; et grâce à la piétonisation d’une partie du centre-ville qui s’achève aujourd’hui. Je crois à la nécessité de développer de nouveaux flux vers nos équipements culturels. Pour que tout un chacun puisse naturellement entrer dans un musée. Sans avoir peur. Sans considérer « que ce n’est pas pour soi ». En parallèle de cette ouverture sur la ville, vous avez veillé à une ouverture du musée à tous les publics. Ouvrir plus et ouvrir mieux les portes de nos institutions culturelles : c’est mon ambition.

Je sais que c’est également la vôtre. Vous avez ainsi fait le choix de conserver le musée ouvert tout au long du chantier. Alternant les phases de travaux et la rotation des œuvres, vous avez ensuite veillé à une mise en accessibilité totale du bâtiment pour les personnes à mobilité réduite, vous avez par ailleurs instauré la gratuité dans l’ensemble des musées de la ville. Malgré les contraintes techniques, l’équipe de médiation a poursuivi sans relâche sa politique d’action culturelle ! En élaborant de nombreux outils de médiation, notamment numériques ;en proposant des ateliers pour les familles, des conférences et des visites guidées. Parfois même les yeux bandés ! En accordant enfin une attention toute particulière au jeune public, notamment en temps scolaire.

L’éducation artistique et culturelle, vous le savez, est essentielle. Je me réjouis de constater l’importance que vous lui accordez. Et bien entendu, ce n’est pas un hasard si vous avez choisi comme date d’inauguration, la veille de la Nuit européenne des musées. Une nouvelle occasion d’ouvrir plus largement vos portes. Merci à vous Monsieur le Directeur et conservateur général, Cher David LIOT. Merci à vos équipes pour votre travail et votre investissement sans faille. Merci pour ce travail que vous réalisez en direction de tous les publics.

L’ouverture du musée des Beaux-Arts de Dijon, c’est enfin celle d’un véritable musée du XXIe siècle. Un musée ayant fait le pari d’audaces architecturales. Je pense notamment à ce magnifique toit doré, qui orne l’une des façades de la Cour de Bar. Un toit dont on se souviendra bientôt au même titre que les tuiles vernissées de Bourgogne. Je pense également aux dalles de béton pourpres qui accompagnent l’entrée des visiteurs.   Je pense à l’extension de verre et aux salles désormais consacrées aux expositions temporaires. Des espaces dans lesquels la création contemporaine trouvera toute sa place.

 

Cher Yan PEI-MING, je me réjouis qu’un artiste de renommée internationale tel que vous, vienne abonder les collections de l’un des plus anciens musées de France. Je connais votre attachement à Dijon, où vous avez fait une partie de vos études, et où vous êtes désormais installé. Je connais aussi votre attachement aux bons produits de Bourgogne ! Je connais enfin votre souci du dialogue entre tradition et modernité. Lorsque pour la première fois de son vivant, un artiste fut exposé au Louvre, c’est vous qui avez été choisi. Je suis très heureux d’être présent avec vous pour l’inauguration de votre exposition « L’homme qui pleure », car je sais qu’elle est chargée d’une émotion toute particulière. Celle de la perte de votre ami, Xavier DOUROUX – cofondateur du Consortium de Dijon – auquel vous étiez toutes et tous très attachés. Je souhaite aujourd’hui lui rendre hommage. Et remercier au nom de l’Etat, son engagement en faveur de la culture et de la création contemporaine. Au cours de nos prochaines visites, devant les Pleurants des tombeaux ou les Portraits du Fayoum, c’est désormais aux vôtres que nous penserons aussi. Et sans doute également un peu à lui. Alors une nouvelle fois, merci à vous toutes et tous. Merci à mon prédécesseur et ami, Frederic MITTERRAND.

Cher Frédéric, je connais ton implication dans le plan « Musées en région » dont ce lieu a bénéficié et je connais ton engagement permanent pour l’accès pour tous à la culture et à l’art. Merci à la Région Bourgogne Franche-Comté et à vous Madame la Présidente, Chère Marie-Guite DUFAY. Je me réjouis de vous voir œuvrer main dans la main avec les services de la DRAC. Le contrat de Plan Etat Région en est une illustration. Je sais que votre vision du développement culturel tient non seulement compte du patrimoine, mais également du spectacle vivant, du tourisme et de la gastronomie.

Vous l’avez rappelé, « les Climats du vignoble de Bourgogne » sont désormais classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et avec eux, le secteur sauvegardé de Dijon, l’un des plus vastes de France. Nos terroirs, notre art de vivre, notre gastronomie font eux aussi partie de notre culture. N’oublions pas que Dijon accueillera en 2021 « La cité internationale de la gastronomie et du vin ». Et je salue ici son architecte Anthony Emmanuel BECHU. Un projet qui sera porté par la Métropole du Grand Dijon et qui prendra corps sur le site de l’ancien hôpital général, classé au titre des monuments historiques.

Un projet qui fera écho « à la Cité internationale de la gastronomie de Lyon », elle aussi installée dans un monument historique en pleine reconversion : le Grand Hôtel Dieu. Je l’ai dit, notre patrimoine doit être vivant. Et les projets de cités internationales dans les grands hôtels Dieu y participent. Merci également au conseil départemental, et à son Président François SAUVADET, pour leur soutien dans ce projet. Merci aux partenaires privés, le groupe SUEZ, le cabinet Léon Martin Broichot et associés, et la Lyonnaise des Eaux. Votre soutien démontre une fois de plus la culture est que l’affaire de tous, et pas seulement des pouvoirs publics. Merci aux équipes de l’INRAP (l’institut national de recherches archéologiques préventives) dont les travaux ont permis de révéler de nombreux vestiges. Merci aux restaurateurs venus apportés leurs savoir-faire, de partout en Europe.

Ce chantier aura permis à certaines de vos plus belles pièces de retrouver leur éclat ou d’être à nouveau étudiées. Merci au Centre de Castellologie de Bourgogne, et à ses bénévoles. Merci enfin, aux équipes de la DRAC Bourgogne-Franche Comté et à vous Madame la Directrice régionale, Chère Anne MATHERON, pour votre action et votre suivi attentif. Le ministère de la Culture sait pouvoir compter sur l’expertise de ses services déconcentrés et leur réactivité.  Sur le terrain, vous portez l’assurance d’un dialogue toujours constructif entre l’Etat, les collectivités territoriales et les acteurs culturels locaux.

Sur la réouverture du musée des Beaux-Arts de Dijon comme sur tant d’autres sujets, l’Etat est présent à vos côtés. Comme il l’est depuis longtemps à Dijon, ville de Culture, de patrimoine, de création. Il est présent avec vous à travers son soutien aux équipements de spectacle vivant labellisés par le ministère de la Culture. Je pense notamment à l’Opéra de Dijon, à la Vapeur, au théâtre de Dijon Bourgogne, à la Minoterie, ou au Centre de développement chorégraphique national Art danse. Je pense aussi aux nombreux monuments historiques que compte votre ville ou à la cathédrale Saint-Bénigne. Des monuments dont les restaurations sont soutenues par l’Etat. Je pense au chantier du Grand théâtre qui aura vocation à s’ouvrir aux différents labels que nous évoquions.

Les crédits de l’Etat, 3 millions d’euros (à confirmer), inscrits au Contrat de Plan Etat région viendront ainsi contribuer à la réussite de cet ambitieux projet. Je pense enfin, à votre volonté de créer une école d’architecture à Dijon. Là aussi, les services de l’Etat, et tout particulièrement la DRAC sont à votre écoute pour vous accompagner. 

Alors que nous nous apprêtons à célébrer ensemble cette réouverture, j’ai en tête un moment particulier de l’histoire de la pensée française. Alors que le siècle des lumières étendait son influence partout en France et en Europe. Ici même, à Dijon, en 1755, Jean-Jacques ROUSSEAU recevait le prix de l’Académie pour son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité entre les hommes. Or, nous le savons toutes et tous, l’accès à la culture reste encore parfois, un facteur d’inégalité. Pourtant la culture est un droit. Et c’est à nous tous qu’il appartient de le faire respecter et de le faire vivre. Votre volonté d’ouverture nous l’a démontrée. Ma détermination à le faire partout exister vous appuiera. 

Pour Marie Guite DUFAY « la rénovation du musée des Beaux-Arts,  envisagée dès 2002, qui a métamorphosé cet héritage de notre beau patrimoine… Merci à François Rebsamen, dont l’ambition permet à la jeune métropole de Dijon d’être une métropole qui compte. Et merci à François Patriat qui, président de la Région Bourgogne a accompagné ce projet dès l’origine. A la Région Bourgogne-Franche-Comté comme à la ville de Dijon, nous avons fait un choix … celui d’installer la culture au centre de notre action. Ce choix se voit aujourd’hui magnifiquement mis à l’honneur avec la nouvelle vie d’un musée deux fois séculaires. Je sais que tous les Dijonnais, tous les habitants de notre Région et bien au-delà, en France et à l’international, sont impatients de pousser les portes de ce musée des Beaux-Arts métamorphosé, magnifié, et bientôt largement partagé. »

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Crédit photos tous droits réservés ©Valery Choplain et  ©Marie Quiquemelle

Coupé du ruban ©VilleDeDijon

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