Nouvelle fouille de la tombe princière de Vix

27 mai 2019

Le site de Vix est, en France, le témoignage emblématique du phénomène princier celtique. Il est avant tout célèbre pour la tombe de « la Dame de Vix », dont la fouille, menée en 1953, a révélé un mobilier d’une incroyable richesse. Hormis la sépulture, le vaste monument funéraire qui l’abritait n’a jamais été réellement fouillé. Racheté par la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais et classé au titre des monuments historiques, il fera l’objet, d’août à novembre 2019, d’une importante fouille. Les nouvelles approches et méthodes de l’archéologie contemporaine permettront une contextualisation et une compréhension plus fine de la tombe et mèneront à de nouvelles découvertes. Soutenues par la DRAC ces recherches seront menées sous la direction de l’Inrap en partenariat avec le Laboratoire ARTEHIS (CNRS/Université de Bourgogne).

Vix, lieu de pouvoir
Le site englobe aussi un promontoire dominant la Seine, fortifié par un vaste et complexe réseau de remparts. En son sommet s’implante un habitat, certainement siège de l’aristocratie locale. Il est composé de grands bâtiments absidés et de puissants greniers. Le site de Vix fait l’objet d’une étude globale dans le cadre d’un PCR (Projet collectif de recherche) mené par l’UMR ARTEHIS du CNRS (dir. Bruno Chaume depuis 2002).
La tombe est implantée en contrebas et à proximité du fleuve. Autrefois impressionnante butte de terre et de pierre marquant pour l’éternité la mémoire de « la Dame de Vix », le monument princier, aujourd’hui mis en culture, ne constitue plus qu’un relief discret dans le paysage.
L’association de la ville fortifiée et d’une tombe princière permet de percevoir la butte du Mont Lassois comme le centre d’un important pôle de pouvoir contrôlant la vallée de la Seine.

tombe princière de Vixtombe princière de Vix


Enjeux et nouvelles approches de la fouille de 2019
Les recherches menées d’août à novembre 2019 auront avant tout pour objectif de contextualiser la célèbre tombe. La fouille de 1953 a livré à la communauté scientifique une découverte exceptionnelle mais elle se focalisait sur un mobilier d’exception : luxueux char à quatre roues, grand cratère en bronze grec, torque en or, phiale (coupe) en argent comptent parmi les objets prestigieux qui accompagnent dans la mort « la Dame de Vix ». De nombreuses questions restent en suspens, auxquels l’équipe de spécialistes (archéologues, géomorphologues, céramologues etc…) tentera de répondre. Le monument funéraire abrite-t-il encore des sépultures secondaires ? Pourrait-on, comme l’a montré le site princier de Lavau, déceler les traces d’un podium dédié à la cérémonie funéraire de la princesse, ou encore le tumulus primitif d’un lointain ancêtre ?
Les techniques d’enregistrement des données en usage à l’époque n’autorisaient qu’une prise en compte partielle de la tombe : il n’en existe pas de vue d’ensemble, ni d’analyse stratigraphique. La comparaison avec la fouille de la tombe princière de Lavau, récemment réalisée par l’Inrap et contextualisée dans un nouveau programme de recherche de l’UMR ARTEHIS (dir. Bastien Dubuis), permettrait aujourd’hui de s’orienter vers une fouille plus fine et méthodique des vestiges, cherchant également à documenter l’architecture et le plan du monument et de la tombe. Les acquisitions photogrammétriques fournies par les chercheurs d'ARTEHIS seront aussi une véritable avancée, permettant de renseigner chaque étape de la fouille par un modèle 3D, plus précis et complet. L’utilisation d’un drone équipé d’un GPS et d’une caméra HD, couplée à ces prises de vue au sol permettra d’envisager des projets plus ambitieux de valorisation des vestiges, dans une approche immersive. En effet, l’anticipation d’une possible valorisation muséale et patrimoniale des vestiges, est une donnée importante, davantage prise en compte aujourd’hui : si les données scientifiques sont essentielles, l’idée de leur transmission à tous les publics l’est tout autant. C’est l’un des enjeux essentiels de la fouille menée en 2019.

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L’Inrap
L’Institut national de recherches archéologiques préventives est un établissement public placé sous la tutelle des ministères de la Culture et de la Recherche. Il assure la détection et l’étude du patrimoine archéologique en amont des travaux d’aménagement du territoire et réalise chaque année quelque 1800 diagnostics archéologiques et plus de 200 fouilles pour le compte des aménageurs privés et publics, en France métropolitaine et outre-mer. Ses missions s’étendent à l’analyse et à l’interprétation scientifiques des données de fouille ainsi qu’à la diffusion de la connaissance archéologique. Ses 2 200 agents, répartis dans 8 directions régionales et interrégionales, 42 centres de recherche et un siège à Paris, en font le plus grand opérateur de recherche archéologique européen.


ARTHEIS
Le laboratoire Archéologie, Terre, Histoire et Sociétés (http://artehis.ubourgogne.fr) est pluridisciplinaire : archéologie, histoire, histoire de l’art et sciences de la terre constituent les disciplines permettant d’analyser territoires et sociétés du Néolithique à la fin du Moyen-Âge. Les chercheurs se consacrent aussi bien aux espaces et sites régionaux majeurs, comme Bibracte, Vézelay, Alésia, Vix, Autun, Luxeuil ... qu'à des territoires plus lointains (Allemagne, Péninsule ibérique, Italie, Croatie, Afrique du Nord, Mongolie …). Cette pluridisciplinarité permet de mener des recherches associant des analyses de monuments, de sites, de textes, d’artefacts, de sols, de terroirs et leur anthropisation sur la longue durée. Près de 80 titulaires, une trentaine de doctorants et près de 100 associés collaborent, adossant leur recherche aux publications du laboratoire : la Revue archéologique de l'Est et le Bucema.
Contrôle scientifique Service régional de l’archéologie (Drac Bourgogne-Franche-Comté)
Recherche archéologique Inrap, ARTEHIS, CNRS
Responsable scientifique Bastien Dubuis, Inrap/UMR ARTEHIS du CNRS

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