La présidente de Région rencontre des agriculteurs heureux pour évoquer les aides à la bio

20 juin 2019

Une convention d'objectifs destinée à soutenir l'agriculture biologique sera proposée au vote lors de la prochaine session plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Pour illustrer les ambitions de la Région, Marie-Guite Dufay a visité deux exploitations bio ce lundi.

Des records ont été annoncés lors du récent Printemps Bio, temps fort de l'agriculture biologique durant la première quinzaine de juin. En 2018, 6,3 % de la surface agricole de la Bourgogne-Franche-Comté relevaient de l'agriculture biologique. C'est un peu inférieur à la moyenne nationale à 7,5 % de la SAU (selon l'Agence bio). Cependant, la dynamique est forte dans la grande région puisque l'on compte 16 % de plus de fermes en conversion en 2018 par rapport à 2017. Un essor parallèle à l'appétence confirmée des Français pour les produits bio.

La Région s'engage aux côtés des acteurs de la filière bio

Pour s'installer ou se convertir, les exploitants agricoles s'appuient sur l'interprofession. La chambre régionale d'agriculture ainsi que les structures Bio Bourgogne et Interbio vont recevoir le soutien de la Région. C'est le sens de la convention d'objectifs 2019-2022 qui sera proposée au vote lors de la prochaine session plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté des 27 et 28 juin. La volonté de la collectivité est de donner à ces acteurs travaillant au développement de l'agriculture biologique un cadre pluriannuel garantissant son engagement à leurs côtés. En se référant à cette convention, les agriculteurs connaîtront les priorités régionales en la matière.

Pour établir les actions prioritaires pour l'agriculture biologique dans cette convention, les services de la Région se sont appuyés sur le Plan Régional pour le Développement Agricole (PRDA). La Région souhaite voir voter le développement de la production avec le renforcement des aides, l’appui technique, le conseil, en lien avec l’appui à la structuration des filières. Elle attend des acteurs en question la conquête des marchés en communiquant sur le bio en direction du grand public et son agrément en restauration collective, le renforcement de la recherche ainsi que le développement et l’accès à la formation initiale et continue.

La Région a versé près d'un million d'euros en 2018 pour soutenir le développement de l'agriculture biologique mené par Interbio, Bio Bourgogne et le réseau des chambres d'agriculture. Les services régionaux ayant noté d'importants besoins des agriculteurs concernant un accompagnement technique, l'effort régional devrait être porté prochainement à près de 400.000 euros sur ce volet. Six dossiers de recherche-expérimentation en agriculture biologique ont reçu 50.910 euros d'aides. Près de 400 exploitations en petites filières diversifiées ont reçu au total 82.863 euros de subventions.

Comme les exploitations conventionnelles, les fermes bio peuvent bénéficier des mesures d'aides à l'investissement du PCAE (Plan de Compétitivité et d'Adaptation des Exploitations). Ce plan mobilisant des fonds venant de l'Europe (FEADER) , de l’État, des Régions et d'autres collectivités ainsi que des Agences de l'eau. En tant qu’autorité de gestion, la Région administre le versement des aides au maintien et aux conversions concernant l'agriculture biologique. Depuis 2015, le conseil régional revendique plus de 46 millions d'euros engagés en faveur des agriculteurs bio. Exceptionnellement, en 2018, la Bourgogne-Franche-Comté a apporté 500.000 euros de crédits de fonctionnement venant en compensation de l’État sur les aides au maintien en bio.

 La présidente de Région rencontre des agriculteurs heureux pour évoquer les aides à la bio

Un bâtiment en bois de 190.000 euros pour abriter des montbéliardes

Les agriculteurs dénoncent les effets d'aubaine

Afin d'illustrer son engagement, Marie-Guite Dufay a visité deux exploitations agricoles à proximité de Gray (Haute-Saône) ce lundi 17 juin 2019. Aurélie et Daniel Paulien gèrent une exploitation en polyculture-élevage laitier à Battrans avec une vente directe de fromages et de yaourts. Accompagnée notamment de plusieurs vice-présidents et de Thierry Chalmin, président de la chambre d'agriculture de la Haute-Saône, Marie-Guite Dufay a découvert une récente construction abritant les vaches laitières. Ce bâtiment en bois a nécessité un investissement de 190.000 euros et reçu 32.000 d'aides publiques via un dossier PCAE avec une bonification du fait d'une « zone laitière fragile » et une autre bonification AB. Les aides provinrent de la Région et du FEADER (66,70 %), de l’État (24,05 %) ainsi que du conseil départemental de la Haute-Saône (9,25 %).

Observant les montbéliardes, Marie-Guite Dufay a rappelé que « c'est une politique traditionnelle de la Région que d'accompagner financièrement la transformation des bâtiments, la rénovation, l'intégration paysagère, l'adaptation à l'environnement ». Néanmoins, les agriculteurs présents ont dénoncé les « effets d'aubaine » des prestataires de travaux ou des fournisseurs de matériel qui adaptent leurs prix en fonction des aides à l'investissement des collectivités. Philippe Camburet (co-président de la Fédération Régionale de l'Agriculture Biologique) a pris comme exemple la Suisse où les aides sont versées à l'exploitation : « il vaudrait mieux subventionner les agriculteurs par rapport à leurs pratiques sans passer par l'investissement » car « la même machine a augmenté de 40% en cinq ans, parce qu'elle est subventionnée ». Marie-Guite Dufay a tenu à rassurer ses interlocuteurs en annonçant que l'appel à projet PCAE en cours correspondrait à « une subvention direct à l'agriculteur » en vue d'améliorer ou de réorganiser les bâtiments.

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Marie-Guite Dufay (présidente de la Région), Philippe Camburet (coprésident de la FRAB), Thierry Chalmin (président de la chambre d'agriculture 70) et Sophie Fonquernie (vice-présidente de la Région)

Philippe Camburet a pris l'exemple des agences de l'eau, citant Eau de Paris, qui ont négocié avec l'Union européenne afin de pouvoir administrer des subventions arrivant aux agriculteurs « notamment pour développer l'agriculture bio sur les secteurs de captage des eaux de Paris ». Le co-président de la FRAB espère que ce soit mis en œuvre avant même la fin de la programmation de l'actuelle PAC et que ce soit une liberté supplémentaire pour la prochaine PAC tenant compte des services rendus par les agriculteurs en fonction de critères préférentiels définis par les collectivités. Un « verdissement de la PAC » comme l'a résumé Marie-Guite Dufay, « la subvention à la démarche plutôt que la subvention à l'investissement ».

La présidente de la Région a aussi été alertée sur la situation de quelques agriculteurs devant rembourser des trop-perçus de certaines aides alors qu'ils n'ont pas encore touché les aides sur la bio du fait d'un problème informatique. Philippe Camburet demande donc un fond de garanti régional « pour faire des apports de trésorerie ponctuels » et pour « sécuriser les agriculteurs » car il « s'attend à avoir des difficultés pendant trois-quatre ans ».  Des problèmes « inadmissibles » aux yeux de Marie-Guite Dufay qui reconnaît néanmoins ne pas avoir le pouvoir de faire bouger l’État. Cependant, la présidente a donné rendez-vous à la rentrée puisqu'elle sera présente à une réunion avec le Premier ministre et la profession agricole « pour poser les choses en prévision de la PAC ».

 

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Aurélie et Daniel Paulien font visiter leur ferme bio Les Denaises à Battrans (Haute-Saône)

 

Des agriculteurs bio heureux dans un petit paradis

La visite a laissé la présidente de Région admirative. Dans son « petit paradis », Daniel Paulien a pu mettre en avant son travail après conversion à l'agriculture biologique : « sur notre exploitation, on arrive à des rendements qui sont similaires en conventionnel parce qu'on a un système intensif en double culture face à des choses que j'ai appris avec agriculture de conservation des sols, le semi direct, on arrive à faire deux récoltes par an sur une seule parcelle ». Quant au lait bio, il se vend 50 % plus cher que le lait conventionnel. Interrogé sur l'éventuelle contrainte de la traite deux fois par jour avec une grande amplitude horaire, l'éleveur a répondu avec le sourire que, au contraire, « c'est un plaisir » de traire ses vaches.

Aurélie Paulien a alerté la délégation sur la difficulté d'envisager la fin des contenants en plastique entre l'acceptation des commanditaires et la difficulté des trouver un prestataire pouvant nettoyer les contenants en verre. La présidente a conseillé de prendre contact avec le cluster Jura ayant déjà travaillé sur cette problématique.

Avant que Marie-Guite Dufay ne se dirige vers l'élevage porcin de Baptiste Bernard et Émilie Jarrot puis vers la MFR à Chargey-lès-Gray, les représentants de la FRAB ont insisté sur le fait que la bio n'est pas tant une piste pour « sortir des difficultés » certains agriculteurs mais plutôt une solution pour « mettre en valeur l'intérêt du territoire, les ambitions que l'on peut avoir sur l'exploitation, conforter l'installation ou l'embauche d'un salarié et créer de la valeur ajoutée par la vente directe ».

Jean-Christophe Tardivon

 

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La délégation autour de la présidente de Régionales

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Marie-Guite Dufay échange avec l’éleveur bio Daniel Paulien

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La salle de traite accolée au bâtiment en bois

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Vaches laitières montbéliardes

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