MuséoParc Alésia, 10 ans et déja incontournable

MuséoParc Alésia, 10 ans et déja incontournable

Info+ :

Quel est le nom actuel de la ville d'Alésia ?
Qui a gagné la bataille d'Alésia ?
Quelle est la date de la bataille d'Alésia ?
Pourquoi César a-t-il fait construire deux enceintes autour d'Alésia ?
Où se trouve Alésia aujourd'hui ?
Où a lieu la bataille d'Alésia ?
Toutes les réponses sont au MuséoParc Alésia, vous pouvez aussi le découvrir sur Google mais c'est moins amusant.

Informations www.alesia.com

 

Sa programmation festive
autour des 10 ans

Nuit blanche
Pour fêter sa date anniversaire le 26 mars, le MuséoParc sera ouvert pendant 24 heures !
Au menu :
musique, sport, battles de BD, ateliers et campement sous une tente de légionnaires.
C’est la fête !

Conférence sur l’archéologie et la BD 


Silvio Luccisano, auteur de bandes dessinées, apportera son éclairage sur les apports de l’archéologie dans le dessin et la narration de l’Antiquité.
1er de la classe

La guerre des flèches


Pendant les vacances de printemps, le MuséoParc Alésia se prépare à accueillir des combattants spécialistes du monde antique. Après un moment d’initiation aux stratégies de guerre pratiquées par les Gaulois et les Romains, les visiteurs pourront s’essayer au combat !
Entre les fortifications, les visiteurs deviennent acteurs de la bataille.
Tu veux t’battre ?

Rétrospective
D’avril à novembre, une rétrospective en images sera exposée sur le site des vestiges. Le MuséoParc présentera ses meilleurs souvenirs, depuis 10 ans.
Au cours du printemps, une exposition temporaire sera participative et présentera les coups de coeur d’habitants du territoire.
C’est le moment Insta

L’INRAP, invité d’honneur pour les Journées Européennes de l’Archéologie
À cette occasion, les visiteurs pourront découvrir un nouvel espace famille dédié à l’archéologie. Avec la présence de l’école supérieure de musique de Dijon qui viendra faire un concert.
Guest-star

Survol d’Alésia
De juin à septembre, les visiteurs pourront survoler Alésia au départ de l’aéroclub de Semur-en-Auxois.
Chiche ou pas chiche ?

 

 

 


14 février 2022

Plus de deux mille ans nous séparent de la célèbre bataille du siège d'Alésia, mais son écho traverse le temps et résonne aujourd’hui encore de toute l’ampleur des répercussions qu’aura l’événement sur l’Histoire de France. C’est avec cette volonté première de mettre en valeur l’un des hauts lieux historiques, qu’est né le MuséoParc Alésia en 2012. Aujourd’hui, grâce à son tout nouveau parcours permanent, le MuséoParc Alésia s’ouvre sur la vie des Gaulois et des Romains. Il constitue ainsi le seul site en France à apporter un éclairage sur la transition entre le monde celte et le monde gallo-romain.
Mais qui est véritablement le MuséoParc Alésia ? Quelles sont ses singularités, son ADN, ses ambitions ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir.

Le MuséoParc Alésia, inauguré en 2012 est devenu au plan national, l’un des sites de référence de l’Antiquité gallo-romaine. François sauvadet, Président du Conseil Départemental, porteur du projet le présente comme « un site culturel et touristique, qui permet à chacun d’appréhender la culture antique qui a tant marqué notre Histoire de façon conviviale et ludique... site vivant et animé, il est ancré dans son territoire, pour mieux le sublimer. » 

«Le MuséoParc Alésia a 10 ans et l’avenir lui appartient !» selon Michel ROUGER, Directeur du MuséoParc Alésia.
« Depuis sa création, le MuséoParc Alésia n’a cessé de proposer un voyage dans le temps à ses visiteurs tout en étant bien connecté à la vie de son territoire en Haute Côte-d’Or, brassant à la fois des émotions et des partenariats, des rencontres et des animations, des spectacles et des découvertes… Car devenir un équipement culturel majeur en zone rurale se cultive au fil des années.
Du haut de ses dix ans, le MuséoParc Alésia peut aujourd’hui revendiquer une relance de sa fréquentation, un nouveau parcours permanent de visite, un développement des partenariats scientifiques et universitaires, une communication décalée et efficace. Mais sans oublier qu’il est un acteur emblématique du territoire faisant la fierté de ses habitants, à la fois accessible à tous et incontournable pour les touristes ! Un développement rendu possible par la confiance des membres du conseil d’administration et par l’investissement d’une équipe professionnelle. » 

Histoire, culture, divertissement, lorsque vous viendrez au MuséoParc Alésia, de nombreuses possibilités de visites s'offriront à vous.

 

Son musée

L’architecture contemporaine du bâtiment symbolise la bataille

Construit sur un des sites où les légions de Jules César étaient cantonnées pendant le siège, le musée en impose et domine le paysage.
Inauguré en 2012, son bâtiment circulaire symbolise l’encerclement des Gaulois par les Romains lors de la bataille. Il a été imaginé par l’architecte Bernard Tschumi, qui a conçu le Musée de l’Acropole à Athènes entre autres.
Le bâtiment trône en parfaite harmonie avec la nature qu’elle sublime. Les matériaux qui le composent ont été rigoureusement sélectionnés : la résille de bois qui rappelle les lignes de fortifications romaines, le verre pour la transparence et les végétaux qui coiffent sa terrasse.

L’aménagement paysager de Michel Desvigne intègre l’ouvrage dans la plaine des Laumes

Le paysage d’Alésia, tel que nous le connaissons de nos jours, malgré le développement urbain et les évolutions de la végétation arborescente, permet, par sa capacité d’évocation, de lire le déroulement du siège dans l’espace. Le site est pour l’essentiel classé et en partie inscrit au titre de la loi de 1930 (site classé le 15 février 1985 et inscrit le 19 avril 1985).
Le paysagiste Michel Desvigne a inscrit ses interventions dans un souci de respect de la complexité du site actuel.
Pour le bâtiment, Michel Desvigne a imaginé une toiture entièrement végétalisée et un parking au sol enherbé participant d’une logique de maîtrise énergétique avec des systèmes de récupération et de filtrage de l’eau pluviale.

Les fortifications immergent dans le passé

Unique en France, une reconstitution partielle des fortifications romaines a été réalisée grandeur nature. Deux lignes, appelées contrevallation (ligne qui bloque les Gaulois sur l’oppidum) et circonvallation (ligne de fortifications qui protège les Romains d’une attaque extérieure) ont été construites, proches de l’emplacement archéologique attesté des anciennes lignes césariennes.
Recréées à l’identique sur une longueur d’une centaine de mètres et une profondeur de 150 mètres, elles illustrent l’ampleur des lignes fortifiées de 15 et 21 kilomètres ! De terre et de bois, ces deux segments offrent une vision détaillée du dispositif : fossés, tours, élévations, cippi et autres pièges romains. Cette évocation est complétée par une reproduction grandeur nature d’une catapulte et d’un scorpio, deux machines de guerre.

 

Sa nouvelle exposition permanente

 

La nouvelle exposition permanente par Clémence Farrell sublime les collections archéologiques. Phénomène rare pour un lieu culturel, le site change totalement son parcours permanent pour ses 10 ans et s’attache l’expertise d’une grande signature. Avec presque 30 ans d’expérience dans le domaine du décor et de la scénographie, Clémence Farrell propose une direction artistique singulière.

Solliciter l’imagination sans tabou de design ni de style, faire appel à la fantaisie autant qu’à la rigueur face au contenu scientifique, oser des mises en scène audacieuses mais toujours respectueuses des collections, telle est la démarche créative de Clémence Farrell. Avec ses feutres et ses crayons, elle dessine sur chaque projet des univers et mobiliers spécifiques, toujours à la recherche d’innovation et d’originalité. Le dessin, principal langage artistique que Clémence Farrell cultive depuis ses débuts, permet à tous les interlocuteurs des projets de comprendre et développer les créations qu’elle propose.
L’agence a notamment oeuvré pour la Philharmonie de Paris avec « David Bowie is » et la célébration des 40 ans de la culture hip-hop, l’espace océanographique de Monaco, les Galeries Nationales du Grand Palais « Michael Jackson On the Wall » et l’Institut du monde arabe « Maroc contemporain ».

 

Une muséographie innovante…

La nouvelle scénographie est plus accessible, plus interactive, plus ludique et plus proche des visiteurs. Cette décision fait suite aux changements des attentes du public, à l’évolution de la médiation culturelle de ces dix dernières années, et à la volonté de présenter les collections trouvées sur le site d’Alésia. Le nouveau parcours permanent propose une véritable immersion à la fois au coeur du siège d’Alésia mais aussi dans la ville gallo-romaine. Pour ce faire, la nouvelle exposition fait la part belle aux collections (plus de 600 pièces) trouvées sur le site, pour partie jamais exposées jusqu’ici ! C’est une occasion exceptionnelle pour le MuséoParc Alésia qui ne s’endort pas sur ses lauriers et qui confirme la nouvelle dynamique menée ces dernières années. C’est aussi une chance pour le MuséoParc Alésia qui fête ses 10 ans !

 

…qui affiche de nouvelles ambitions

Il s’agit autant de faire découvrir l’histoire du siège d’Alésia en 52 avant J.-C., date clef de l’Histoire, que de mettre en valeur les découvertes archéologiques d’époques successives, de faire rejaillir toutes ces périodes qui ont fait le territoire d’Alise-Sainte-Reine, leurs évolutions aussi :
des Gaulois Mandubiens aux Gallo-Romains, des Gallo-Romains au début du christianisme avec l’histoire de Sainte Reine.
La nouvelle exposition permanente du MuséoParc Alésia a pour objectif de combiner de façon harmonieuse deux principes de visite. Au sein d’un parcours chronothématique qui allie une découverte à la fois ludique et numérique, les collections archéologiques mises à jour à Alésia se déploient de la Préhistoire à nos jours.
Deux approches qui se complètent et se nourrissent mutuellement, pour offrir aux visiteurs une plongée ludicomuséale attractive et renouvelée.

Trait d’union harmonieux entre le passé et le présent

 

Dès le début, la rencontre avec les Gaulois se fait de manière décomplexée et inattendue, à l’aide d’une fresque audiovisuelle panoramique consacrée aux clichés.
L’idée est de s’adresser aux visiteurs d’aujourd’hui en partant des idées reçues qu’ils ont en tête sur la période.
L’objectif : battre en brèche les « fakenews ». Le premier espace du parcours de visite met en scène 7 comédiennes et comédiens qui se sont prêtés au jeu des questions-réponses sur les Gaulois et Alésia. Avec humour, Pierre BENEZIT, Amelle CHAHBI, Léa DRUCKER, Rachel KHAN, Philippe REBBOT, Hélène VINCENT et Jean-Pascal ZADI jonglent avec les clichés que l’on a tous en tête et dont on pourra se débarrasser au cours de la visite. Une introduction jubilatoire et décapante !

Ensuite, une coursive guide le visiteur dans sa déambulation qui donne accès à huit espaces contextualisés, le long d’une frise du temps. A gauche, le paysage naturel entre pleinement en scène et joue avec les lumières.
A droite, des niches abritent des bustes, animés par le mapping de César, de Vercingétorix et de Napoléon III (le premier à entreprendre des fouilles sur le site) qui commentent, chacun à leur manière, leur rôle dans l’histoire d’Alésia.
Clémence Farrell, la muséographe, et l’ensemble des équipes ont choisi Aurore Petit, jeune illustratrice talentueuse, pour éclairer le parcours du visiteur. Dessinatrice et auteure d’ouvrages jeunesse, Aurore conte de manière ludique le site d’Alésia, d’avant la bataille jusqu’aux fouilles archéologiques du XIXe siècle.
Une archéologue virtuelle accompagne le travail de l’illustratrice pour expliquer le contenu de chaque pièce de manière pédagogique.
Cette archéologue, véritable fil conducteur de la nouvelle scénographie, est reprise dans les vidéos et les BD, tout u long du parcours.

Le visiteur peut regarder mais aussi toucher, manipuler et s’initier. Objets sonores, bac à fouille numérique, quiz et autres dispositifs sont installés pour interagir avec le visiteur. Les dernières technologies empruntées de divers domaines, comme les jeux vidéo par exemple, enrichissent le contenu et servent l’histoire. Plusieurs vitrines en réalité augmentée permettent d’apporter un nouvel éclairage sur des objets méconnus. La bataille d’Alésia n’est pas oubliée puisqu’un nouveau dispositif visuel est diffusé pour retracer les forces pour retracer le célèbre épisode du siège et les forces en présence. Dans l’espace consacré à la ville gallo-romaine, des silhouettes animées se glissent sur les cimaises afin de rendre plus vivants leurs propos :
l’artisanat, le commerce, les échanges, etc. Ils miment l’activité associée aux objets présentés juste au-dessous et permettent une immersion au coeur de la vie quotidienne.

 

Sa ville gallo-romaine et la statue de Vercingétorix

La ville gallo-romaine épargnée par César

Après la défaite de Vercingétorix, l’oppidum d’Alésia n’est pas détruit et continue d’être habité. Au cours du Ier siècle de notre ère, une ville gallo-romaine prospère se développe, selon le modèle diffusé par Rome dans tout l’Empire, grâce notamment à l’activité d’artisans spécialisés dans le travail du bronze.
La population peut être estimée alors à quelques milliers de personnes.
De cette ville antique délaissée au Ve siècle, il ne reste aujourd’hui que des vestiges arasés. Ils correspondent aux fondations et aux structures enterrées des monuments et habitations construits durant plusieurs siècles :
• Le théâtre : il date de la deuxième moitié du Ier siècle de notre ère et pouvait accueillir 5 000 spectateurs environ, installés sur des gradins aujourd’hui disparus.
• Le temple : certainement dédié à Jupiter, il est le sanctuaire principal de la cité. Entouré de son aire sacrée, il prend place dans un espace clos au sein duquel se déroulent les cérémonies religieuses.
• La basilique civile : construite au IIe siècle de notre ère, elle est composée d’une grande salle rectangulaire et d’absides semi-circulaires qui abritent des lieux de réunion pour les tribunaux et l’administration locale.
• La place publique : place centrale qui sert de lieu de rencontre et de marché.
• Le monument d’Ucuetis : c’est l’édifice de la corporation des artisans métallurgistes et le sanctuaire de leurs divinités protectrices.
• Les quartiers d’artisanat et d’habitation, où l’on peut voir les caves des maisons, les rues pavées et les puits qui assuraient l’approvisionnement en eau.
Abandonnée, la cité devient une carrière de pierres qui verra le démantèlement de ses différents bâtiments au fil des siècles, au profit entre autres de l’actuel village d’Alise-Sainte-Reine installé sur le flanc sud de la colline.

La statue : le mythe de Vercingétorix qui inspira Napoléon III

La statue colossale de Vercingétorix, haute de 6,60 m et posée sur un socle de 7 m, en granite de Saulieu et en calcaire de Pouillenay, dessiné par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, en impose.
Napoléon III la commande au sculpteur Aimé Millet pour commémorer le succès des recherches archéologiques entreprises à Alésia. Depuis 1865, cette oeuvre en tôle de cuivre martelée et rivetée est érigée à l’ouest du Mont-Auxois. Installée à quelques centaines de mètres des vestiges gallo-romains, elle est un passage obligé lors d’une visite à Alésia. Le sculpteur Aimé Millet représente Vercingétorix vaincu, résigné mais fier, dans une posture introspective. Plutôt contradictoire avec la phrase inscrite sur son socle : « La Gaule unie formant une seule nation, animée d’un même esprit, peut défier l’univers - Napoléon III à la mémoire de Vercingétorix ». Mais alors à quoi ressemble ce Vercingétorix ?
À Napoléon III jeune a-t-on prétendu mais rien n’est moins sûr… Son armement et ses parures sont inspirés de l’âge du Bronze, le pantalon et ses bandelettes du Moyen-Age, tandis que ses cheveux longs et moustaches sont loin d’être historiquement avérés !
D’abord présentée à Paris, la statue ne pouvant pas être transportée couchée, c’est par la route qu’elle arrive à Alise- Sainte-Reine au cours de l’été, pour être définitivement installée sur l’oppidum du Mont-Auxois le 27 août 1865. Si Napoléon III ne l’inaugure jamais, le colosse Vercingétorix devient vite le symbole du site d’Alésia. Elle a simplement subi une rénovation en 1977. Classée au titre des monuments historiques en 2014, elle est finalement officiellement inaugurée en 2015 à l’occasion de ses 150 ans !

Ses collections

Un écrin pour valoriser les collections d’Alésia

Patricia Janeux, attachée de conservation au conseil départemental de la Côte-d’Or en charge de la muséographie, témoigne.
« Avec l’Archéologie en fil rouge, tout l’enjeu du projet de la nouvelle scénographie au MuséoParc Alésia est de mettre en regard les collections et la très longue période d’occupation humaine du site (du Néolithique à nos jours). Gardant une part importante pour la période du siège, cette nouvelle présentation permettra de comprendre pourquoi Vercingétorix se réfugie à Alésia, quel peuple gaulois est installé sur le Mont Auxois à son arrivée, que devient Alésia après le siège de César… Cette scénographie permet en particulier de valoriser les collections et de présenter un florilège d’objets gallo-romains de l’agglomération qui se développera du Ier au IIIe siècle, permettant de faire un pont avec les vestiges visibles sur le site. Un choix de collections difficile devant la richesse archéologique du site, d’où la mise en place d’une présentation modulable et amovible afin de pouvoir présenter d’autres trésors dans les années à venir.

Les fouilles récentes sont dévoilées en priorité pour l’ouverture car ce projet a été construit avec les scientifiques présents sur le terrain aujourd’hui, avec la collaboration avec de l’UMR/ ArTeHIS et Paris1/Panthéon-Sorbonne. Le but de ce projet est de révéler l’histoire d’Alésia à Alise-Sainte-Reine et de mettre l’accent sur les fouilles en créant un nouvel écrin pour les collections du site : Alésia, une histoire à suivre… »

Ses fouilles

La ville antique d’Alésia est l’objet de fouilles presque ininterrompues depuis le début du XXe siècle. Récemment, entre 208 et 2018, un important programme de fouilles s’est déroulé au niveau de la pointe orientale du mont-Auxois, au lieu-dit La Croix-saint-Charles, occupé à l’époque romaine par un sanctuaire de sources consacré au dieu Apollon Moritasgus (programme « Sanctuaires d’Alésia » dirigé par O. de Cazanove, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

 Fouilles au lieu-dit La Croix-saint-Charles © Sébastien Pitoizet

Depuis 2020, les fouilles d’Alésia ont repris dans l’emprise du site archéologique visitable, sous la direction de M. Ribolet et F.
Creuzenet (UMR ARTEHIS, Université de Bourgogne). Elles réunissent tous les ans une quinzaine d’étudiants bénévoles, venus de plusieurs universités françaises (Paris, Bordeaux, Lyon, Lille, Dijon, etc.). Ce nouveau programme de recherche a pu voir le jour grâce à la collaboration de plusieurs partenaires institutionnels :
le Conseil Départemental de la Côted’Or, le Service Régional de l’Archéologie Bourgogne Franche-Comté, l’Université de Bourgogne et le laboratoire ARTEHIS, le MuséoParc Alésia et la commune d’Alise-Sainte-Reine.
Les nouvelles fouilles conduites depuis 2020 sont dédiées au monument d’Ucuetis, un édifice bien connu du centre monumental d’Alésia. Découvert pour la première fois en 1908, il est depuis lors identifié comme le lieu de réunion (schola) de la corporation des artisans métallurgistes. Il doit sa célébrité à son bon état de conservation et au riche ensemble mobilier découvert dans une salle souterraine creusée à même le roc naturel, qui comprend notamment un vase de bronze portant une dédicace au dieu Ucuetis et à la déesse Bergusia.



Vue aérienne du monument d’Ucuetis au terme de la campagne 2020. © Mathieu Ribolet et Fabienne Creuzenet

Collecteur d’eaux pluviales (IIe siècle ap. J.-C.) à l’angle nord-ouest du monument d’Ucuetis.© Mathieu Ribolet et Fabienne Creuzenet

Les fouilles du début du XXe siècle ont dégagé ce qui constitue le coeur du monument, à savoir une cour ceinte d’une galerie de circulation, ainsi que plusieurs pièces accessibles du côté sud.
C’est presque un siècle plus tard, entre 1992 et 1994, que la façade principale du monument a été observée en détails grâce aux travaux de F. Creuzenet et A. Olivier, qui ont notamment révélé l’existence d’un portique de quatre piliers permettant d’accéder au monument d’Ucuetis depuis la place publique voisine. Tout le côté nord du monument était en revanche resté inexploré jusqu’ici, ce qui justifiait de reprendre une nouvelle enquête de terrain.

Les fouilles conduites depuis 2020 ont pour but d’achever l’exploration du monument d’Ucuetis, d’en définir l’extension maximale, de découvrir d’éventuels espaces encore inconnus.
Elles doivent également permettre de réévaluer la chronologie du monument (dont la construction est traditionnellement située vers la fin du Ier siècle) et d’observer les différentes phases d’occupation du quartier dans lequel l’édifice s’est implanté.
Les campagnes 2020 et 2021 livrent déjà les premiers éléments de réponse.
Le plan du monument d’Ucuetis est désormais complété, notamment suite à la découverte d’un collecteur d’eaux pluviales installé contre son extrémité nord. Par ailleurs, l’édifice s’intègre désormais dans une succession d’aménagements plus complexes que ne l’avaient envisagé les fouilles anciennes. 
Il se superpose en effet à une occupation précoce se manifestant sous forme d’un épandage d’ossements animaux, sans doute rejetés au terme d’un – ou plusieurs ? – banquet. L’installation des premiers édifices maçonnés, identifiables comme des maisons modestes, intervient au début du Ier siècle, en même temps que l’ouverture de plusieurs fosses d’extraction de calcaire – l’une d’elles, complètement dégagée en 2020, a notamment livré un assemblage céramique dont les pièces les plus complètes sont exposées dans le nouveau parcours permanent du MuséoParc Alésia. Le monument d’Ucuetis à proprement parler, lui, n’est sans doute pas construit avant le début du IIe s, époque à laquelle il s’imbrique dans un quartier d’habitations qui sera continuellement réaménagé jusqu’au IIIe siècle.
La campagne 2022 permettra d’affiner ces premières hypothèses de travail.

 

Des visites ludiques...

Au musée

Visite guidée
Un médiateur culturel emmène les visiteurs à la découverte de l’exposition permanente pour découvrir la riche histoire d’Alésia

Le MuséoFab
Créé en 2018 et fort de son succès, le MuséoFab continue sa programmation.
L’idée est de s’initier et de se former aux techniques artisanales antiques. Les médiateurs culturels et artisans mettent à disposition leurs compétences, les outils et les matières premières. Accessible aux adultes comme aux enfants, le MuséoFab est un moment convivial de partage de savoirs et de savoir-faire.
Différents ateliers sont proposés :
cuisine, tissage, mosaïque, tabletterie, fresque, travail du cuir, selon les dates (programme susceptible de modification).

 

Sur les vestiges de la ville gallo-romaine

Visite guidée
Une visite propose d’appréhender
la ville gallo-romaine d’Alésia, de connaître son urbanisme et d’imaginer la vie quotidienne de ses habitants.

Les vestiges en 3D
Depuis 2020, une visite en 3D sur tablette est proposée aux visiteurs.

Les nouvelles technologies permettent aujourd’hui de proposer une visite exceptionnelle et de plonger dans l’univers de la ville : les bâtiments, dont la restitution a été validée par la communauté scientifique, se profilent et revivent. Les ambiances changent selon les saisons : le visiteur peut découvrir Alésia sous la neige ou sous un grand soleil.

 

 

 

Balad’archéo

Une balade commentée permet de comprendre la bataille, comment Vercingétorix et ses troupes ont pu tenir près de 2 mois de siège.

 

Escape game extérieur à l’esprit « punk antique » !
Furie d’Alésia 
Les joueurs sont immergés dans l’histoire du Gaulois Ébérius à travers un jeu de type escape game en extérieur dont l’aventure « au-delà du réel » se déroule sur le site archéologique de la cité gallo-romaine Alésia.

Les joueurs, dans la peau d’un journaliste, devront enquêter et résoudre les énigmes laissées par le professeur Stokowski qui a travaillé de nombreuses années sur l’histoire de ce Gaulois. Ebérius connaîtra-t-il un destin tragique ?
Cette nouvelle manière de découvrir la ville gallo-romaine a été conçue par l’agence OHRIZON.

 

 

... et accessibles à tous les publics !

Enfants en bas âges, ados, parents et grands-parents y trouveront leur compte. L’accueil est décontracté, souriant et personnalisé. Le MuséoParc Alésia a conçu une programmation culturelle adaptée à chaque stade de la vie avec des médiateurs attentifs :
ateliers de vacances, légionnaires et guerriers gaulois en herbe, MuséoFab pour petits et grands, exposition pour les enfants et propose même de fêter son anniversaire avec les copains !
Les visiteurs peuvent se promener dedans, dehors, à leur gré, s’installer sur le toit terrasse pour admirer la vue ou s’attabler au restaurant le Carnyx.
Grâce au travail acharné de toute l’équipe, le MuséoParc Alésia est accessible à tous les publics, et à toutes les sortes de handicap (auditif, mental, moteur et visuel). En 2020, il a reçu le Trophée par « l’Association Tourisme & Handicap ».
Au-delà des aménagements, c’est la facilité d’accès aux contenus historiques et scientifiques qui mérite d’être soulignée. Le site a reçu de nombreux prix pour son accessibilité, ainsi reconnue.

 

 

 

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