Des sages-femmes et de la continuité des soins en milieu rural... au service des femmes, mais aussi des familles !

Des sages-femmes et de la continuité des soins en milieu rural... au service des femmes, mais aussi des familles !

Info+ :

 

Conseil Départemental des sages-femmes de la Côte-d’Or

14 rue François Pompon

21850 Saint-Apollinaire

 

Tél : 03 80 74 28 28

 Fax : 03 80 74 28 28

 Mail : cd21@ordre-sages-femmes.fr

 

https://www.ordre-sages-femmes.fr/


Présidente : Madame Bosson Nicole

 Vice-présidente : Madame Durand Delphine

 Trésorière : Madame Hance Isabelle

 


28 juin 2022

Depuis la nuit des temps la sage-femme est aux côtés des femmes. On lui a connu plusieurs noms et, au fil du temps, ses attributions ont évolué. Un combat au quotidien, pour la femme et les femmes quand celle qui, au Moyen-Age, était élue par l'assemblée des femmes de la paroisse en présence du curé est devenue le maillon indispensable de la continuité des soins et notamment en milieu rural. Rencontre avec madame Bosson, présidente du Conseil départemental des sages-femmes de Côte d’Or.

Au cours des dernières décennies, les sage-femmes françaises ne se sont pas résignées à devenir les auxiliaires des obstétriciens. Grâce à leurs combats pour leur statut ou pour leurs compétences, elles ont à cœur de rester toujours au plus près de la santé des femmes. On connaît leur rôle dans la surveillance de la grossesse normale, du travail et de l'accouchement, ainsi que celle de la mère et de l'enfant après l'accouchement. On connaît également le fait qu’elles pratiquent des examens cliniques et paracliniques nécessaires (échographie, etc.) et participent activement à toutes actions de prévention dans le domaine de la santé.

Ce qu’on connaît moins, ce sont toutes les possibilités d’accompagnement et de soins que leurs confèrent des dispositions législatives plus ou moins récentes. Textes de lois et directives auxquels madame Bosson a très largement contribué aux côtés de Fadila Khattabi, députée de la 3ème circonscription de Côte d’Or et Présidente de la commission des affaires sociales à l’Assemblée Nationale… parce que la santé, la continuité des soins et les droits des femmes sont bien une affaire d’état !

Grâce à des avancées considérables dans leurs rôles et missions, les sages-femmes, ne sont plus simples accoucheuses mais assurent (et finalement depuis toujours) des missions et un métier de plus en plus ouvert. Dépistage des cancers, sexologie, suivi gynécologique, pratique des IVG, prévention auprès des jeunes notamment en ce qui concerne la prévention des violences familiales et plus uniquement celle des maladies sexuellement transmissibles, acupuncture, sophrologie, hypnose thérapeutique… c’est un vaste élargissement de leurs compétences en matière de santé publique à tous les âges et pour tous les âges qui permet aux sages-femmes d’être au plus près de femmes, et aussi, des hommes et des familles !

En milieu rural désertifié, sous-dense et sous-doté en matière de relais médicaux, elles maillent le territoire, assurant une continuité du soin et de santé publique aux côtés des rares médecins engagés hors des grandes villes et des autres praticiens de santé, eux-mêmes débordés par manque d’installation de confrères en milieu rural.

La Côte d’Or compte 275 sages-femmes, seulement 55 d’entre elles exercent en libérales et se répartissent un territoire inégalement doté.

En effet, si des territoires comme la métropole dijonnaise, le beaunois sont très bien dotés en raison, sans doute, d’une socio-démographie plus importante et d’un niveau de vie un peu plus élevé, d’autres comme les rives de Saône et la Haute Côte d’Or ont vu la désertification médicale avancer à grand pas. Les sages-femmes libérales ont, ici, pris le « contre-pied » et se répartissent un vaste territoire en couvrant Aignay-le-Duc, Montbard, Venarey-les Laumes, Sombernon, Pouilly en Auxois, Fleurey sur Ouche Nolay pour rejoindre ensuite la Saône à Genlis, Brazey en Plaine, Seurre et Auxonne. Un maillage aussi pertinent qu’il soit grâce à l’engagement de ces femmes (et quelques hommes) au service des habitants de territoires ruraux.

Les femmes isolées sont aussi celles qui accouchent en prison, les sages-femmes sont là aussi, tout comme elles ont participé très largement aux campagnes de vaccination COVID, sont sur le pont d’Octobre Rose et militent et pratiquent la vaccination contre le papillomavirus… qui, comme le rose, n’est pas que pour les filles et touche de plus en plus d’adolescents.

5 ans d’études, en formation régulière et obligatoire, les sages-femmes s’activent pour le droit à la PMA pour toutes dans le respect du choix de chacun et sont de celles qui voient la naissance, accompagnent la fin de vie d’un nourrisson auprès des familles, repèrent les dépressions post-partum et les violences conjugales. Et ce partant du constat qu’il n’y a pas si longtemps on parlait d’accouchement, de trois mois de suivi puis… plus rien… ou comment laisser les femmes, et qui plus est les femmes isolées, loin d’un hôpital ou d’un médecin, dans des détresses souvent prégnantes face à des interrogations sans réponse, des doutes et des peurs.

Si les mentalités évoluent (doucement quand même l’évolution) c’est bien la proximité des soignants du monde rural qui fait la différence. Dans ce sens, madame Bosson travaille ardemment depuis 2021 au projet national des 1000 premiers jours de la vie de l’enfant, piloté par le ministère des solidarités et de la santé et mené avec ses partenaires de la Sécurité sociale, de Santé publique France, ainsi que des Agences régionales de santé (ARS) et des Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail des solidarités (DREETS).

Cette politique de prévention lors des « 1000 premiers jours » de vie de l’enfant pourrait également permettre aux départements de redonner un élan aux services de la PMI. Mais ceux-ci semblent très peu bénéficier de ces premiers pas.

Au plus proche des femmes dans leur santé, au plus proche de leurs convictions et du soins égalitaires pour toutes les femmes, les sages-femmes qui ont fait le choix de la pratique libérale, et non hospitalière, mènent une bataille du quotidien pour ne laisser aucune femme de côté, là ou la déprise du monde médicale est la plus prégnante et la plus inquiétante pour « les habitants de la campagne » pour lesquels le moindre rendez-vous chez un médecin généraliste débordé ou spécialiste (loin voire très loin) est un véritable parcours du combattant.

Un engagement auquel on pourra comparer de tous les praticiens libéraux en milieu rural qui se battent pour une meilleure répartition de l’offre de soin sur les territoires oubliés ?!?

 

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