Lancement de la COP régionale pour la transition écologique : « Il était temps ! »

Lancement de la COP régionale pour la transition écologique : « Il était temps ! »

Info+ :

Les COP régionales représentent une démarche inédite à l’échelle des régions.

Dans le cadre de la territorialisation de la planification écologique, chacune de ces COP vise à définir régionalement les leviers d’actions alignés avec les objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre (GES) et de préservation de la biodiversité. Il s’agit d’intégrer de manière cohérente tous les volets de la planification écologique, notamment ceux qui ont d’ores et déjà été engagés (plan eau, rénovation des écoles, transition agricole, identification des zones d’accélération de production d’énergies renouvelables (ENR), etc.).

Ces COP mobilisent, sous la co-animation du préfet de région et du président du conseil régional, tous les exécutifs de la région, les parlementaires, les acteurs du monde économique et les acteurs de la société civile

Elles se déroulent en quatre temps :

- L’établissement d’un diagnostic de territoire, permettant d’identifier les objectifs à atteindre

- La conduite d’un débat pour définir les actions à mener

- Le partage à l’échelle des territoires infrarégionaux d’une déclinaison de ces actions

- L’ établissement d’une feuille de route

 


14 décembre 2023

Mercredi 13 décembre 2023, Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et Marie-Guite Dufay présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté ont lancé la COP de la région Bourgogne-Franche-Comté, dans le cadre de la planification écologique. Face aux défis de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique ainsi que de la préservation du vivant, l’objectif de cette COP est d’oeuvrer au niveau régional, de manière concertée et coordonnée entre l’État et la Région, pour mettre en place les conditions d’une nécessaire transition écologique qui concilie développement des territoires, préservation des ressources et accompagnement social.

Après deux semaines de négociations, les pays présents à la COP 28 de Dubaï ont trouvé mardi 13 décembre matin un accord : la transition se fera hors des énergies fossiles. Quelques minutes plus tard, Christope Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires lance la COP régionale Bourgogne-Franche-Ccomté au Parc des Expositions et des Congrès de Dijon. Le ton est donné : de l’international au local, la transition écologique est l’affaire de tous.  

Lancé dans les 13 régions françaises, le dispositif de la territorialisation vise à engager une discussion stratégique à l’échelle régionale et à aboutir, au terme d’un travail collectif de plusieurs mois, à une déclinaison régionale de la planification écologique partagée par l’ensemble des collectivités territoriales participantes, depuis l’échelon régional jusqu’à l’échelon local de l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) ou de la commune. 

« Face à des défis énormes, à la peur, le meilleur chemin c’est l’action. On veut démontrer qu’un chemin est possible avec des actions concrètes pour faire quelque chose de dingue : faire en 8 ans plus de baisses d’émissions que ce qu’on a fait les 30 dernières années » explique Antoine Pellion, secrétaire général à la planification écologique. «  Le travail dans la COP territoriale c’est de voir comment faire évoluer chaque brique, comment mobiliser tout le monde pour y arriver ». L’Etat met à disposition des outils (de cartographies précises réalisées par météo France par exemple), des leviers, mais chaque territoire reste libre de la mise en oeuvre, avec une seule règle « si l’on fait moins sur un levier, il faut compenser en faisant plus sur un autre ».

Les collectivités territoriales au coeur de la mobilisation générale

Devant l’ampleur du défi environnemental et pour atteindre les objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de préservation de la biodiversité à l’horizon 2030, tout le monde doit s’investir et redoubler d’efforts. « Il faut des engagements au niveau mondial mais rien ne se fait s’il n’y a pas une action locale » explique Christophe Béchu. « On ne peut pas changer nos habitudes sans les collectivités territoriales, et nous devons travailler à faire baisser les émissions au plus et au mieux selon les spécificités des territoires. » L’adaptation aux territoires fait donc partie de l’ADN de la planification territoriale, ce que salue François Rebsamen, maire de Dijon et président de Dijon métropole : « Je félicite l’Etat de planifier la transition écologique avec les territoires et leur unicité. Car c’est bien de nos collectivités et de leur expérience de terrain, c’est grâce à leur intelligence collective que naitront les expérimentations et les innovations parfois audacieuses ».

Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté partage son enthousiasme sur le projet : « J’aborde cet exercice dans un état d’esprit fait de bonheur et de détermination. Il était temps ! L’urgence est là dans le combat pour la réduction des gaz à effet de serre et la préservation du vivant.» Elle souligne également la pertinence de son caractère adaptatif : « La différenciation est nécessaire, on ne va pas attendre d’un territoire bocager, forestier, la même chose qu’on va attendre d’un territoire urbain. C’est un exercice d’adaptation à tous les territoires selon un cadre commun donné par l’Etat. Cela nous permet de travailler main dans la main, d’avoir une cohérence d’ensemble. Sans cela on n’y arrivera pas et c’est un sujet trop important pour qu’on se disperse. »

Dépasser les difficultés 

Marie-Guite Dufay souligne cependant la lourde responsabilité qui pèse sur les épaules des collectivités, notamment en termes de financement : « Vous attendez beaucoup des collectivités, en l’occurrence beaucoup de la région Bourgogne-Franche-Comté. Ce n’est pas simplement un travail de planification mais cela représente aussi des investissements colossaux. Le rapport Pisani-Ferry chiffre le mur d’investissements en matière de transition écologique est chiffré à 66 milliards d'euros par an. Aujourd'hui, les collectivités sont des colosses aux pieds d’argile, nous n'avons pas les moyens, notamment les instruments fiscaux pour suivre. ».

Du côté des petites communes, les élus veulent être acteurs mais demandent de l’accompagnement et une simplification administrative. Le ministre propose « de faire du préfet le patron de tous les services de l’Etat pour avoir une seule porte d’entrée, même si chaque administration garde ses spécificités. Cela faciliterait la vie des élus des petites communes, leur apporterait du soutien et plus de lisibilité. »

Les inquiétudes touchent aussi le monde agricole, directement concerné par les problématiques liées à l’eau, par le rythme du vivant, la nécessité de poursuivre l’activité malgré la transition pour vivre. Le ministre rappelle son soutien envers la ruralité, qui « est une partie de la solution, pas du problème. C’est là qu’on peut stocker du carbone, développer des énergies renouvelables, assurer une continuité écologique ». Il annonce :  « pour la première fois, dès 2024, une part des subventions attribuées aux collectivités locales ne sera plus basée sur le nombres d’habitants mais sur la taille du territoire à préserver : c’est la dotation aménités rurales. Ce changement d’échelle consiste à dire : on doit prendre soin des espaces, en plus des habitants. L’Etat met donc 100 millions d’euros à destination des territoires ruraux pour tenir compte de cette réalité. » Il rassure aussi sur l’engagement attendu : « Les 400 000 exploitations agricoles françaises ont une plus petite capacité d’investissement que les grosses entreprises pour baisser leurs émissions. On leur demandera moins en termes d’investissements, mais on doit corriger les aberrations climatiques, aller vers de la qualité et diminuer les importations ». 

Du local pour l’environnement, l’économie et l’industrie

Le retour au local semble être un levier de transition de poids. Pour rendre la commande publique plus vertueuse par exemple, Christophe Béchu propose de « préférer le local et sortir d’une forme d’organisation de l’économie dans laquelle on a laissé partir loin des savoir-faire, des produits, dans laquelle on est devenu client, on a importé pour rétablir l’équilibre ». Il insiste : « il faut ré-accueillir les activités économiques et industrielles, pour ne pas acheter au bout du monde, pour financer le coût de la transition et favoriser une économie solidaire. Nous allons par ailleurs, dans le cadre de la loi Industrie verte qui entrera en vigueur le 1er janvier 2024, favoriser dans les marchés publics, les produits bons pour la transition ».

Antoine Pellion, souligne également ce point : « produire industriellement en local c’est indispensable, même si cela conduit à émettre un peu plus d’émissions sur le territoire, cela représente des baisses au niveau national, contrairement à l’importation.".

Le plan d’action en BFC

Anne Coste de Champeron, secrétaire générale pour les affaires régionales de la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté conclue la matinée d’échages et détaille la suite prévue dans la région: « six mois de travaux seront animés conjointement par l’Etat et le conseil régional à compter de janvier 2024, dans le but d’écouter et recueillir les idées, les visions et propositions d’actions des acteurs de l’ensemble du territoire régional ». Comment ?

- grâce à un dialogue avec les collectivités qui pourront exprimer leurs priorités et préoccupations à travers un questionnaire

- via des ateliers au plus près du terrain, dans chacun des 8 départements avec les élus, les acteurs économiques et la société civile

- par la création de 6 groupes de travail autour de sujets concrets du quotidien : se déplacer, se loger, produire, se nourri, consommer, préserver nos ressources et la biodiversité

- en permettant à tous, à tout moment de contribuer en ligne à cet exercice.

 

Déborah Vital 

 

Accédez à la retransmission vidéo de la matinée sur la chaine Youtube de la région

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