Préserver et restaurer la ressource en eau en Bourgogne-Franche-Comté

17 janvier 2024

Mercredi 17 janvier 2024 Franck Robine, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, et Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, coprésidaient le Comité régional de l’eau à la Maison régionale de l’innovation à Dijon.
Le Comité régional de l’eau est une instance de gouvernance régionale qui crée du lien entre tous les acteurs sur les politiques de l’eau. Il est un lieu d’échanges et de partage autour de ce bien commun qu’est la ressource en eau. C’est aussi un lieu de mise en valeur des initiatives locales dans les territoires. À l’ordre du jour du Comité : état d’avancement de la déclinaison régionale du plan national eau, échange sur les solutions fondées sur la nature et signature d’une convention partenariale entre l’État, la Région et les trois agences de l’eau du territoire pour la préservation et la gestion de la ressource en eau.

Le mot du préfet

Le plan eau, lancé par le président de la République en mars 2023, fait suite malheureusement à des constats qui nous invitent à agir
collectivement et sans attendre, pour répondre aux grands enjeux de sobriété, disponibilité et qualité, et de réponse face aux crises
de sécheresse.
Les restrictions d’eau s’intensifient en période estivale et devraient s’aggraver avec le dérèglement climatique, avec une baisse moyenne des débits estivaux estimée de moins 30 à moins 60% en 2050.
Les zones humides, qui jouent un rôle majeur dans l’adaptation au changement climatique, ont diminuées de 50% en 30 ans. La qualié de l’eau continue de se dégrader.
Ces constats nationaux s’observent également sur la région Bourgogne-Franche-Comté.
La baisse des débits est une tendance sur la majorité de nos cours d’eau en période de sécheresse, avec des débits extrêmes observés 1 année sur 2. Lors des sécheresses 2018 et 2022 par exemple, les débits de la source du Doubs à Mouthe utilisée pour l’eau potable
ont été notamment très réduits. Malgré de nombreuses années d’actions et d’efforts reconnus pour réduire la pollution diffuse agricole, la tendance reste malheureusement à la dégradation. L’artificialisation des cours d’eau et des sols continue de gagner du terrain
sur les espaces naturels et perturbe le cycle de l’eau.
Le plan eau est avant tout un plan de sobriété, avec l’objectif de réduire de 10% les prélèvements par usages d’ici 2030. Il a aussi pour ambition d’optimiser la disponibilité en réduisant les fuites et en valorisant les eaux non conventionnelles, et de préserver la qualité du grand cycle de l’eau.
Pour la région Bourgogne-Franche-Comté, les 7 orientations suivantes sont les suivantes :
- renforcer la gouvernance en incitant le transfert des compétences eau et assainissement à l’échelle intercommunale,
- déployer des Projets de Territoire pour la gestion de l’eau (PTGE),
- accompagner les 16 sites industriels les plus consommateurs en eau vers davantage de sobriété,
- accompagner l’élevage dans son adaptation au changement climatique et notamment sécuriser l’abreuvement, 
- reconquérir la qualité des captages prioritaires, 
- accompagner des projets emblématiques labellisés « Solutions Fondées sur la Nature », 
- mettre en place une instance de dialogue sur chaque sous-bassin de la région.

En France la politique de l’eau  est territorialisée à l’échelle hydrographique. Les Plans d’Actions Opérationnels Territorialisés (PAOT), pilotés par  les préfets de département, permettent non seulement de définir précisément les actions à mettre en œuvre  sur les territoires pour  préserver  la ressource en eau et restaurer les milieux  aquatiques, mais ils sont aussi les outils indispensables pour  planifier et piloter les actions du plan eau.

La politique de l’eau est en fort lien avec d’autres politiques publiques pilotées au niveau régional, telles  l’aménagement  du territoire, la planification écologique ou la santé, notamment avec le plan régional  santé environnement.

C’est pourquoi, j’ai souhaité mettre en place  une instance de gouvernance régionale.  Le Comité Régional de l’Eau est ce lieu d’échanges et de partage autour de la ressource en eau. C’est aussi un lieu de partage de documents de référence, de mise en valeur d’initiatives locales et d’innovation dans les territoires.

Garant de la déclinaison régionale du Plan Eau, le comité contribuera en 2024 aux travaux de la planification écologique lancée  en région lors de la Conférence des Parties le 13 décembre dernier. J’invite chacun d’entre vous à contribuer largement à la phase de débat à venir autour de ce chantier ensemblier.

La convention de coopération que nous signons, à l’issue de ce Comité Régional de l’Eau, entre l’Etat, le conseil régional  et les 3 agences de l’eau, est l’un des résultats concrets de la mise en place de nos échanges et de l’effort collectif que nous souhaitons porter autour de la ressource en eau.

Elle renforcera la coordination de l’action de l’ensemble des partenaires et donne un signal fort d’accélération pour  nos actions de préservation de la ressource  en eau et de restauration des milieux  naturels.

Le préfet de région
Franck ROBINE

 

L’eau en région Bourgogne-Franche-Comté ?

La région  Bourgogne-Franche-Comté est en tête de trois bassins hydrographiques, Rhône- Méditerranée pour 52% du  territoire régional, Seine-Normandie pour 27% et Loire-Bretagne pour  21%. Cette situation lui confère une forte sensibilité car les têtes de bassin versant sont riches  en  milieux fragiles  (petits  cours  d’eau, mares, zones humides...) essentiels au bon fonctionnement du cycle de l’eau.

La présence de karst sur une grande partie de la région  rend  également la ressource  en eau très vulnérable aux pressions anthropiques (bassins d’alimentation très étendus avec souvent des sols peu épais voire inexistants favorisant la contamination des eaux souterraines).

Enfin, la baisse des débits observée depuis quelques années accentue les problèmes de qualité. En effet, historiquement non  soumise aux déficits quantitatifs, la région  Bourgogne- Franche-Comté connaît depuis quelques années des épisodes récurrents de sécheresses sévères. Cette diminution globale  de la quantité d’eau a un impact sur la qualité de l’eau dans une région où elle est déjà très impactée.

 

UNE STRATÉGIE RÉGIONALE SUR LA GESTION QUANTITATIVE

LES SERVICES  DE L’ÉTAT SE MOBILISENT AUX CÔTÉS DES ACTEURS DU TERRITOIRE : 5 ACTIONS CLÉS POUR UNE GESTION DURABLE DE LA RESSOURCE EN EAU EN BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ

En Bourgogne-Franche- Comté,  18 territoires sont identifiés en déséquilibre quantitatif, c’est- à-dire  qu’il  y a inadéquation entre la ressource disponible et les usages. A noter que 7 territoires ont été nouvellement identifiés lors de la révision des  Schémas Directeurs  d’Aménagement  et de Gestion des Eaux (SDAGE) en 2022  ce qui confirme l’impact des sécheresses à répétition que la région  connaît depuis  quelques  années.

Côté usages, c’est l’alimentation en eau potable qui est l’usage majoritaire avec près de 60% des prélèvements en période estivale. Pour le volet agricole  qui représente 20% des prélèvements, la région est peu concernée par l’irrigation mais un fort enjeu existe sur l’abreuvement du bétail. Enfin, 16 industriels sont ciblés comme les plus consommateurs et font l’objet d’une action spécifique.

La multiplication des épisodes de sécheresse, leur régularité et leurs impacts de plus en plus sévères nous poussent à modifier notre action vis-à vis de la ressource  et du manque d’eau. Ce n’est plus seulement sous l’angle de la gestion de crise, mais bien sous celui de l’anticipation par des actions structurelles qu’il  nous faut agir et ainsi limiter les impacts  du  manque d’eau  pour le milieu naturel comme pour les usages. La réalisation de projets de territoire pour  la gestion de l’eau (PTGE), la sobriété des usages et la mobilisation des Solutions fondées sur la Nature (SFN) sont les actions à développer en priorité pour  résoudre ces déficits structurels.

QUALITÉ DE LA RESSOURCE EN EAU : QUELS ENJEUX SUR LA RÉGION BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ ?

En Bourgogne-Franche-Comté, seulement 28% des eaux superficielles sont en bon  à très bon  état écologique. Le déclassement est majoritairement dû au mauvais état morphologique des cours d’eau. Concernant  l’état  chimique, 70% des eaux superficielles et souterraines sont en bon état chimique. Pour les eaux superficielles qui ne sont pas en bon  état, on observe  une pollution très majoritaire par les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) puis par les pesticides. Pour les eaux souterraines, la pollution majoritaire est due aux pesticides et aux nitrates. 

Il ressort de cette analyse 2 enjeux  prioritaires dans la région, la restauration des milieux  aquatiques et la réduction des pollutions diffuses agricoles.

Ces 2 priorités ne doivent pas faire oublier la mise en conformité par rapport aux Eaux Résiduaires Urbaines (ERU) des petites Stations de Traitement des Eaux Usées (STEU) pour lesquelles le transfert de compétences eau et assainissement à l’échelle intercommunale est l’une des clés de la réussite. Des actions sur les micropolluants sont égale- ment à mener pour les HAP et les métaux dans le cadre des actions de Recherche des Substances Dangereuses pour  l’Eau (RSDE).

Cascade des Tufs à Baume-les-Messieurs (39)

Le mot de la présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté
 
L’EAU : GRANDE CAUSE RÉGIONALE

La région  Bourgogne-Franche-Comté tient une place  cruciale   dans  la  France  de  l’eau.  Elle  est en tête de trois bassins hydrographiques, Rhône- Méditerranée pour  52 % du territoire régional, Seine-Normandie   pour   27  %  et   Loire-Bretagne pour  21 %. Cette situation géographique est stra- tégique ; les milieux  riches et fragiles des têtes de bassin étant essentiels au bon fonctionnement du cycle de l’eau.

Le changement climatique et les sècheresses consécutives de ces dernières  années ont  impac- té et impactent fortement et durablement notre territoire, générant restrictions règlementaires, conflits d’usage et tensions sur la ressource. La pro- tection et la gestion  de la ressource en eau consti- tuent un enjeu capital structurel.

Dans ce contexte, forte de son rôle de chef de file de la biodiversité, la Région porte  une  responsa- bilité particulière, aux côtés des autres acteurs de l’eau. Elle intervient dans le cadre de sa compétence générale de protection de la biodiversité au niveau du « grand  cycle  de l’eau », à savoir : la préserva- tion  et la restauration des continuités écologiques ou « Trame  verte et bleue  ». L’action de la Région en  direction  des  collectivités  porte  aussi  bien sur les études, l’animation que  sur les travaux de reméandrement, de restauration des zones humides et d’amélioration de la qualité morphologique des cours d’eau…

De 2017 à 2022, la Région a ainsi consacré  un budget annuel  d’environ 1,7  M€  à la  préservation  de  la trame bleue,  en assurant un rôle d’harmonisation régionale  des politiques des trois agences de l’eau, pour  permettre une bonne  résilience  des milieux et la continuité des services rendus  ; eau potable, abreuvement, loisirs…

Par une approche intégrée, la Région intervient également sur l’aspect qualitatif et quantitatif de la gestion  de l’eau en favorisant la plantation et la restauration  des haies, bosquets  et  arbres  isolés et alignés. Ce soutien  historique et reconnu est précieux également pour  la trame verte ; les haies abritant une riche biodiversité.

Enfin, sur la trame bleue, la Région appuie de façon plus récente et en complémentarité des agences de l’eau, l’émergence des plans territoriaux de gestion de l’eau par bassin versant, encore  appelés « parlements de l’eau ».

Le rôle de la Région dans le domaine de la ressource en eau s’appuie  également sur ses compétences en matière d’aménagement du territoire, de développement économique, d’agriculture mais aussi de lycées. La prise en compte des enjeux de la ressource en eau s’est traduite dans plusieurs stratégies, schémas et plans, comme le plan régional santé environnement. Elle s’est amplifiée plus récemment avec l’intégration d’éco-conditionnalités dans  les politiques  régionales,  qu’il  s’agisse de  re- qualification des espaces publics,  de  rénovation des bâtiments publics,  ou d’aide  aux bâtiments d’élevage… Sobriété, utilisation plus rationnelle, récupération et stockage des eaux de pluie des toitures  doivent devenir des réflexes.  Jusqu’à  fin 2022,  près  de  350  projets portés par les agriculteurs ont permis de récupérer plus de 63 000 m3.

Enfin, la Région travaille activement à la générali- sation  de la prise en compte de l’eau dans toutes ses politiques via l’adoption d’une  Feuille de route régionale  sur l’eau d’ici mi-2024.

Partenariat avec les agences de l’eau : un partenariat indispensable à la préservation de la ressource en eau.

La ressource  en eau appelle  plus que jamais, à l’heure  du changement climatique, des moyens  d’action communs, cohérents et coordonnés. C’est dans cet esprit  qu’est né le projet de conventionnement avec les trois agences de l’eau et l’État dont les grands principes d’intervention sont les suivants :

Apporter des réponses  opérationnelles face au dérèglement climatique, en promouvant une convergence des actions vers des mesures visant l’adaptation des territoires et des acteurs  mais également la séquestration du carbone dans les sols et les milieux  naturels  ;

Promouvoir une approche intégrée des enjeux quantitatifs et qualitatifs liés à l’eau et à la biodiversité à une échelle territoriale pertinente (bassin versant) ;

Privilégier la mise en œuvre de solutions préventives permettant de protéger ou de restaurer la qualité de la ressource en eau et des milieux aquatiques de manière pérenne, en   intégrant la logique  de  réduction des impacts à la source (réduction des intrants) et en privilégiant les solutions fondées sur la nature ;

Encourager l’innovation et l’expérimentation, valoriser et promouvoir les bonnes pratiques ;

Soutenir les têtes de réseaux régionaux  : pôle milieux humides porté par les conservatoires d’espaces naturels, pôle karst  et  réseau des gestionnaires de milieux aquatiques portés par l’EPTB Saône et Doubs, réseau Cap’ter porté par Alterre, réseau des acteurs de l’éducation à l’environnement porté par le Graine, réseau « ressources stratégiques » porté par l’Ascomade…

Accompagnerlesactionsdecommunication, de sensibilisation et d’éducation à la préservation de la ressource en eau et des milieux aquatiques de portée régionale, notamment par la valorisation et la vulgarisation des expérimentations et des bonnes  pratiques  dont les démarches de dialogue territorial ;

Garantir la lisibilité et la cohérence des politiques publiques à l’échelle régionale  ;
Veiller  à la coordination des actions,  des acteurs et des moyens financiers mobilisés.

« L’eau est notre bien commun. Noudevons ensemble en prendre grand soin »

Marie-Guite DUFAY
Présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté

 

Le mot de l’agence de l’eau Loire-Bretagne
 
Les agences de l’eau  ont  pour  mission  principale la restauration du bon état  des milieux  aquatiques et des nappes  souterraines. Pour y parvenir, elles évaluent régulièrement l’état  des  masses  d’eau et, prenant appui  sur cette connaissance,  elles apportent un accompagnement technique et financier des projets favorables à l’eau. Les agences jouent donc  un rôle  clé dans l’impulsion de stra- tégies de préservation de la ressource, mais l’im- pulsion  ne suffit pas. Une fois  les objectifs  et  le programme d’action arrêtés,  leur  mise en œuvre dépend entièrement de la mobilisation locale et de l’action des collectivités, des acteurs économiques ou des associations.  Les agences ne peuvent pas agir seules, elles doivent partout établir des parte- nariats  opérationnels. Les politiques de l’eau sont très largement décentralisées et les collectivités territoriales sont évidemment les partenaires privi- légiés des agences de l’eau.
 
Travaux d’arasement du barrage de Saint-Andoche (71)

À   l’échelle  des  sous-bassins  versants,   l’agence de   l’eau   Loire-Bretagne    travaille  avec   d’autres acteurs du territoire, notamment les conserva- toires des espaces naturels (CEN) et les fédérations de pêche.  Pour  encadrer les projets, l’Agence  de l’eau  propose  aux collectivités  des contrats terri- toriaux  qu’elle  cofinance à plus  de  50 %. Ils per- mettent d’engager  la restauration de la fonction- nalité  des milieux  aquatiques : ici la renaturation des berges de la rivière,  l’aménagement ou l’effa- cement des barrages  qui  entravent la circulation des poissons et des sédiments ; là l’entretien d’une zone humide afin que celle-ci  joue mieux son rôle et retienne l’eau comme le ferait une éponge.  Ces travaux permettent de corriger les altérations physiques  passées et contribuent à renforcer la résilience des milieux naturels face aux effets accé- lérés du dérèglement climatique.

À l’échelle régionale,  les agences soutiennent les politiques économiques sectorielles dans la mesure où celles-ci croisent les objectifs de protection de la ressource  en  eau.  L’agriculture a créé  des mi- lieux  qui,  comme le bocage,  sont  favorables  à la ressource en eau et à la biodiversité. Mais l’agri- culture a également des besoins  d’eau  croissants pour  l’irrigation des plantes  et  l’abreuvement du bétail. Pour permettre la mobilisation du FEADER, les agences collaborent donc  avec les autorités de gestion des fonds européens : la région Bourgogne- Franche-Comté, pour  le développement des infrastructures écologiques telles que  les haies et le financement des investissements, qui permet- tront par exemple  de remplacer l’usage de désher- bants par un travail mécanique du sol ; les services de l’État  en Région pour  le cofinancement des mesures agri environnementales et de la conver- sion à l’agriculture biologique. Qu’il s’agisse d’aider les investissements ou de valoriser les bonnes  pra- tiques,  l’objectif est  toujours  d’aider l’agriculteur à réduire l’impact de son activité sur la qualité de l’eau tout en renforçant la résilience  de son exploi- tation face aux aléas du dérèglement climatique.

La convention entre  la région  Bourgogne Franche-Comté, la préfecture de Région et les trois agences de l’eau et est donc  à la fois la traduction concrète  de  notre partenariat  et  un  pas supplé- mentaire vers son renforcement.

La question de l’Eau est centrale et nous avons collectivement la responsabilité de mettre tous les moyens en œuvre pour  garantir une eau en quantité et en qualité pour  tous nos concitoyens.

Martin GUTTON
Directeur général de l’agence de l’eau Loire-Bretagne

 

Le mot de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse
 

La  moitié  Est   du   territoire   régional   de   Bour- gogne-Franche-Comté est incluse dans le grand bassin du Rhône et de la Méditerranée. Cette « tête de bassin » fait l’objet d’attentions toutes parti- culières de la part de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, en raison  des multiples pres- sions  qu’y  subissent  les eaux  souterraines  et  les cours d’eau : pollutions de toutes natures, artifi- cialisation, prélèvements excessifs pour  les usages, etc. Remédier  à ces problèmes nécessite  plus que jamais une mobilisation conjointe et coordonnée des principaux acteurs régionaux.  C’est tout l’objet de la convention signée le 17 janvier qui met en place un espace de dialogue  privilégié sur les sujets liés à l’eau entre  la Région, l’État et les agences de l’eau.

La Cent-Fonts après restauration (21)

Cette  convention précise  avant  tout des  objec- tifs communs et des principes d’actions partagés pour  renforcer l’efficacité collective. Elle consti- tue une déclinaison opérationnelle du Contrat de Plan État-Région Bourgogne-Franche-Comté 2021-2027 dans lequel l’ensemble des cosignataires sont fortement mobilisés.

Au  cœur   des  thématiques  de  ce  travail parte- narial figurent bien évidemment toutes les pistes d’action permettant d’améliorer la résilience  du territoire régional  face aux évolutions du climat. Le comité de bassin Rhône Méditerranée a approuvé le 8 décembre 2023  son nouveau  plan  d’adapta- tion  au changement climatique. Ce  plan  établit un diagnostic de vulnérabilité de l’ensemble des sous-bassins versants  au regard  de  différents en- jeux tels que  la baisse de la disponibilité en eau, l’assèchement des sols, ou la détérioration de la qualité des eaux, et il propose des solutions opéra- tionnelles pour  réduire ces vulnérabilités, comme la désimperméabilisation  des sols et  la renaturatement la nécessité d’approches communes et coordonnées, dans la mesure  où la Région, l’État et les agences de l’eau sont chacun  en mesure d’apporter une part des financements nécessaires à la réalisation des projets.

Chantier de restauration du Lac de Chambly (39)

Autre illustration de l’intérêt de ce partenariat, si la gestion  de l’eau s’organise avant  tout selon des périmètres hydrographiques interrégionaux, la plupart des réseaux d’acteurs restent fortement structurés  selon  des  logiques   régionales   ce  qui justifie complètement d’agir à cette échelle. Il peut s’agir notamment des chambres consulaires ou des réseaux associatifs mobilisés  sur la protection de l’environnement,  l’éducation  à  l’environnement ou  la transition écologique de  manière  générale. L’accompagnement de tous ces partenaires, dont l’action quotidienne est indispensable à la mobi- lisation  du plus grand  nombre autour des enjeux de l’eau, doit se faire de manière  conjointe entre les différents financeurs dont l’État, ses opérateurs et la Région, afin que des orientations stratégiques claires et des plans d’actions thématiques cohé- rents puissent être établis.

L’agence Rhône-Méditerranée-Corse se félicite vivement  du  renforcement  de  son  partenariat avec la Région Bourgogne-Franche-Comté. Ce partenariat est indispensable pour  la reconquête du bon  état  des eaux et l’adaptation au change- ment climatique.

Nicolas CHANTEPY
Directeur général adjoint de l’agence de l’eau
Rhône-Méditerranée-Corse

 
Le mot de l’agence de l’eau Seine-Normandie
 

Chargée  de la gestion  intégrée de la ressource  en eau sur le bassin hydrographique de  la Seine et des cours d’eau normands, l’agence de l’eau Seine- Normandie se réjouit de la signature  de ce parte- nariat  avec la Région Bourgogne  Franche Comté, territoire qui voit naître notre emblématique Seine.



La Seine, à Brémur et Vaurois (21)

Cette convention doit nous permettre d’accélérer le partage,  avec les acteurs régionaux,  des orien- tations et objectifs fixés dans les Schémas d’amé- nagement et de gestion  des eaux (SDAGE) de cha- cun de nos trois grands bassins, qui constituent LA référence en matière de  planification de  la poli- tique de l’eau, et auxquels se trouvent adossés des stratégies  ou  plans  d’adaptation au changement climatique votés par nos comités de bassin.

Les sources de la Seine, à Sources-Seine (21), propriété de la ville de Paris.

Soulignons  en particulier la nécessité de renforcer notre coopération sur la protection de la biodiver- sité terrestre, thématique dont la région est cheffe de file et domaine d’intervention qui ne cesse de se renforcer pour  les agences de l’eau depuis 2016, dans la continuité de notre objectif historique de préservation des écosystèmes aquatiques et des milieux  naturels  humides.

Dans les projets d’aménagement et  de  dévelop- pement du territoire régional,  l’accélération du recours aux Solutions  Fondées sur la Nature, si sou- vent autant bénéfiques à l’eau qu’à la biodiversité, doit être un objectif partagé  majeur.  C’est égale- ment le cas de la restauration des continuités éco- logiques,  objectif incontournable pour  répondre à l’effondrement de la biodiversité, dont la cause première reste la destruction et l’artificialisation des habitats naturels.

L’Yonne, à Trucy-sur-Yonne (89)

Elle offre un cadre privilégié pour déployer les priorités d’actions de nos programmes d’intervention à l’échelle régionale  et assurer la coordination des acteurs pour donner davantage de lisibilité, de cohé- rence  et d’efficacité à l’action publique. C’est ce que prônait le plan eau dès mars 2023 et ce que la COP régionale dédiée à la planification écologique, qui s’est tenue le 13 décembre dernier à Dijon en présence du Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion  des territoires, a réaffirmé.

De la même  manière,  le partage  de l’eau et la gestion  équilibrée de  la ressource  est  un  enjeu  qui prend une importance croissante sur les têtes de bassins versants qu’accueille la Bourgogne Franche Comté. Nos interventions respectives ne sauraient faire l’impasse  sur cette question et doivent inté- grer l’intensification des effets du changement climatique. L’émergence et  la mise  en œuvre  de Projets de territoire pour la gestion de l’Eau (PTGE), cohérents avec les SDAGE et le SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires), sont  indispen- sables pour  réussir à protéger la ressource en eau et les milieux naturels, tout en préservant la vitalité des territoires.

Sandrine ROCARD
Directrice générale de l’agence de l’eau Seine-Normandie

 

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