Info+ :
En savoir plus sur le SIRK
Du 1er au 30 avril 2025
Six lieux
Une trentaine d’artistes
Depuis 10 ans, l’association RISK organise un festival de musiques électroniques à Dijon métropole : le SIRK. Malgré les encouragements du public et des partenaires, l’évènement, prévu du 1er au 30 avril, préfère garder son envergure locale tant du point de vue des fournisseurs que du public et ainsi s’inscrire dans une démarche plus globale de respect des enjeux de société.
On peut faire le SIRK tout en réduisant son empreinte carbone. Les organisateurs de ce festival de musiques électroniques en sont convaincus. Alors que la dixième édition se profile du 1er au 30 avril dans six lieux de Dijon métropole, l’évènement affiche avec une certaine fierté son bilan carbone, établit à partir des données recueillies en 2024 par un cabinet indépendant. « Notre modèle est plutôt vertueux, et pourrait même être un modèle à suivre car il s’avère compétitif sur le plan carbone » introduit Nicolas Giller, directeur artistique et programmateur de l’association RISK.
En chiffre, le bilan carbone de l’édition 2024 du SIRK représente 76 tCO2e, c’est-à-dire la tonne d'équivalent dioxyde de carbone. Plus concrètement, cela représente l’équivalent de la consommation de 8,2 foyers français pendant un an. Si la quantité apparait déjà conséquente pour certain, le festival se situe loin derrière la moyenne de ses homologues. Le rapport Déclic qui s’est penché sur la question et qui sert de point de comparaison au SIRK, annonce quant à lui que les festivals du panel émettent en moyenne 742 tCO2e.

Les clés de réussite
Pour se targuer d’un tel écart, le SIRK a examiné tous les facteurs relevant de son bilan carbone à commencer par le plus important impact : la mobilité des spectateurs. « Nous avons toujours voulu un festival local, défini par notre bassin de population plutôt qu’un évènement démesuré. Le SIRK n’est pas conçu pour attirer toute la France. » D’ailleurs 90 % du public résident dans la région et 75 % sur le territoire de Dijon métropole où se déroulent les concerts. « En moyenne, le public fait neuf kilomètres pour se rendre au festival et opte à 60 % pour les mobilités douces et à 14 % pour les transports en commun. » Les organisateurs mettent également en place des navettes ou des départs groupés en vélo pour se rendre, par exemple, sur le site plus éloigné de l’aérodrome.
La mobilité concerne également les artistes et là encore, le festival réfléchit à leur impact. « En programmation, on ne s’autorise pas tout comme des artistes américains ou alors on s’associe à d’autres programmateurs pour réduire l’impact du déplacement. » En parallèle, le SIRK édite une charte destinée aux artistes et met à leur disposition des outils pour calculer leur impact carbone et les encourager à privilégier le train notamment. « En nombre de trajets, le train est largement utilisé et représente 62,37 % des trajets des artistes pour 42,59% des kilomètres parcourus. L’avion quant à lui, ne représente que 10 % des trajets pour près de 42% des kilomètres parcourus par les artistes » précise le rapport du festival.

Plus cher mais plus local
Autre point d’impact important, les intrants. « Il s’agit de tout ce que nous apporte nos fournisseurs, des boissons au matériel de son, et du cycle de vie de ces produits. Il y a ensuite le fret pour la livraison. Là, nous n’avons plus les cartes en main, cela dépend de nos fournisseurs. » Pour se montrer le plus vertueux possible, le SIRK mise toutefois sur les boissons softs et autres jus de fruit locaux tout comme la bière. « On ne trouve pas les grandes marques de boissons pétillantes sur nos évènements. » Une exception toutefois, une marque de bière internationale qui complète l’offre de cinq producteurs du territoire en raison des équipements fournis, les tireuses plus adaptées à un public nombreux. « Passer au local revient souvent 20 à 30 % plus cher mais c’est un choix stratégique de valorisation. »
En 2024, 9 000 entrées ont été vendues pendant le mois de festival et c’est très bien ainsi pour les organisateurs. « On préfère le local au rayonnement même si on nous pousse à faire plus gros pour attirer plus de monde. » Pendant le mois d’avril, une centaine de bénévoles s’apprêtent à œuvrer à nouveau pour faire vivre la trentaine d’évènements du SIRK au stade Gaston Gérard, à la Vapeur, au Consortium, au boulodrome, au cellier de Clairvaux et à l’aérodrome. A n’en pas douter, ils s’y rendront en vélo ou en tram, et vous ?
Nadège Hubert