Les amoureux des rivières et canaux s’apprêtent à se retrouver à l’occasion de la 10ème édition du salon fluvial de Saint-Jean-de-Losne qui se déroulera du 25 au 27 avril prochain. Professionnels et particuliers flâneront nombreux sur les quais, rappelant que la commune reste le plus grand pôle fluvial de France.
Avec ses 650 anneaux d’amarrage, le port de Saint-Jean-de-Losne ne peut pas démentir sa réputation d’être une ville tournée vers les activités fluviales. Depuis dix ans, la commune a relancé son salon dédié dont la prochaine édition se tiendra du 25 au 27 avril. Après une journée consacrée aux professionnels, le grand public, passionné, profitera du week-end pour rencontrer les acteurs de la filière. « Saint-Jean-de-Losne bénéficie d’une reconnaissance internationale auprès des amateurs avec pas moins de 27 nationalités qui viennent. Nous espérons faire découvrir le fluvial à une échelle plus locale » explique Marie-Line Duparc, maire de Saint-Jean-de-Losne.
A côté des Américains, des Allemands, des Anglais ou encore des Néo-zélandais qui naviguent sur les canaux et rivières du territoire, l’élue souhaite « ramener les Français vers leurs voies navigables. Ils ont tourné le dos à ce patrimoine, pourtant l’un des plus beaux. Outre-Rhin, par exemple, on voit des bandes jeunes qui voyagent en bateau. » Même si les Français lui semblent encore loin de cette image, elle constate toutefois un regain d’intérêt pour le slow tourisme avec des familles qui se tournent vers les voies navigables, rendues de plus en plus attractives par les pistes cyclables qui leur sont associées.
Un salon pour découvrir
Pendant trois jours, le salon fluvial réunira les professionnels du secteur en un même lieu, facilitant la découverte des néophytes et apportant des services nécessaires aux plus expérimentés. Touristes ou propriétaires de bateau, entre 5 000 à 9 000 visiteurs sont attendus selon la météo pour rencontrer une cinquantaine d’exposants. « On pourra naviguer, voir des options les plus accessibles jusqu’aux produits de luxe car tout est disponible à Saint-Jean-de-Losne. Nous avons tous les formats de bateaux fluviaux. » Certains se sont peut-être déjà rêvé à la barre d’un navire, d’autres préfèreront se laisser porter sans se soucier des écluses à franchir, … Tous sont attendus.

Le poids de l’eau
Au-delà du salon, le secteur fluvial assure une activité économique à Saint-Jean-de-Losne, chaque bateau ayant un impact sur la commune et plus largement le territoire. Si aucun chiffre précis n’est disponible pour mesurer le nombre de bateaux qui passent par le port de Saint-Jean-de-Losne, la communauté de communes Rives de Saône dispose de quelques indications : 22 paquebots fluviaux, plus de 130 mètres de long, ont fait escale en 2024, tout comme 173 péniches-hôtels. 650 bateaux sont passés par le pôle fluvial de Saint-Jean-de-Losne, Saint-Usage et Losne. VNF complète les données en précisant avoir compté un peu plus de 1 600 passages, le meilleur score de fréquentation depuis 2021. Enfin le port abrite 150 emplois avec 40 métiers différent.
« Selon les estimations de VNF, 30 bateaux par an apportent un million d’euros de retombées économiques tandis que 10 bateaux conduisent à la création d’un emploi. » A titre d’exemple, Marie-Line Duparc mentionne les imposants bateaux croisières qui déversent des flots de touristes à la haute saison. « Un paquebot qui s’arrête, c’est 200 orchidées commandées chez la fleuriste mais aussi un buraliste dévalisé. Ce sont aussi des passagers ou des propriétaires aisés qui dorment dans les hôtels à Beaune et Dijon, descendent dans les caves, visitent le patrimoine… » Le camping de Saint-Jean-de-Losne ne connait pas réellement de basse saison, rempli à 60% en hiver grâce au camping-car des propriétaires de bateau de passage. Les restaurants affichent régulièrement complets pendant l’été tandis qu’une boulangerie devrait bientôt ouvrir. « Nous travaillons à la réouverture d’un supermarché de 600 mètres carrés à deux pas du port. Nous accueillons des touristes qui ont envie de consommer et de se faire plaisir. »

L’activité fluviale pèse aussi sur l’emploi dans la commune de 1 100 habitants puisqu’entre 150 et 250 personnes travaillent sur le pôle, selon les saisons. Pour satisfaire aux besoins de cette activité, l’élue regrette que les entreprises locales manquent de main d’œuvre. « Nous avons une saisonnalité de mars à octobre. Ce sont des métiers passion, 40 environ pour la filière, avec des périodes en flux tendu. On manque aussi de matelots, notamment depuis le Brexit. » Fervente défenseuse de l’activité fluviale qui contribue pleinement à inscrire Saint-Jean-de-Losne sur la carte de France et d’Europe, Marie-Line Duparc assume son côté marin d’eau douce car selon elle, « rien ne vaut d’entrer dans une ville en bateau. »
Nadège Hubert