Sobriété des territoires, un vilain mot ?

28 août 2025

L’ADEME organisait à Dijon ce 28 août une première en France : une journée consacrée à la sobriété dédiée aux collectivités. Longtemps tabou, la notion devient incontournable, d’autant qu’elle s’accompagne d’économies et répond désormais à un enjeu de société.

Longtemps mal vue par les élus, la notion de sobriété a désormais le vent en poupe dans la construction des projets territoriaux. Pour guider les élus dans cette nouvelle approche, l’ADEME Bourgogne-Franche-Comté organisait, pour la première fois en France, une journée dédiée aux collectivités sur ce thème. « Avec la crise en Ukraine et la COP régionale, de nouvelles questions stratégiques émergent. Il y a deux ans, la sobriété n’était pas politiquement correcte tandis que maintenant la question est clairement mise sur la table » souligne Adrienne Simon-Krzakala, directrice de l’ADEME BFC.

Désormais les questions de l’eau, du numérique, du foncier, de l’énergie, de la mobilité, de la consommation ou encore de l’alimentation doivent aussi être envisagées sous l’angle de la sobriété. « Il faut prendre le sujet de façon transversale ! » L’ADEME a donc apporté des exemples concrets autour de différentes thématiques. Le maire de la commune de Le Séquestre dans le Tarn a par exemple partagé son expérience pour répondre à la question : « Comment intégrer la sobriété dans une politique globale de la collectivité ? ». Parmi les autres thématiques abordées : le maire de Muttersholtz, dans le Bas-Rhin, s’est inscrit dans le sujet « Collectivités et participation citoyenne : embarquer la population dans une approche territoriale ». Sur le sujet « Rassembler autour de la sobriété : travailler sur les discours, le récit et l’amélioration du quotidien », l’assemblée a pu entendre les témoignages du président de la communauté de communes du Clunisois ou encore celui du vice-président de Roches-Aux-Fées Communauté. Plus localement, le directeur du Syndicat mixte du Mont d’Or a amené à s’interroger sur « Comment développer l’économie, faire émerger et soutenir une offre plus sobre sur son territoire ? ».

DR - Adrienne Simon Krzakala

Oser essayer

« L’expérimentation est une bonne façon de mettre en pratique avant de se décider et les exemples aident les élus à se projeter » précise Adrienne Simon-Krzakala. Pour sensibiliser les élus à la sobriété, l’ADEME met aussi l’accent sur l’économie, graal que recherche constamment les collectivités face à des dotations et des ressources à la baisse. « Le point de départ, c’est le financement mais il y a aussi un travail à mener pour embarquer les services. La formation est nécessaire pour expliquer les choses. »

Les services des espaces verts ont notamment fait évoluer leur pratique au fil des ans. Qu’il est loin le temps où chaque année les jardiniers remplaçaient les fleurs des bacs par de nouvelles sans se soucier de leur acclimatation. Désormais la question de la ressource en eau entre dans l’équation quand il s’agit de choisir quelles essences seront les plus appropriées tout comme celle de l’ombrage apporté pour créer des ilots de fraicheur.

Le besoin comme point de départ

« Les questions partent du besoin et à partir de là, on cherche les solutions. On peut alors mutualiser les usages ou les moyens pour réduire les consommations et les budgets. » Une approche qui s’inscrit tant dans l’intérêt des caisses des communes que dans celui du bien-être des concitoyens. « L’idée n’est pas de ne plus rien faire ni construire mais de faire autrement, de s’appuyer sur les productions locales notamment. Il faut être sobre. » Adrienne Simon-Krzakala rappelle que bien que les émissions de gaz à effet de serre affichent une tendance à la baisse grâce à la décarbonation, la courbe des consommations poursuit sa croissance, comme celle des kilomètres parcourus.

Pour encourager de bonnes pratiques, l’ADEME mise sur l’échange et la discussion pour réinventer des modes de fonctionnement collectif. En ville comme à la campagne, il faut tout autant trouver des innovations sociales que retrouver un certain bon sens paysan pour recréer du vivre ensemble bénéfique aujourd’hui et demain.

Nadège Hubert

 

 

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