Après le départ de Marie-Guite Dufay, démissionnaire de son siège de présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, l’assemblée a élu Jérôme Durain à cette fonction. A la tête de la collectivité, il entend notamment simplifier les relations avec les élus communaux.
« Je ne veux plus entendre que la Région c’est loin et compliqué. Nous devons faire face à la simplification et la proximité », a insisté Jérôme Durain, à peine élu à la présidence du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Parce que tous les maires ne disposent pas de l’ingénierie nécessaire pour monter les dossiers et trouver les financements à leur projet, il veut s’attaquer à l’enjeu de méthode qui le lie aux collectivités locales. « J’ai envie de rencontrer les maires. Nous connaissons leurs besoins car ils nous ont interpellés sur la complexité des dossiers. »
Pour autant, le nouveau président régional ne veut pas renier sur les engagements environnementaux. « Il faut être exigeant notamment sur l’éco-conditionnalité. On ne peut pas investir de l’argent public dans du bas de gamme qui ne durera pas dans le temps et qu’il faudra refaire. » Il entend toutefois les attentes des élus quant aux modalités, et veut s’adapter à ce public « qui se gratte la tête devant un dossier ». Jérôme Durain imagine par exemple un principe de confiance susceptible de se substituer à une litanie de pièces justificatives interminables, qu’il faut parfois renvoyer.
Au registre de la ruralité, il a également insisté sur le problème d’un narcotrafic qui se déploie partout sur le territoire, sans exception. « J’ai une vision de gauche sur la sécurité. C’est un service public qui exige des moyens. C’est une valeur de gauche car les victimes sont les plus démunies dans les quartiers populaires. Quand on est de gauche, on est engagé pour les plus modestes. » Assumant une nécessaire dimension répressive, il préconise toutefois de la prévention en complément.
Fierté régionale
Dans son discours, le président a également mis en avant son souhait de renforcer une certaine fierté locale. « Je ne veux pas laisser le sentiment que le RN est dépositaire de la fierté territoriale. Les gens doivent être fiers de leur région et cela passe par une communication dont nous devons être tête de réseau. Si nous ne disons pas que nous avons une région formidable, qui le dira pour nous ? »
Volet essentiel de l’attractivité, l’économie n’a pas été laissée de côté. « Nous avons des ressources pour faire prospérer l’industrie mais il faudra se remonter les manches. » Autre filière économique en lien direct avec la région, l’agriculture, qui n’a pas manqué de montrer son insatisfaction dans le traitement par la collectivité des subventions européennes. « Il nous faut une meilleure organisation. On se retrouve dans un formalisme distant alors que l’agriculture demande une chose simple : un référent stable dans les contacts et plus de proximité. » Plusieurs défis attendent le nouveau président, qui s’inscrit toutefois dans une démarche « de changement dans la continuité ».
Nadège Hubert