Avec la pose de la première pierre du quartier Bruges 2, Dijon voit un projet de plus de 20 ans devenir peu à peu une réalité. Fort d’une identité nordique, il répondra à un double enjeu : le besoin de logement et les impératifs environnementaux.
« Nous devons concilier logements et environnement. Nos concitoyens veulent de la végétalisation », a insisté Nathalie Koenders, maire de Dijon. Avec les 379 logements de la première tranche de construction du quartier Bruges 2, la ville espère atténuer la tension qu’elle connait sur le marché immobilier. « 70 % de la production de logements neufs servent à installer des Dijonnais déjà présents dans la ville. À côté, nous enregistrons une croissance démographique juste et maitrisée de 0,5 %. » Le futur quartier intégrera un parc urbain ainsi que 5 000 mètres carrés de surface de maraichage urbain sacralisés.
Le futur quartier, tourné vers les canaux de Guise, limitera aussi le nombre de voitures et prévoit un parking en silo puisqu’aucun sous-sol n’est prévu pour préserver les sols et parer au risque d’inondations. Les constructeurs quant à eux auront recours à du béton bas carbone. « Ce quartier se situe en proximité du centre-ville avec un accès à la nature, c’est un lieu de promenade autour de la nouvelle coulée verte. »

Un logement pour tous
L’édile a également mis l’accent sur les 40 000 étudiants de la ville. Alors que dans certaines grandes villes certains sont contraints de loger dans des garages ou des mobil-homes, Nathalie Koenders se réjouit que le projet Bruges 2 intègre une résidence étudiante avec 177 logements. « Ceux qui choisissent de vivre ou d'étudier à Dijon doivent avoir un logement décent. » Le quartier comptera aussi 103 logements familiaux avec services, 47 logements locatifs intermédiaires ainsi que 24 logements à loyer modéré portés par Grand Dijon Habitat.
Une longue histoire

Avant que la première pierre ne soit posée le 5 septembre, le projet de Bruges 2 a connu une longue maturation, plus de 20 ans. « Quand il voyait une friche, il ne pensait qu’à la transformer pour reconstruire la ville sur elle-même », se souvient François Rebsamen, président de Dijon métropole et ancien maire de Dijon, qui évoque Pierre Pribetich, son ancien adjoint à l’urbanisme. « Ensemble, pendant 23 ans, nous avons construit la ville d’aujourd’hui. »
Bruges 2 a ainsi d’abord été pensé en 2003 avant de concourir au niveau européen en 2005. Le projet ne pouvant aboutir, un nouveau cahier des charges a été pensé autour de l’écologie. Des maisons sur pilotis ont été un temps envisagées mais finalement les élus y ont renoncé pour ne pas se confronter à d’éventuels recours. « Les recherches sur le site ont découvert un cimetière des pestiférés, donc cela a retardé le projet », précisent les deux porteurs de projet. Le covid a ensuite ralenti les procédures mais la première tranche de Bruges 2, confié à Linkcity, verra bien le jour au premier semestre 2027 avant qu’une seconde tranche ne démarre et aboutisse à plus de 300 logements complémentaires.
Nadège Hubert


