Les pleurants, toute une histoire !

17 septembre 2025

Il aura mis 80 ans à revenir sur sa terre natale mais le 10ème pleurant, personnages incontournables du patrimoine dijonnais, a retrouvé sa place au musée des Beaux-Arts. 

Communiqué de presse

 

80 ans après son départ et une histoire rocambolesque, le 10e pleurant néogothique revient dans les collections du musée des Beaux-Arts enrichir l’histoire des fameux tombeaux et ce, grâce au don généreux d’un couple de collectionneurs britanniques. Le vendredi 12 septembre à 18h30 une cérémonie de remerciement en présence des donateurs est organisée.

Nathalie Koenders se réjouit du retour du 10ème pleurant © Philippe Bornier


La restauration des tombeaux : prémices 


Entre 1818 et 1827, dans une optique de sauvetage, les tombeaux des ducs de Bourgogne sont remontés au musée des Beaux-Arts de Dijon, les vicissitudes de la Révolution françaises les ayant gravement endommagés. À cette date, le cortège des pleurants est largement lacunaire et les conservateurs du musée qui se succèdent tentent de le reconstituer en récupérant les statuettes souvent volées dans la cohue de la Révolution. 
Entre 1820 et 1827, 10 pleurants sont commandés au sculpteur Joseph Moreau pour remplacer les originaux alors manquants au sein du cortège des statuettes originales du XVe siècle. En 1932, l’ordre du cortège est revu en référence à des descriptions et dessins anciens. Par souci de véracité historique, ces pleurants du XIXe sont alors retirés des arcades des tombeaux. En 1939, en prévision de la Seconde Guerre mondiale, les pleurants médiévaux sont descellés pour envoi en protection au château de Châteauneuf. Leur retour est l’occasion de retravailler l’ordre du cortège d’après de nouvelles sources. Dans ce contexte, Pierre Quarré, conservateur du musée des Beaux-Arts de Dijon, se met en quête des pleurants médiévaux manquants.


Les pleurants néogothiques au XXIe siècle

Aujourd’hui, le musée des Beaux-Arts de Dijon a à cœur de reconstituer l’histoire des tombeaux et de valoriser leurs évolutions. La sculpture romantique et néogothique du début du XIXe
siècle a par ailleurs retrouvé un intérêt auprès des historiens de l’art depuis les années 1980, particulièrement depuis l’ouverture du musée d’Orsay et l’exposition de référence consacrée à la sculpture française du XIXe siècle en 1986.

Le 10ème pleurant a rejoint le musée des Beaux Arts de Dijon © Philippe Bornier


Les collections de la période romantique sont riches au musée des Beaux-Arts de Dijon. Une salle du parcours permanent est consacrée à cette relecture du passé national par les artistes français et spécifiquement régionaux à l’époque romantique et tout au long du siècle. Depuis 2013, les 9 pleurants néogothiques sont exposés non loin des cénotaphes. Cet épisode de l’histoire des tombeaux permet d’évoquer les divers concepts liés à la restauration des œuvres, telle qu’on l’entend aujourd’hui. L’étude des comptes de la restauration des tombeaux
au XIXe siècle permet également de détailler davantage les rôles de chaque membre de l’équipe de restauration des années 1820. Le nom du sculpteur Victor Couchery notamment apparaît en 1822. Il est l’assistant des sculpteurs Joseph Moreau et Louis Marion. On y précise qu’il est payé pour l’élaboration d’un pleurant « neuf ». L’inscription « Couchery » au crayon à papier à l’arrière du dixième pleurant corroborerait cette assertion. Le fait que le dixième pleurant soit la seule copie servile de l’ensemble pourrait nous permettre d’imaginer en effet un auteur différent. À ce jour, aucune étude stylistique n’a été menée sur les 10 pleurants néogothiques. L’arrivée du dernier venu permettrait d’affiner ainsi son attribution.

Retour du 10e pleurant néogothique au musée des Beaux-Arts de Dijon

Contactés l’été 2024 par la direction des musées et sensibilisés par son intérêt pour leur statuette, Paul Williamson et son épouse Emma acceptent de s’en dessaisir et proposent de l’offrir au musée de Dijon de sorte que l’ensemble des 10 pleurants du XIXe siècle puisse être reconstitué et présenté au public. du XVe existant, dit le n°16 du tombeau de Philippe le Hardi. 


Paul Williamson et son épouse Emma © Philippe Bornier

Photo d'accueil © Philippe Bornier

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