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ABO Energy compte déjà trois projets photovoltaïques en Côte-d’Or, à Bligny-lès-Beaune, La Rochepot et Auxonne ainsi que des projets éoliens à Frolois, Nesle et Massoult, Louesme et Courban.
CVE travaille déjà sur la commune de Grancey-sur-Ource.
Pour diversifier ses ressources, la commune d’Auxonne a mis en location un ancien site de déchets inertes afin qu’il se transforme en centrale photovoltaïque. Confié aux entreprises Abo Energy et CVE, le projet devrait être opérationnel au premier trimestre 2027.
40 000 euros par an pendant 30 ans devraient retomber dans les caisses de la ville d’Auxonne grâce à la centrale photovoltaïque en construction sur son territoire. À l’automne 2020, la collectivité cherchait à diversifier ses ressources et a été sollicitée par plusieurs entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables. « Nous avons choisi ABO Energy car leur proposition était plus intéressante mais aussi parce que l’entreprise a un site à proximité de notre ville jumelle, Heidesheim », sourit Jacques-François Coiquil, maire d’Auxonne, qui a positionné son projet de centrale photovoltaïque sur un ancien site de déchets inertes. En 2021, ABO Energy lance l’étude d’impact et la concertation préalable volontaire. « Nous voulions rencontrer les habitants et le public. Le projet a toujours été bien accepté », explique Baptiste Hillairet, responsable des projets photovoltaïques chez ABO Energy. En avril 2022, l’entreprise dépose le permis de construire qui sera accepté en juillet 2024. Autre date importante dans le calendrier du projet, avril 2025. À cette époque, ABO Energy, en tant que développeur de projet, cède celui d’Auxonne à l’entreprise CVE, producteur d’énergie. Les étapes se suivent pour aboutir au lancement des travaux d’entretien du site après le dépôt d’un permis de construire modificatif pour suivre les indications du SDIS. « Au cours des prochains mois, nous aurons une période de réserve environnementale pour arracher une espèce envahissante, non endémique, afin qu’elle ne se disperse pas sur les terres agricoles », souligne Céline Carment, responsable territoriale Nord-Est de CVE.

De l’énergie et de l’économie
L’équipement devrait être disponible au premier semestre 2027 et produire l’énergie équivalente à la consommation de 2 450 habitants. « Ce projet s’inscrit dans la diversification énergétique et dans le développement des énergies renouvelables. Cette énergie verte sera utilisée au plus près de sa zone de production, donc par les habitants. » Des Auxonnais qui profiteront également des retombées économiques de l’investissement nécessaire à la construction de la centrale photovoltaïque, soit environ quatre millions d’euros. « Quand il y a des chantiers, les entreprises sollicitent les agences d’intérim du territoire pour avoir de la main-d'œuvre », complète le maire.

Gagner plus d’argent
Pour l’édile, la future centrale photovoltaïque contribuera également à enrichir les caisses de la ville dans le cadre d’une stratégie globale. Sur 30 ans, la commune devrait encaisser 1,2 million d’euros de loyer tandis que la communauté de communes Auxonne-Pontailler-Val de Saône aura 472 000 euros de retombées financières et 275 000 euros pour le Département.
À côté, le maire rappelle que d’autres ressources vont enrichir la commune. « Une aire de stationnement touristique s’installe tandis que la rénovation d’un bâtiment nous permettra d’accueillir le service comptable de la DGFIP. » Auxonne a également élargi la zone d’occupation de l’antenne de l’hôpital dijonnais de la Chartreuse au sein du château de la ville, engendrant un loyer plus conséquent. Passée en Zone France Ruralité Revitalisation, Auxonne pourrait en tirer des avantages que le maire avait évoqués au cours de ses vœux en janvier dernier : « Ce passage nous permet à la fois d’être attractifs fiscalement et socialement pour des porteurs de projets et des professions libérales et médicales, mais aussi nous apporte pendant cinq ans une bonification des dotations de l’État, faut-il encore une fois qu’un budget soit voté. C’est plus de 300 000 € chaque année que nous pourrions recevoir grâce à ces investissements. » Avec ces différentes ressources financières, le maire estime aujourd’hui à 280 000 euros sur cinq ans les entrées d’argent, soit l’équivalent des coûts de fonctionnement de la nouvelle piscine. Le compte est bon.
Nadège Hubert