L’été s’est achevé à Dijon, laissant derrière lui un bilan touristique stable par rapport à 2024. Contrairement à d’autres territoires, Dijon Métropole n’est pas victime de surtourisme et véhicule des ambitions tant pour le tourisme international que le tourisme d’affaires.
Entre juin et août 2025, Dijon Métropole a enregistré deux millions de nuitées, soit 0,2 % de moins qu’en 2024 mais toutefois 2,5 % de plus qu’en 2023. « Depuis janvier 2025, nous avons compté 4,56 millions de nuitées. Dijon confirme son attractivité grâce à un modèle solide, robuste, qui montre sa résilience », a souligné François Rebsamen, président de Dijon Métropole.
Se connecter à sa clientèle
La clientèle française représente 55 % des visiteurs. « Ils viennent des régions avec lesquelles nous avons de bonnes connexions comme l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou encore le Grand Est. » L’élu insiste sur la nécessité de rétablir la liaison entre Dijon Métropole et l’aéroport Charles de Gaulle pour assurer une connexion avec l’Ouest du pays via Marne-la-Vallée. « Alstom a pris du retard dans ses commandes, il faudra donc attendre 2028. » Du côté de la clientèle étrangère, Dijon Métropole constate un recul des touristes venus d’Europe du Nord comme les Pays-Bas ou l’Allemagne tandis que les Chinois renouent avec la région. « Nous pourrions élargir notre socle français et diversifier encore notre clientèle étrangère. L’attractivité est la clé du tourisme international. »
Alors que 200 000 visiteurs se sont déplacés dans les musées dijonnais au cours de l’été 2025, l’office de tourisme a accueilli 110 000 touristes. L’activité la plus plébiscitée reste, sans surprise, la tour Philippe le Bon tandis que les ateliers moutarde ou Dijon découverte ont trouvé leur public. « Notre tourisme répond aux attentes d’authenticité et d’accessibilité. »
Des affaires qui marchent
Parmi les touristes qui ont posé leur valise à Dijon au cours de l’été, à n’en pas douter, certains avaient découvert la ville à l’occasion d’un congrès. En effet, les études montrent que trois congressistes sur quatre envisagent de revenir à Dijon Métropole en famille. « Ce tourisme d’affaires génère 50 millions d’euros de retombées locales. » François Rebsamen insiste sur la capacité du territoire à recevoir des évènements d’envergure nationale mais aussi sur la restructuration du parc des expositions avec un budget de 62 millions d’euros afin de renforcer ses outils d’accueil.

Le tourisme plus classique contribue lui aussi à générer des revenus. Sur les six premiers mois de l’année 2025, la taxe de séjour a permis de toucher 1,6 million d’euros contre 2,7 millions pour l’ensemble de l’année 2024. La boutique de l’office de tourisme a quant à elle enregistré une hausse de 6 % de son chiffre d’affaires quand dans le même temps le montant du panier moyen a légèrement reculé au cours de l’été.
Tourisme sous surveillance
Les meublés de tourisme rapportent à eux seuls 500 000 euros à l’office de tourisme. « Le surtourisme est le danger de demain mais il ne nous guette pas. » Quand des villes de Corse mais aussi Annecy ou Saint-Malo peinent à trouver des logements pour leurs résidents, Dijon Métropole n’est pas encore confrontée à cette difficulté. « C’est un sujet à vérifier régulièrement. On constate que les boîtes à clés se développent mais nous les surveillons et nous ne sommes pas encore menacés. » François Rebsamen insiste sur un « modèle de développement à copier, qui grandit de façon équilibrée ». L’élu a rappelé en parallèle que la production de logements ne répond pas aux 10 000 demandes non satisfaites actuellement.
Nadège Hubert