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Les principales mesures du pacte social du Département visent à individualiser les actions pour garantir une réponse plus efficace et efficiente à chaque âge de la vie.
Auprès des personnes âgées et handicapées
Cela se traduit par une visite à domicile de tout primo-demandeur de l’Allocation personnalisée d’Autonomie (APA) ou un contact humain systématique pour toute demande à la Maison Départementale des Personnes Handicapée. Ainsi, chaque situation est étudiée et la réponse personnalisée.
Auprès des familles et des enfants
Le Conseil Départemental va notamment renforcer ses actions de prévention auprès des familles et soutenir les compétences parentales.
Auprès des personnes sans emploi bénéficiaires du RSA
Le Département va accompagner individuellement les allocataires du RSA vers un retour à l’emploi. L’aide financière « Retour à l’emploi Côte-d’Or » pourra être mobilisée avant la reprise d’emploi et après pour pérenniser ce retour. La Côte-d’Or s’appuie sur son expérience, étant parmi les 18 départements pionniers de l’accompagnement rénové des allocataires du RSA.
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Arche en scène ©Nathalie Gavoille
Engagé auprès des plus fragiles, le Département de la Côte-d’Or a pour ambition d’agir avec plus de proximité et plus d’efficacité, en faveur de la dignité de chacun. Pour se faire François Sauvadet, président du Département a proposé de redéfinir un Nouveau Pacte social pour la Côte-d’Or en individualisant la réponse sociale, pour faire face à la montée des précarités, aux grands enjeux de la protection des enfants, des personnes âgées et de l’inclusion des personnes en situation de handicap tout en maîtrisant la dépense sociale.
Dans le cadre de la Semaine Bleue, une journée dédiée au handicap et au grand âge a réuni près de 200 professionnels de secteur médico-social, associations et personnes de la société civile à Marsannay la Côte. Une journée dense à l’occasion de laquelle Emmanuelle Coint, vice-présidente du Conseil Départemental en charge des solidarités, a présenté le pacte social 2025-2029 pour la Côte d’Or. Et s’il ne s’agit pas de faire moins mais de faire mieux, au plus près et au plus juste, ce pacte social ambitieux décline une large série de mesures.
Les principales mesures visent à individualiser les actions pour garantir une réponse plus efficace et efficiente à chaque âge de la vie. Nou retiendrons l’axe 1 consacré aux personnes âgées et – ou handicapées. Il s’agit d’une feuille de route centrée sur piloter et organiser l’offre domiciliaire en favorisant l’accompagnement à domicile pour que toute personne puisse vivre là où elle l’a choisi. On parle également d’adapter l’offre à la diversité des personnes en situation de handicap en trouvant des solutions qui correspondent à chaque situation même les plus complexes en structurant l’offre territoriale au bénéfice des personnes âgées en maintenant une offre de services diversifiée en tout point du territoire.
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Quand on parle d'autonomie on ne parle pas d'uniformité pour l'égalité... on parle d'équité !
Cette feuille de route prévoit de garantir la qualité de l’accompagnement des personnes en renforçant les contrôles et les liens avec les établissements en accompagnant les projets d’établissements et de consolider l’habitat intermédiaire en développant, entre autres, le conseil aux collectivités. Il s’agit, par ailleurs d’animer la Conférence des Financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées en finançant des actions sur tout le territoire, de structurer une politique territoriale de soutien aux proches aidants en développant, notamment, l’offre de répit et de poursuivre la démarche d’amélioration continue du service à l’usager en renforçant les relations avec lui (amélioration de l’accessibilité à l’information par exemple).
Ce pacte social prévoit également de développer l’aide à l’adaptation des logements et l’adoption des aides techniques pour améliorer le quotidien des personnes en améliorant le conseil en ergothérapie, d’encourager les métiers de la vie en maintenant le soutien financier au bénéfice des professionnels et en améliorant l’attractivité de ces métiers tout en agissant au plus près des Côte-d’Oriens par des actions impactantes pour les usagers avec des visites à domicile, des entretiens systématiques lors de la première demande d’aide, etc.
De vastes ambitions pour le Département et un coût important puisque, comme le souligne Emmanuelle Coint « Non, on ne manque pas de moyens, on n’a jamais autant dépensé à la MDPH, mon budget augmente tous les ans même s’il n’est pas à la hauteur des besoins…on est désormais au bout du système quand 1/3 des Départements se trouvent sous curatelle… En Côte d’Or, la politique sociale au profit des solidarités se chiffre à 1million€ par jour et malheureusement ne suffit pas à couvrir les besoins. Il faudrait recréer des procédures plus simples pour mobiliser moins de ressources humaines et utiliser cette économie de moyens au profit des bénéficiaires. On nous demande de mettre des ronds dans des carrés ou l’inverse, en tout cas ça ne rentre pas… ça ne rentre pas et donc c'est ça le sujet, c'est que nous sommes dans l'injection contradictoire, c'est qu'on nous dit quand il faut uniformiser pour l'égalité... mais quand on parle d'autonomie on ne parle pas d'uniformité pour l'égalité... on parle d'équité ! ».
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Difficile constat pour les professionnels !
Cette journée était également le temps de présenter une enquête destinée au professionnels qui révèle un constat édifiant !
Après deux ans de consultation et une trentaine d'organismes interviewés, il ressort en premier lieu des salaires très insuffisants au regard d’une importante charge de travail, en moyenne 12h par jour 5 jours sur 7, mais aussi de charge mentale, des diplômes au rabais peu ou pas reconnus à leur juste valeur. Des situations qui fragilisent les professionnel plus âgés qui se sentent usés ! On note un autre souci qu’est le manque d'évolution dans le métier. « On parle à un mur.... On n'a pas la possibilité d'évoluer professionnellement. C'est-à-dire que, là, je suis aide-soignante, je vais passer échelon trois et après il n'y a plus d'évolution possible.Je vais rester avec ce salaire-là jusqu'à la fin de ma carrière... » exprime-t-on. Ce peu de perspectives professionnelles est un aspect majeur mis en avant par l'enquête. Joël Molherat, représentant titulaire UFR du CDCA de la Côte d'Or note des lacunes en matière de formation. « Ne pas avoir de perspectives de carrière, ça pèse sur eux et ça influe sur leur qualité de travail. La formation professionnelle doit avoir une planification, une organisation. »
« Je suis assez favorable à une refonte des formations avec un socle commun. Les personnes auraient de simples modules à valider pour pouvoir changer de métier au cours d'un parcours… Changer de parcours mais aussi de statut, par exemple passer du milieu hospitalier au libéral, pouvoir alterner de la fonction publique au privé » affirme Emmanuelle Coint.
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Une matinée alimentée par une conférence inspirante de Jean-René LOUBAT, psychosociologue, docteur en sciences humaines, consultant et formateur libéral auprès des institutions sanitaires et sociales, sur l’évolution des métiers de l’accompagnement.
Une journée qui c’est poursuivie l’après-midi avec pour le moins dynamique avec des ateliers-débat sur scène avec grands témoins sur les thèmes « Aidants/bénéficiaires/professionnels : quelles sont les conditions d’une relation efficace et humaine ? » et « Quelles actions mettre en place par les professionnels pour améliorer l’accompagnement ? Comment renforcer l’attractivité des métiers ? »
Une pause théâtrale très appréciée avec la troupe de l’Arche en Scène qui a joué « Le joyeux bazar ». La troupe L’Arche en Scène est composée d’une vingtaine d’adultes en situation de handicap mental. Elle est encadrée par une équipe d’accompagnants de L’Arche à Dijon et animée par Michel Jestin qui a contribué à donner au théâtre une place qui favorise l’épanouissement de chacune des personnes accompagnées, leur donne la parole, révèle leurs talents, transforme le regard sur la vulnérabilité.
En résumé, une journée qui a permis de pour échanger, coopérer et construire ensemble l’avenir de l’accompagnement.
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©Marie Quiquemelle