Communes forestières France travaille avec deux communes de Côte-d’Or, Flammerans et Soissons-sur-Nacey, pour y relayer son dispositif « Dans 1 000 Communes la forêt fait école ». Le projet vise à faire de la forêt, un espace pédagogique à part entière, comme l’explique Thomas Nuyten, chargé de développement forestier pour Communes forestières Bourgogne-Franche-Comté.
En quoi consiste le dispositif national « Dans 1 000 communes, la forêt fait école » ? « Il s’agit de mettre à disposition une parcelle de la forêt communale à une structure d’éducation, EPI (école ou enseignements pratiques interdisciplinaires) par exemple, pour y réaliser des animations avec les enfants. Ces projets sont en lien avec les projets éducatifs et les programmes d’une part et avec les thématiques que Communes forestières France veut mettre en avant. Il s’agit de la biodiversité, de l’approvisionnement de la filière bois, du risque en forêt, mais aussi du rôle des élus dans la gestion forestière. »
Pourquoi faut-il sensibiliser les enfants ? « Quand on demande aux enfants d’une classe en milieu rural, combien ont déjà été en forêt, ils ne sont que peu à lever la main, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer. Il y a une déconnexion. Sensibiliser les enfants donne l’occasion de les reconnecter à la ruralité et de toucher, par l’intermédiaire des plus jeunes, les parents. »
Combien y a-t-il de communes concernées en Côte-d’Or ? « Le dispositif a été expérimenté en 2021 et déployé officiellement en 2022. Nous avons déjà deux forêts pédagogiques à Villers-les-Pots et Pagny-le-Château. Avec Flammerans et Soissons-sur-Nacey qui seront inaugurées les 13 et 17 octobre, nous en compterons 4. Nous en avons une vingtaine dans la région, surtout en Franche-Comté. »
Y a-t-il des critères particuliers pour rejoindre le dispositif ? « Il n’y a pas de surface minimale exigée car nous privilégions l’accessibilité et la sécurité des parcelles. Nous regardons les éléments constitutifs de la parcelle : sa biodiversité, le travail sylvicole mené, les particularités topographiques… Nous examinons chaque proposition avec l’ONF. »
Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? « Ce projet demande de réunir une commune volontaire avec une forêt en capacité d’accueillir une classe. Nous avons des communes volontaires mais toutes n’ont pas de groupes scolaires. Un tel projet a également besoin d’une équipe pédagogique engagée sur un temps long pour garantir une transmission de la connaissance et du vécu de la forêt. Nous suggérons trois ou quatre séances dans l’année mais on ne veut pas imposer de rythme car cela implique une charge de travail pour les enseignants. À titre d’exemple, à Pagny-le-Château, l’institutrice se rend en forêt chaque semaine. »
Propos recueillis par Nadège Hubert
