L’assemblée plénière des 16 et 17 octobre met la mobilité au cœur des discussions avec notamment le sauvetage des lignes de desserte fine du territoire et une nouvelle recette dont les communautés de communes pourraient profiter.
La ligne des Hirondelles dans le Jura fait parler d’elle depuis des mois dans l’attente d’une solution. En attendant qu’elle arrive, l’urgence s’impose au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. « SNCF Réseau nous a annoncé l’interruption de la circulation sur la ligne dès le 14 décembre prochain. C’est un sujet de service public, d’aménagement du territoire et symbolique car les petites lignes traduisent la capacité de se déplacer et de maintenir le lien », a insisté Jérôme Durain, président du Conseil régional. La collectivité a donc inscrit une délibération imprévue à son assemblée plénière des 16 et 17 octobre, le vote d’une enveloppe de 12 millions d’euros pour entretenir cette ligne et changer des rails datant de 1905 et des traverses de 1927. « C’est un acte volontariste. Si nous ne faisons rien, il n’y aura plus de train. Cet investissement n’est pour autant pas une victoire, nous n’allons pas encore sauver la ligne, nous conservons encore un peu ce service public mais ce patrimoine n’est pas le nôtre. Il revient à l’État d’intervenir. » Sur dix ans, 500 000 millions d’euros s’avèrent nécessaires pour entretenir ce patrimoine vieillissant. « La Région ne pourra pas le faire, elle n’en a pas les moyens ni la compétence. Nous donnons une occasion à l’État de se positionner, de partager sa vision pour ces infrastructures ferroviaires. » Dans la Nièvre, la ligne Corbigny-Clamecy bénéficiera quant à elle de 3,6 millions d’euros pour maintenir la ligne voyageurs quand l’État s’est engagé pour le fret.
Nouvelle ressource pour les territoires
La Région a aussi saisi l’opportunité donnée par l’État d’instaurer le versement mobilités régional et rural. Une taxe de 0,15 % portera sur les structures de 11 salariés et plus à partir du 1eʳ janvier 2026. Avec cette nouvelle ressource, estimée à 26 millions d’euros pour l’année 2026, la Région souhaite proposer des mobilités sur tous les territoires afin que les entreprises puissent trouver de la main-d’œuvre et que les salariés puissent se rendre sur leur lieu de travail. « Nous devons aussi trouver des solutions là où il n’y a pas de train. » Jérôme Durain prévoit de reverser 10 % de cette recette aux territoires ruraux disposant de la compétence mobilité. « Ça représente des dizaines de milliers d’euros dont aura bien besoin une communauté de communes. »
La mobilité mais pas que
En dehors de la mobilité, la plénière a permis à la collectivité de se positionner dans l’hypothèse où les éleveurs seraient confrontés à la dermatose nodulaire contagieuse qui touche l’Ain et déjà le Jura. « Nous avons inscrit 300 000 euros au budget 2026 pour aider les éleveurs qui en auraient besoin pour reconstituer un cheptel qui aurait été abattu. »
L’assemblée a également mis les lycées au cœur des débats avec une dotation de fonctionnement en légère baisse en 2026. Une diminution justifiée par la baisse des coûts des énergies conjuguée aux efforts de sobriété énergétique engagés depuis 2021. Les lycées de l’Éducation nationale profiteront d’un budget global de 43,5 millions d’euros tandis que les lycées agricoles de la région se voient attribuer 6,5 millions d’euros.
Nadège Hubert