Depuis le 1er janvier 2022, la loi Égalim impose à la restauration collective publique de proposer au moins 50 % de produits durables et de qualité, dont au moins 20 % de produits bio. Dans le département de la Côte-d’Or, une plate-forme propose de faire le lien entre producteurs locaux et les cantines scolaires et autres établissements de restauration collective: Agrilocal 21.
Le vote de la loi Égalim en 2018, complétée par celle visant à protéger la rémunération des agriculteurs, en 2021, en fait une obligation. Mais dans un département agricole comme la Côte-d’Or, c’est surtout une question de bon sens : pourquoi aller chercher loin les produits que l’on peut facilement trouver près de chez soi ? Pour mettre en relation – gratuitement – les acheteurs de la restauration collective publique avec les producteurs locaux, le Département anime, depuis 2018, la plate-forme Agrilocal 21. Un outil qui connaît un succès croissant.
« Ça reste moins cher »
« Nous avons connu, entre 2023 et 2024, une augmentation du nombre de commandes de 39 % », explique Romane Jobard, chargée de mission Alimentation de Proximité au Conseil départemental, qui précise que « nous avons régulièrement de nouveaux fournisseurs qui s’inscrivent. » Ce qui porte les chiffres en Côte-d’Or à « 160 fournisseurs et 89 établissements acheteurs. Principalement des collèges, mais aussi des lycées, des écoles, des cuisines centrales, quelques Ehpad, des armées, hôpitaux, un peu de restauration privée… »
Tout est conçu pour faciliter la vie aux acheteurs publics : « L’outil, approuvé juridiquement, permet de passer ces marchés dans les règles. Une passerelle avec la facturation sur Chorus Pro s’opère automatiquement. » Et pour « valoriser les circuits courts, les produits de qualité et le renforcement de l’économie locale », un onglet aide à localiser les producteurs au plus près des établissements.
Cheffe de restauration au collège François-Pompon de Saulieu, Nathalie Buisine est une adepte d’Agrilocal 21 : « Je passe en moyenne entre 50 et 60 consultations par mois. Dès que je vois qu’il faut faire une commande, par exemple des oignons, des légumes, de la viande… je lance une consultation. » Et contrairement aux idées reçues, les produits locaux et de qualité n’engendrent pas forcément de surcoûts : « Du point de vue du prix de revient, ça reste moins cher que le surgelé car c’est nous qui lavons, épluchons… c’est du travail en plus mais en s’organisant bien on arrive à sortir le menu en temps et en heure. Et puis il faut bien le dire, c’est meilleur ! »
Commandes groupées
Même ressenti à la communauté de communes du Mirebellois-Fontenois. Responsable des achats à la cuisine centrale de Mirebeau-sur-Bèze, Françoise Boiteux trouve ses fournisseurs « au maximum chez les producteurs locaux, et même dans la com’com’ si ça existe ». Le porc vient de Beaumont-sur-Vingeanne, le bœuf d’Is-sur-Tille, le poulet rôti de Bézouotte, les endives de Viévigne ou encore, les pleurotes de Tanay. « Il y a moins de personnes intermédiaires, ils arrivent à sortir des prix assez intéressants. Et eux ne nous comptent pas du tout de transport ! »
Plus qu’un site internet, Agrilocal 21 est aussi un réseau qui organise des rencontres, et même des visites chez les producteurs. Ainsi, les responsables de la restauration des collèges de Montbard, Venarey-Les Laumes, Vitteaux, Sombernon, Saulieu, Liernais, Pouilly-en-Auxois, Arnay-le-Duc et Bligny-sur-Ouche ont pu découvrir Poul’et et Compagnie, à Saulon-la-Chapelle. Quelques réunions de travail plus tard, où chacun a pu exprimer ses contraintes et ses possibilités, le producteur de volailles a réalisé, en septembre, deux tournées pour livrer des commandes groupées aux cantines rurales du nord et de l’ouest du département, ravies de la qualité des produits reçus.
« De la ferme à l’assiette », il n’y a qu’un pas qu’Agrilocal invite à franchir en toute sérénité.
