Nathalie Koenders, maire de Dijon, a présenté ses vœux au Zénith de Dijon. Dans un contexte préélectoral, elle a préféré mettre l’accent sur des valeurs plus que sur les réalisations et les projets.
« Mesdames et Messieurs, la République ne vit pas seulement par ses lois et leur respect, ainsi que par ses budgets – parfois difficiles à élaborer. Elle vit par ses citoyens lorsqu’ils exercent leur rôle, et elle se renforce et s’affirme aussi à travers ces rites partagés », a introduit Nathalie Koenders, maire de Dijon et première à prendre la parole lors de la cérémonie de vœux qui s’est déroulée le 9 janvier 2026 au Zénith de Dijon. La maire a souhaité encourager chacun à faire société, portant le vœu que chacun laisse tomber l’individualisme qui cloue au téléphone portable pour se tourner vers les autres. Elle n’a toutefois pas manqué de souligner la quatrième révolution industrielle que connait le monde, nourrie par « l’essor exponentiel de l’intelligence artificielle, exige au contraire de porter toujours plus haut et de défendre avec toujours plus de force l’aspiration à une pensée éclairée. »
Nathalie Koenders s’est arrêtée sur plusieurs thématiques fortes comme la démocratie, en recul, rappelant qu’en 2025, « un quart de la population mondiale vit en démocratie, contre la moitié il y a 20 ans… C’était peu. C’est désormais très très peu. (…) le chemin vers la paix entre les peuples reste hélas un combat. » Après avoir évoqué le président américain, elle a mis en avant la montée des populismes partout dans le monde, y compris en Europe. La maire a souhaité rendre un nouvel hommage à Henri Mosson, résistant-déporté, décédé en fin d’année 2025.
Autre point d’attention de Madame la Maire, la pauvreté. « La société française elle-même est confrontée à son lot de défis. Celui des inégalités, au premier rang desquelles les inégalités économiques qui continuent de se creuser. Cet été, l’Insee relevait le plus haut taux de pauvreté enregistré depuis les premières mesures selon la méthode de calcul actuelle, c’est-à-dire depuis 30 ans. »

Rester optimiste
Si le contexte n’invite pas à se réjouir, Nathalie Koenders a tenté d’apporter à ses vœux une note plus optimiste, au moins par devoir. « La haine, l’intolérance et le mépris, quels qu’en soient le motif et la manifestation, n’ont pas leur place. Et encore moins dans une ville profondément progressiste, humaniste et ouverte sur le monde comme l’est Dijon et comme elle entend le demeurer. »
De l’échelon national, voire international, Nathalie Koenders a poursuivi son discours en soulignant l’échelon local, « un repère, un pôle de stabilité. Un gage d’efficacité et de proximité sur lequel vous comptez, je le sais, plus que jamais pour répondre aux défis de notre temps. » Pour l’élue, la confiance placée dans la figure de la maire s’accompagne d’un certain nombre de responsabilités. « Premièrement : garder pour unique boussole l’intérêt général en prenant soin des habitants, de la ville et de la planète ; deuxièmement : demeurer attentif à toutes les situations, toutes les particularités, toutes les vulnérabilités sans jamais déroger à l’universalisme le plus exigeant. Et troisièmement : maintenir les conditions d’un dialogue constructif, apaisé et respectueux et ne jamais céder aux tentations parfois faciles du fracas et des dogmatismes. »

Évoquant le budget primitif 2026 voté par le conseil municipal le 15 décembre dernier, la maire de Dijon l’a jugé solide et responsable afin de « renforcer nos services publics et de maintenir un haut niveau d’investissement, tout en préservant notre bonne santé financière. Un budget qui nous permet de porter une action à la hauteur de nos ambitions. Il démontre une nouvelle fois, s’il en était besoin, la robustesse et la résilience de notre ville qui, tout en composant avec la forte instabilité politique nationale et en contribuant au rééquilibrage des finances publiques, agit au quotidien au service de ses habitants. » Une occasion pour l’élue de saluer le travail des services de la ville qui agissent en direct ou dans l’ombre.
La maire a enfin voulu saluer Jérôme Durain, président du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, tant pour le travail partenarial mené conjointement que pour son implication dans la lutte contre le trafic de drogue avec, notamment, un programme de sensibilisation dans les lycées.

Pour conclure, elle a souhaité revenir une nouvelle fois sur l’importance de faire société. « À l’origine sémantique du mot « vœu », il y a la « promesse ». Puisse ainsi 2026 emporter celle d’une nouvelle page sur laquelle, rassemblés, nous saurons écrire le meilleur, pour ceux qui nous sont proches, pour notre ville, mais aussi pour notre planète où l’homme et la nature sont indissociablement liés. »
Nadège Hubert