Après un rapide historique sur la création de la collectivité, François Rebsamen, président de Dijon Métropole, a présenté des vœux tournés vers une dimension collaborative, qu’elle soit locale ou à l’échelon européen.
« Forts de nos diversités et des complémentarités, riches du lien que nous voulons entretenir avec nos territoires voisins, nous avons façonné, je le crois, une métropole d’équilibres : tout à la fois urbaine et rurale ; dense et à taille humaine ; dynamique et douce à vivre ; audacieuse et pragmatique ; ancrée dans la réalité de la vie quotidienne et locomotive de grands projets ; fière de son histoire et tournée vers l’avenir. En somme, une métropole qui ose voir loin pour continuer à écrire avec autant d’ambition que d’esprit de cohésion sa belle histoire commune. » Dans ses vœux adressés au Zénith de Dijon, François Rebsamen a souhaité mettre en avant l’importance du territoire, de ses 265 000 habitants et de ses 23 communes. À la fois rurale et urbaine, la métropole se veut attractive puisqu’elle connait une certaine dynamique démographique. L’Insee a en effet mis en lumière dans sa dernière étude que Dijon Métropole avait gagné 7 540 habitants entre 2017 et 2023. « C’est une croissance démographique de 0,5 % par an, et je la crois juste et mesurée. » Le territoire accueille d’ailleurs 48 % des habitants de Côte-d’Or.

Bien qu’il ait salué le fait que sa métropole se positionne comme la métropole française de taille intermédiaire la plus attractive de France selon le baromètre Arthur Lloyd, François Rebsamen a souhaité souligner « le tournant démographique dans lequel notre société est désormais entrée et nous avons à en prendre la pleine mesure tant l’enjeu est décisif. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, notre pays enregistre davantage de décès que de naissances sur un an. Ce croisement des courbes déstabilise nos équilibres sociaux. » Face à ce défi, le président de la métropole entend prendre en compte « les attentes des seniors ; celle des besoins du grand âge, cela implique la favorisation du lien intergénérationnel, mais cela implique aussi d’offrir aux jeunes couples un cadre de vie et de travail qui les rassure. »
4 vœux, sinon rien
L’élu a ensuite détaillé les différents vœux qu’il formule pour l’année qui s’entame. À l’approche des élections municipales, il a regretté la désaffection qui frappe la classe politique tandis que les maires et les élus locaux sont ceux qui conservent la confiance de leurs concitoyens. « Je forme à cet instant mon premier vœu : que cette confiance se traduise par une mobilisation des électeurs et que l’abstention soit la grande perdante de ces futures élections. » Le président de la métropole a tenu à saluer les 23 maires qui forment la collectivité, soulignant que « contrairement à l’échelon municipal qui est parfois plus politisé, nous travaillons tous main dans la main même si nos sensibilités politiques sont différentes. (…) Cela n’empêche pas d’aller de l’avant. »


Dans un second vœu, l’élu a souhaité que l’échelon intercommunal, tout comme l’échelon communal, soit encouragé et renforcé. « Je ne crois pas aux mesures toutes faites, décidées en verticalité, appliquées de manière uniforme, à marche forcée, partout et tout le temps. Il faut prendre en compte les contextes, les réalités et les spécificités locales. » Il a notamment pointé du doigt les technocrates de Bercy qui, contrairement aux Français, ne font pas confiance aux élus locaux. « Je me réjouis aussi de l’adoption définitive de la loi créant le statut de l’élu, à trois mois des municipales et malgré un contexte politique national particulier. Un texte qui – j’en ai l’intime conviction – saura encourager l’engagement et sécuriser l’exercice du mandat au bénéfice de la démocratie de proximité. »
Dans un troisième vœu, François Rebsamen a rappelé ses convictions européennes. « Mon troisième vœu : c’est l’approfondissement de l’intégration européenne. Alors que les équilibres mondiaux ont été renversés sous l’effet d’une diplomatie américaine brutale et d’une menace russe, l’Europe semble prise en étau. À cela vient s’ajouter la domination commerciale de la Chine. Or, face à ces dangers, le besoin d’Europe n’a jamais été aussi grand, et ceux qui, chez nous, en France, la remettent en question font preuve d’une dangereuse inconscience. »
Le dernier vœu de François Rebsamen met l’accent sur le vivre ensemble, les valeurs de pluralisme et de laïcité. « Quels que soient nos origines, notre religion de foi ou de culture, notre sexe, notre orientation sexuelle, nous partageons tous le même destin, celui de la France ; nous avons des droits et des devoirs et nous avons tous les mêmes. »
Nadège Hubert
