L’Union Sociale pour l’Habitat de BFC et la Fédération Nationale Solidarité Femmes viennent de renouveler leur convention pour soutenir le relogement des femmes victimes de violences conjugales et de leurs enfants. Actif depuis 2022, ce partenariat vise à accompagner au mieux les femmes, à former les professionnels et les faire se rencontrer, ainsi qu'à favoriser le repérage des situations de violence par les bailleurs sociaux.
Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur en 2024, 107 femmes ont été victimes de féminicides, 270 de tentatives de féminicides, et 906 femmes ont tenté ou se sont suicidées suite au harcèlement par leur (ex-)conjoint. D’après une enquête menée par l’IFOP en partenariat avec le Crédit Mutuel et la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) en 2025, 40% des femmes en couple interrogées ne pourraient pas payer seules un loyer si elles devaient quitter le foyer conjugal et 44% ne pourraient pas le quitter sans une aide économique extérieure. La question du (re)logement des femmes victimes est donc centrale, comme le souligne Juliane Charton, responsable du pôle Hébergement-Logement au sein de la FNSF : "Le logement est une condition matérielle décisive pour mettre en sécurité les femmes et leurs enfants et leur permettre de se reconstruire".

L'USH BFC et la FNSF ont organisé une conférence de presse à l'occasion du renouvellement de leur partenariat le 12 février 2026. Crédits photo : Christine Müller-Wille
Les bailleurs sociaux de Bourgogne-Franche-Comté et leurs partenaires se mobilisent donc depuis de longue date pour répondre à cet enjeu vital. Unis depuis 2022 par une convention, l’Union Sociale pour l’Habitat de BFC (USH BFC) et la FNSF viennent de la renouveler, jusqu'en 2028. Concrètement, ce partenariat permet aux femmes de bénéficier d’un accompagnement spécialisé, porté par les associations locales, et d’un relogement dans des délais très restreints par les bailleurs adhérents ; aux professionnels de se rencontrer et d'échanger (partage d’une culture commune, fluidification des parcours, etc.) ; aux bailleurs de bénéficier de formations pour les équipes de terrain (repérage et orientation) et d’outils de communication en direction des locataires (affiches, vidéos) pour favoriser le repérage des situations de violences et l’orientation vers les structures locales.
Entre 2022 et 2025, 24 situations très prioritaires ont été traitées spécifiquement dans le cadre de la convention. Elles ont fait l’objet d’une fiche de liaison traitée par la FNSF et retransmise aux bailleurs locaux : 58% des femmes concernées ont été relogées en moins de 3 mois, 87,5% en moins de 6 mois. "Chaque fois qu’un signalement est remonté, les bailleurs sociaux lui donnent la priorité", confirme François-Xavier Dugourd, président de l'USH BFC.
Reloger et accompagner

Sur ces attributions de logement, 161 situations (161 femmes et 226 enfants) ont bénéficié de l’accompagnement réalisé par les associations locales adhérentes à la Fédération Nationale Solidarité Femmes entre 2023 et 2025. Sur le plan local, ces associations sont Solidarité Femmes à Dijon, Besançon et dans le Territoire de Belfort, ainsi que Les Pep 71 – CHRS L’Écluse – Chalon-sur-Saône.

