Info+ :
La note méthodologique, la matrice des résultats et le communiqué de presse sont diffusés par l’Observatoire féministe de Dijon et peuvent être transmis sur simple demande: observatoirefeministedijon@gmail.com
À l’approche des élections municipales de mars 2026, et à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Observatoire féministe de Dijon* publie une analyse indépendante et documentée des programmes et engagements des listes candidates, au regard des enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes. Kildine Bataille, adjointe à la maire de Dijon déléguée à la petite enfance, égalité femmes-hommes et lutte contre les violences faites aux femmes, revient sur l'observatoire.
1 /Que fait ressortir l'observatoire du féminisme ?
L’Observatoire féministe de Dijon met en évidence un point essentiel : toutes les listes ne considèrent pas l’égalité femmes-hommes comme une véritable politique publique. Certaines proposent des dispositifs structurés et transversaux, intégrés dans l’ensemble des politiques municipales – de la petite enfance à l’urbanisme en passant par la sécurité ou la santé. D’autres restent davantage au stade d’intentions générales, sans mesures concrètes identifiables.
Cette analyse montre aussi que l’égalité ne peut pas être traitée comme un sujet périphérique : c’est une question qui traverse toutes les politiques locales et qui nécessite des engagements précis, des moyens et des mécanismes de suivi.
2/ Comment jugez-vous ces résultats ?
Je trouve cette démarche très utile pour le débat démocratique. Elle apporte de la transparence et permet de comparer objectivement les engagements pris (ou non) en matière d’égalité femmes-hommes et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Ce que montre aussi cet observatoire, c’est que l’égalité est un choix politique. Quand elle est nommée, structurée et dotée de dispositifs concrets, elle devient une politique publique. Quand elle est absente ou très peu abordée, cela dit aussi quelque chose des priorités politiques.
C’est pourquoi je salue le travail des associations féministes qui ont porté cette initiative citoyenne mais aussi ma collègue Gabrielle Siry-Houari, adjointe à Paris 18e, qui a eu cette initiative et que j’ai souhaité déployer à Dijon et essaimer ailleurs ensuite : ces femmes engagées, avec des hommes alliés, contribuent à élever le niveau d’exigence sur ces sujets.

3) Qu’en est-il à Dijon ?
À Dijon, nous avons fait le choix en 2020 d’une politique ambitieuse et transversale en matière d’égalité femmes-hommes et de lutte contre les violences faites aux femmes.
Cela passe par des actions très concrètes :
- le soutien aux associations spécialisées, qui sont en première ligne pour accompagner les victimes ;
- des actions de prévention dès le plus jeune âge, notamment dans les écoles et les structures de petite enfance ;
- des formations pour les professionnels et nos agents afin de mieux repérer et accompagner les situations de violence ;
- et des événements de sensibilisation comme le Mois de l’Égalité, qui mobilise chaque année de nombreux acteurs du territoire.
L’objectif est clair : faire de l’égalité une réalité dans la vie quotidienne des habitantes et habitants, et promouvoir des le plus jeune âge une culture du respect et de la non-violence.
4) Comment expliquez-vous que les violences continuent ou augmentent ?
Les violences faites aux femmes sont profondément ancrées dans notre société. Elles s’appuient sur des rapports de domination et des stéréotypes qui persistent encore aujourd’hui.
Il faut aussi dire que la libération de la parole, encouragée par les mouvements féministes et les politiques publiques, permet aujourd’hui de mieux révéler des violences qui existaient déjà. C’est une avancée essentielle : mieux mesurer les violences, c’est aussi mieux pouvoir agir.
Mais nous devons aussi être lucides : nous vivons actuellement une période de backlash, avec une remise en cause des droits des femmes dans plusieurs pays et la montée de discours réactionnaires ou extrémistes qui contestent les acquis féministes. Cela rend notre mobilisation encore plus nécessaire.
5) Nous sommes en plein Mois de l’Égalité. Les résultats de l’Observatoire résonnent-ils avec cet événement ? Pourquoi est-il toujours aussi essentiel ?
Le Mois de l’Égalité est un moment devenu important à Dijon parce qu’il permet de rendre visibles ces enjeux et de mobiliser largement : associations, institutions, chercheur-es, artistes, citoyennes et citoyens.
Chaque année, nous proposons des conférences, des expositions, des rencontres pour mieux comprendre les mécanismes des inégalités et des violences, et pour donner la parole à celles et ceux qui agissent au quotidien.
Dans un contexte où certains cherchent à banaliser le sexisme ou à remettre en cause les droits des femmes, ces temps de sensibilisation et de débat me paraissent indispensables.
L’égalité entre les femmes et les hommes n’est jamais acquise définitivement. Elle se construit jour après jour, par des politiques publiques, par l’engagement associatif et par une mobilisation collective.
En résumé :
Inspirée de la méthodologie de l’Observatoire féministe des municipales de Paris, cette démarche – la seconde en France après Paris - vise à éclairer le débat démocratique local et à fournir aux citoyennes et citoyens des éléments objectifs de comparaison. L’analyse repose sur
une grille de sept critères couvrant les principales politiques municipales ayant un impact direct sur la vie des femmes : écoles et sport, santé et action sociale, sécurité et urbanisme, conditions de travail des agentes municipales, exemplarité interne en matière de violences sexistes et sexuelles (VSS), soutien aux associations feministes et gouvernance.
Les programmes officiels publiés par les listes candidates ont été analysés et complétés, le cas échéant, par les réponses écrites transmises au questionnaire de l’Observatoire féministe de Dijon. Lorsqu’ aucun programme officiel n’était accessible, cette limite méthodologique a été explicitement signalée.
Les résultats font apparaître des écarts significatifs entre les listes. Certaines proposent des politiques publiques structurées, assorties de dispositifs opérationnels et de mécanismes de suivi en matière d’égalité femmes-hommes et de lutte contre les violences faites aux femmes. D’autres, en revanche, reposent principalement sur des intentions générales, sans mesures concrètes identifiables. Cette analyse met également en lumière le rôle déterminant des réponses au questionnaire, qui permettent, pour certaines listes, de préciser ou de renforcer leurs engagements au-delà des documents de campagne initialement publiés.
L’Observatoire féministe de Dijon rappelle que cette démarche n’a pas vocation à soutenir ou discréditer une liste, mais à promouvoir la transparence, la responsabilité et la prise en compte effective de l’égalité femmes-hommes dans les politiques municipales. Dans un contexte de backlash à l’encontre des droits des femmes et de montée de partis et idéologies fondamentalement opposés aux idées féministes, ces élections municipales sont un moment politique crucial, dont les associations féministes se saisissent.
Encore des questions sur l'observatoire et cette analyse ?? Consulter le FAQ ci-dessous :
Qu’est-ce que l’Observatoire féministe de Dijon ?
L’Observatoire féministe de Dijon est un collectif citoyen indépendant qui analyse les politiques publiques locales à l’aune de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les violences faites aux femmes. À l’occasion des élections municipales de 2026, il a mené une analyse comparative des programmes des listes candidates et adressé un questionnaire détaillé sur ces enjeux à tous les candidats declarés à Dijon.
Quel est l’objectif de cette analyse ?
L’objectif est d’éclairer le débat démocratique local en apportant aux citoyennes et citoyens des éléments objectifs, comparables et transparents sur la prise en compte de l’égalité femmes-hommes dans les projets municipaux.
Cette démarche est-elle partisane ?
Non. L’Observatoire féministe de Dijon n’apporte son soutien à aucune liste. Il analyse l’ensemble des candidatures selon une méthodologie identique et rend publics ses critères, ses sources et ses limites.
Sur quelles sources vous êtes-vous appuyés ?
L’analyse repose sur les programmes officiels publiés par les listes candidates, les documents de campagne accessibles et les réponses écrites transmises au questionnaire de l’Observatoire féministe de Dijon. Lorsque nécessaire, des articles de presse ont été utilisés uniquement à des fins de contextualisation.
Quelle méthodologie avez-vous utilisée ?
La méthodologie s’inspire directement de celle de l’Observatoire féministe des municipales de Paris. Sept critères ont été analysés, notés sur une échelle de 0 à 2, avec une pondération renforcée pour les politiques ayant un impact direct sur la vie quotidienne des femmes.
Quels sont les critères analysés ?
Les critères sont : écoles et sport ; santé et action sociale ; sécurité et urbanisme ; conditions de travail des agentes municipales ; exemplarité et prévention des violences sexistes et sexuelles des candidats et colistiers ; soutien aux associations feministes ; gouvernance et démocratie locale.
Pourquoi certaines listes obtiennent-elles des scores très différents ?
Les écarts s’expliquent principalement par le niveau de structuration des propositions. Les listes présentant des mesures opérationnelles, des dispositifs identifiés et des mécanismes de suivi obtiennent des scores plus élevés que celles se limitant à des intentions générales ou non écrites.
Quel rôle ont joué les réponses au questionnaire ?
Les réponses au questionnaire ont permis, pour certaines listes, de préciser ou de compléter leurs engagements au-delà des documents de campagne. Elles ont donc été pleinement intégrées à l’analyse.
Pourquoi une mention spécifique concerne-t-elle la liste de Camille Joyeux et Claire Rocher ?
À la date de l’analyse, aucun programme officiel publié ou accessible n’a pu être identifié pour cette liste. Cette limite méthodologique est explicitement mentionnée et la notation repose uniquement sur les éléments publics disponibles.
Les résultats constituent-ils un classement politique ?
Il ne s’agit pas d’un classement politique mais d’une grille de lecture thématique. Les scores reflètent uniquement le degré de prise en compte de l’égalité femmes-hommes dans les programmes municipaux.
Comment les citoyen·nes peuvent-elles et peuvent-ils utiliser ces résultats ?
La note méthodologique complète, incluant la matrice des résultats et les ressources utilisées, est publique. Elle permet à chacune et chacun de se forger sa propre opinion en toute transparence.