Propriétaire de 63 ares de vigne sur la commune de Pommard, le conseil départemental de Côte-d’Or a procédé à la réimplantation d’une quarantaine d’ares en pinot noir. En lien avec la profession, les pieds de vigne expérimenteront de nouvelles techniques pour faire face au changement climatique.
Des pommes au milieu du raisin ! Arrachées en 2023 car elles dépérissaient, une partie des vignes que le département avait acquises en 2019 viennent en partie d’être replantées en pinot noir sur la commune de Pommard, à côté d’une vingtaine en chardonnay. « C’est une vigne expérimentale pour l’ensemble de la profession qui intègre le changement climatique. Nous le faisons avec et au service de la profession », a insisté François Sauvadet, président du conseil départemental, qui entend inscrire la collectivité dans une démarche agroécologie innovante.
La parcelle viticole est suivie par un comité scientifique qui note les évolutions et la pertinence des expérimentations comme le paillage, l’enherbement interrang destiné à réduire l’érosion du sol ou encore les actions menées autour du cuivre et de sa répercussion en cas de pluie. « L’arrachage réalisé a permis, à la demande de la profession, d’expérimenter différents leviers d’adaptation climatique. » À ce titre, des arbres, tilleuls, aulnes, fusain, ont été plantés à proximité des vignes dans le cadre d’une expérimentation viti-forestière, tandis que des pommiers les rejoindront à l’automne prochain. D’ici six ans, ces derniers devraient produire environ 600 bouteilles de jus de pomme par an, une boisson 100 % Côte-d’Or que le Département pourra servir à sa guise. Quant aux vignes, il faudra attendre au moins trois ans avant que les nouveaux pieds ne livrent leur vin. Le temps de la culture est un temps long. Le futur breuvage, 1 000 à 1 500 bouteilles selon les récoltes de chacun des cépages, ne pourra être commercialisé mais sera servi par la collectivité sur ses évènements.

Soutiens multiples
Pour prendre soin de ses vignes, le Département débloque environ 21 000 euros par an et a recours à l’entreprise adaptée viticole gérée par Enfance handicap en Côte-d’Or. Une trentaine de personnes en insertion s’appliquent à entretenir la culture.

Outre la parcelle de vigne, François Sauvadet a rappelé son souhait de soutenir l’agriculture et la biodiversité locale. « Nous avons notamment acquis 154 hectares de forêt à Vertault pour faire une forêt mosaïque, en lien avec VNF. Nous travaillons aussi sur d’autres pratiques culturales comme le maraîchage » Le département dispose ainsi de près de 20 hectares à Perrigny-lès-Dijon, dont trois hectares sont gérés par les Restos du Cœur pour répondre au manque de légumes à destination des publics en difficulté, quatre hectares par la Croix-Rouge Insertion serviront à produire des légumes pour les cantines des restaurants scolaires, tandis que la surface restante vise à soutenir l’installation d’un agriculteur. « Nous avons un patrimoine naturel dont nous sommes les héritiers. Nous devons apporter des réponses au changement climatique mais aussi maintenir notre capacité à produire et garantir la souveraineté alimentaire. »
Nadège Hubert