À l’heure où les femmes s’imposent de plus en plus dans le monde de l’énergie, les jeunes choisissent notamment le secteur des énergies renouvelables. Au contact des élus locaux, Salomé Cluzel, directrice de projet au sein de Luxel, filiale d’EDF power solutions, s’épanouit en les guidant dans la mise en place de projets solaires.
L’énergie, ce n’était pas vraiment la filière à laquelle se destinait Salomé Cluzel. D’ailleurs, son parcours a débuté bien loin des éoliennes, du nucléaire, de l’électricité ou du gaz avec un master en psychologie sociale appliquée à Lyon. « J’étais curieuse de savoir comment un individu se situe dans son environnement social dans le domaine du développement durable avec des sujets comme l’alimentation, la mobilité. Il y a un enjeu d’accompagnement au changement de comportement. » Son stage de fin d’études la conduit à l’ADEME, désireuse d’avoir un référent sur les enjeux psychosociaux, et lui ouvre un nouvel horizon, celui de l’énergie. « Je décide de travailler sur les projets éoliens en particulier avec l’idée de répondre aux enjeux d’acceptabilité, souvent un frein au développement des énergies renouvelables. Je voyais que j’avais une carte à jouer, mon parcours avait un sens. »
En sortant de son stage, à l’issue du master, Salomé Cluzel décide de monter en compétence technique pour suivre cette voie en rejoignant un master spécialisé sur le management de l’éco-efficacité énergétique au sein d’une école d’ingénieurs à Lyon. Au cours de sa formation, elle réalise un stage chez un développeur de photovoltaïque et d’éolien. « J’ai découvert le développement de projets d’énergies renouvelables et l’enjeu de la concertation. Je me suis projetée en tant que développeuse de projet. » Diplôme en poche, elle se forge une première expérience professionnelle puis intègre Luxel, filiale d’EDF power solutions, spécialiste des projets photovoltaïques au sol, en tant que directrice de projet. « Nous gérons le développement, la construction et l’exploitation du parc », résume Salomé Cluzel.

Les élus au cœur des projets
« La dimension psychosociale est un peu partout, c’est prégnant sur la question de l’acceptabilité, de la concertation territoriale avec les élus, les communautés de communes et les habitants. Il est important d’avoir une compréhension des représentations des paysages. Ça n’a pas le même impact de développer quelque chose sur 30 ans en milieu rural ou périurbain. » Salomé Cluzel reconnait qu’il n’est pas toujours évident pour les élus de devenir acteurs de la mise en place de production d’une énergie renouvelable. « On constate une évolution et une dynamique à émerger des projets. » Pour y parvenir, Salomé Cluzel conçoit sa mission comme un travail à réaliser main dans la main avec les élus locaux. « On s’appuie sur eux, ils choisissent leur niveau d’investissement. J’aime être un fil rouge et chef d’orchestre d’un projet qui reste avant tout une réussite collective. »
Avec Luxel, Salomé Cluzel se réjouit de s’engager sur la transition énergétique. Au-delà des objectifs nationaux, elle s’enthousiasme d’accompagner même les plus petites communes à agir. « Les élus sont la porte d’entrée pour le développement de ces projets. Les maires sont présents à chaque étape et leur implication reste essentielle pour qu’un projet aboutisse. Mon rôle consiste à les épauler, à leur partager les informations importantes et à faire de la pédagogie quand c’est nécessaire car les procédures sont longues et complexes. » Pour autant, avec le soutien de Salomé Cluzel, les parcs photovoltaïques émergent, comme c’est le cas à Esbarres, où un délaissé fluvial donnera lieu à la mise en service, sans doute en 2027, d’une centrale sur quatre hectares.
Nadège Hubert
