Les élections terminées, de nouveaux maires s’installent progressivement dans leur nouveau rôle tandis que les maires sortants connaissent déjà les rouages. Pour autant, les uns comme les autres ne pourront accomplir seul leur mission. Ils pourront notamment compter sur l’AMF 21 à leurs côtés comme l’explique Ludovic Rochette, président de l’AMF Côte-d’Or.
Quel regard portez-vous sur ces dernières élections municipales ?
Ludovic Rochette : « Elle me donne l’impression de s’être faite en trois tours, le premier ayant été au moment du dépôt des listes. De nombreuses communes n’en avaient qu’une et je crois que souvent c’est parce que les habitants ont jugé que les équipes municipales en place avaient fait du bon travail et qu’il n’y avait pas besoin de proposer d’alternatives. Les maires ont fait du bon travail. Ailleurs, quand il y a plusieurs listes, je suppose que des sujets clivants et des oppositions ont motivé la constitution d’autres listes. Souvent, il y a eu des résultats serrés. Le nouveau mode d’élection a sans doute aussi eu un impact dans les territoires ruraux. J’encourage la parité, comme tous les élus, mais la fin du panachage a pu poser problème. Il aurait fallu un système hybride, au moins pour les plus petites communes. Il faut interroger le maintien du système mais cela demande un audit profond. Enfin, j’imagine que la question de l’engagement municipal est également posée. Tout comme la vie associative, trouver des candidats peut rencontrer des difficultés.
Je vois quand même des points positifs, celui de pouvoir avoir un remplaçant. En Côte-d’Or, un maire sur 10 n’a pas fini son mandat tandis que beaucoup de conseils municipaux ont fini en 2026 avec un conseil incomplet. Il n’y a jamais eu autant d’élections partielles pour les compléter. Sans doute que nous avons aujourd’hui plus conscience de la difficulté d’être élu. »
Que signifie être maire en 2026 ?
L R : « Le mandat 2020-2026 a été marqué par une accumulation de crises de tout ordre. Il fallait avoir le cuir dur pour le mener à terme. Vouloir être maire, c’est aimer un peu avoir des emmerdes, mais ça reste une fonction incroyable où l’on touche à tout. Toutefois, un maire seul n’y arrivera pas et il sera malheureux. Il faut qu’il travaille avec son équipe municipale, ses agents ou sa secrétaire, sa population, ses collègues, les collectivités locales, l’État et l’AMF. »
Justement, comment l’AMF 21 va les accompagner ?
L R : « Nous allons avoir un travail d’acculturation pour les nouveaux élus. Nous préparons un cycle de formation avec des partenaires comme la gendarmerie avec laquelle nous évoquerons la cybercriminalité ou la gestion des conflits ; la chambre régionale des comptes, à la fois là pour contrôler mais aussi aider. Nous envisageons aussi des réunions en lien avec la préfecture. Nous laissons d’abord le temps aux maires de s’installer et de reprendre un peu d’oxygène après ces élections, de se mettre en place. Par contre, le rendez-vous important aura lieu le 6 juin avec une journée des maires qui se tiendra à Dijon. Elle s’articulera autour de tables rondes, de rencontres, de stands, de moments d’information et nous réunirons les représentants de l’État et les différents acteurs dans la vie d’un maire.
Je tiens aussi à rappeler aux élus, anciens et nouveaux, que l’AMF est à leur service du premier au dernier jour de leur mandat, notamment avec notre service juridique. Nous sommes à leurs côtés quand ça va bien mais aussi quand ça ne va pas du tout. Un mandat peut tout aussi bien être long ou court, selon que l’on soit passionné ou que l’on subisse les choses. En six ans, il y aura des moments difficiles, des émotions fortes, mais on peut être heureux en tant que maire. »
Quels sont les défis de ce mandat qui débute ?
L R : « Même si ça semble moins complexe qu’en 2020, le mandat s’ouvre sur une situation internationale explosive, source d’incertitude. Toutefois, les maires seront là pendant toute la durée du mandat. Nous traverserons les sénatoriales, les présidentielles puis les législatives et les départementales. Dans cette succession, les maires seront des facteurs de stabilité. Ils répondront présents pour gérer et garder la confiance de la population, mais il faut les épauler pour qu’ils tiennent leur rôle. Les maires ont aussi prouvé leur flexibilité. Il y aura des temps financiers et budgétaires contraints mais là encore, ils seront là ! »
Des propos recueillis par Nadège Hubert