Le projet aura demandé du temps avant de devenir concret mais ça y est, les travaux du réseau de chaleur d’Arnay-le-Duc ont été lancé en début d’année. Prévu pour une mise en route dès la prochaine saison de chauffe, cet investissement ne devrait que peu peser sur les finances publiques.
Il a fallu étudier puis convaincre chacun de l’intérêt du projet d’un réseau de chaleur à Arnay-le-Duc. Initiées à l’époque du COVID, les réflexions ont été conduites aussi bien par la mairie, la communauté de communes du Pays Arnay-Liernais, le département, l’ONF que le SICECO, avec l’objectif de mesurer la pertinence de réaliser un tel équipement et l’investissement qui en découle. « Il fallait faire évoluer le système existant, au fioul. En territoire forestier, nous voulions privilégier une ressource renouvelable » explique Sébastien Leroux, maire d’Arnay-le-Duc.
Les échanges et les débats ont finalement conduits à la concrétisation de l’idée et les travaux du futur réseau de chaleur ont débuté en janvier 2026 avec la construction du bâtiment qui accueillera les trois chaudières. « En lien avec le SICECO qui gère le projet, nous avons opté pour une certaine innovation puisque nous aurons deux chaudières à bois déchiqueté tandis que la chaudière de secours, habituellement au fioul, fonctionnera quant à elle grâce à des granulés de bois. » Cette installation d’une puissance de 1 000 kilowatts à vocation à remplacer toutes les chaudières à fioul actuelles. Par conséquent, le réseau en cours de réalisation alimentera la crèche, l’école maternelle, l’école élémentaire, le collège, le gymnase ainsi que la demi-pension ; impliquant toutes les collectivités concernées : mairie, communauté de communes et département. Après la réalisation du bâtiment pour les chaudières, les travaux de tranchées se feront progressivement dès les prochaines vacances scolaires, pour gêner le point possible les usages.
Réduire l’empreinte carbone
Les chaudières seront alimentées grâce à des entreprises du territoire pour privilégier non seulement une énergie renouvelable mais surtout les circuits courts. « Nous allons éviter le rejet de 306 tonnes de CO2 par an soit l’équivalent de 153 voitures qui rouleraient 15 000 kilomètres en une année » se réjouit Sébastien Leroux. L’élu insiste aussi sur la pertinence du projet avec un réseau qui fonctionnera dans un périmètre restreint afin d’éviter une déperdition de chaleur et la multiplication des tranchées. « Les infrastructures qui seront chauffées ont une utilisation spécifique donc nous aurons un rendement plus efficace. » Le nouveau réseau devrait être opérationnel dès l’automne-hiver 2026, pour la « prochaine saison de chauffe », tandis que la nouvelle demi-pension ouvrira ses portes en janvier 2027.

Réduire la charge financière locale
Pour mener à bien ce projet d’un montant de 1,4 million d’euros, les élus, appuyés par le SICECO, ont cherché les financements possibles, à hauteur de 80 % du coût global. Le FEDER, l’ADEME, la Région et le Département apportent ainsi la majorité des fonds. « Nous pouvons compléter et cumuler avec des CEE, certificats d’économie d’énergie et nous devrions donc arriver à 95 % de prise en charge. Il ne resterait que 70 000 euros à notre charge. Quand on mène un projet innovant assez tôt, on trouve des aides ! » En complément, la collectivité devrait réaliser des économies sur le prix des énergies, notamment sur le fioul, avec des dizaines de milliers d’euros chaque année, alors que le contexte fait actuellement flamber les prix.

D’autres idées en tête
Tout juste réélu, Sébastien Leroux porte d’autres projets pour Arnay-le-Duc comme la transformation du bâtiment de 1 000 mètres carrés du Cour Roche, qui a vocation à devenir une maison partagée pour séniors autonomes d’une part et un lieu d’accueil pour un institut médico-éducatif d’autre part. Il espère également pouvoir mener la rénovation des cours de tennis et aménager la base de loisirs de Fouchey pour compléter les infrastructures existantes. D’autres travaux se profilent donc.
Nadège Hubert
