A l’occasion du lancement du décompte des cent jours précédant le Tour de France femmes, dont le contre-la-montre du 4 août reliera Gevrey-Chambertin à Dijon, la salle des Etats du Palis des ducs a accueilli une soirée autour du sport féminin. Organisée par la ville de Dijon, cette soirée était l’occasion d’échanger autour de thématiques économiques, sociales ou médiatiques avec des actrices du sport au niveau national comme international.
À J-100 du Tour de France Femmes avec Zwift®, Dijon s’inscrit pleinement dans cet événement d’envergure internationale qui mettra à l’honneur le territoire et le sport féminin. Dijon réaffirme ainsi son ambition de valoriser le sport féminin comme source d’émancipation, d’égalité et d’inspiration pour les jeunes sportives dijonnaises. À l’initiative de Nathalie Koenders, maire de Dijon, et ancienne championne de France de kayak cette soirée a mis en lumière les parcours, les défis et les perspectives du sport féminin à travers des tables rondes et des témoignages d’actrices et d’acteurs engagés.
Et il fallait bien une soirée pour comprendre et faire avancer la place des femmes dans le sport en mettant en lumière leurs parcours remarquables dans différentes disciplines malgré les épreuves et défis rencontrés pour faire progresser le sport féminin dans les mentalités.
A l’occasion des différentes tables rondes réunissant trois générations de femmes pratiquant le sport de haut niveau, on a pu apprécier un fait… 2 pas en arrière toute et peut-être un pas en avant ! La dissonance écorche les oreilles dès qu’il est question de rémunération des joueuses professionnelles avec une inégalité prégnante femme-homme. Payée beaucoup, mais alors beaucoup moins que les hommes, l’avenir post carrière des sportives professionnelles pose question. Là où les hommes trouveront très vite des postes « perchés, des contrats de marque etc. les femmes préparent leur « retraite sportive » très en amont afin de ne pas couler à l’aval. Quasiment toutes ont pensé à l’après en poursuivant des études, en validant des diplômes ou expériences professionnelles « pour assurer la suite ».
Déranger pour faire bouger, être ambassadrices du sport féminin, la génération montante engagée et performante se réjouit d’avoir eu des modèles grâce à la médiatisation, même timide su sport féminin. Chance que n’ont pas eu leurs aînées ! Chaque intervenante exprime un forme de désarroi en évoquant la sanctuarisation des équipes masculines dont les compétitions ont les honneurs de la TV en clair, quand les manifestations féminines ont droit à la version cryptée…Ciel cachez ces sportives que nous ne saurions voir !
Pour ces jeunes femmes de 16 à 43 ans professionnelles ou amatrices (haltérophilie), il s’agit de penser et jouer collectif, aller au-delà du projet individuel de la femme en rangeant son égo au fond de sa poche… Un égo ravageur, servi par les réseaux sociaux « Là où les hommes connaissent tout et peuvent tout dire, en tant que femme, je me fais rembarrer parce que je suis une femme et donc que je n’y connais rien au hand même si je suis joue en équipe de France et que je pars pour les championnat d’Europe ! »
Les entraineuses, dirigeantes et arbitres femme se sentent peu légitimes dans leur rôle et leur métier (notamment dans le hand) « Il faut jouer des coudes, chercher, trouver et faire valoir sa place et sa légitimité. Ça commence à devenir possible, à contrario des hommes qui n’ont pas besoin de cela. Dans ce contexte, il faut accompagner les nouvelles générations pour qu’elles sachent s’imposer par le sport sans jouer des muscles et du mauvais vocabulaire contre les hommes ».
Des jeunes femmes, sportives, épanouies qui ont l’impression qu’on fait trois pas en avant, deux pas en arrière, qu’on avance sur certaines thématiques comme la libération de la parole, de l’écoute, les conditions des sportives mais en se rendant compte qu’on n’avance pas véritablement, que ce soit au niveau des préjugés ou du sexisme ordinaire !
Madame la maire de Dijon a réaffirmer son soutien à la section féminine football du DFCO, actuellement cinquième de Première Ligue et toujours en course pour les play-off, menacée de disparition dès la fin de la saison pour des raison économiques ! En vente depuis près d’un an et demi, les discussions avec de potentiels repreneurs sont au point mort, ce qui force les dirigeants dijonnais à revoir leur modèle économique.
Pour Nathalie Koenders, s’exprimant en tant que femme et sportive, le sport un pilier de la cohésion sociale, porteur de fraternité, d’égalité et d’émancipation. C’est créer du lien social et s’approprier des valeurs communes de tolérance.
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