Violaine Démaret a pris ses fonctions de nouvelle préfète de Côte-d’Or et de région en cette dernière semaine d’avril. Tournée vers la sécurité, elle souhaite également mettre l’accent sur la ruralité et sur la collaboration avec les élus locaux.
Souriante, avenante, désireuse de maitriser les dossiers et les acteurs du territoire, Violaine Démaret endosse la fonction de préfète de Côte-d’Or et de Bourgogne-Franche-Comté à la suite de Paul Mourier. Ancienne préfète du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence, après un passage comme conseillère intérieur et sécurité auprès de la présidence de la République, elle considère que la sécurité reste la première des libertés. Pour autant, bien qu’elle cible les narcotrafiquants pour poursuivre le travail engagé, elle inscrit également d’autres priorités dans le haut de sa liste, à commencer par l’industrie mais aussi l’agriculture. « J’écoute, je regarde la physionomie du département et de la région. J’ai toujours travaillé avec les représentants de la filière mais aussi de la profession. Le défi est de les rassembler sur des enjeux communs. »
Interpellée sur les retards de paiement des aides associées à la politique agricole commune, la préfète a présenté clairement son objectif : « Je veux pleinement m’assurer que les dispositifs vont jusqu’à la ferme et sur le compte des exploitants. » Parmi ses premières sorties de terrain, Violaine Démaret prévoit de rapidement se rendre à la rencontre d’agriculteurs. Elle garde également en ligne de mire les enjeux associés à l’eau tant pour leur impact sur la population que sur le monde économique.

À l’écoute des territoires
Les agriculteurs ne sont pas les seuls représentants de la ruralité que la préfète entend rencontrer mais aussi écouter. « Je compare les élus locaux et le bloc communal à un pack de rugby. Ils sont tous exposés, en première ligne. Selon moi, il n’y a pas de petites mairies. Nous devons être en lien avec eux pour les épauler au mieux. » Violaine Démaret a d’ores et déjà en tête l’idée d’aller à la rencontre des élus, d’échanger avec eux une fois par trimestre ou plus, en visio pour que tous puissent y participer, en fixant des thématiques, « importantes selon les besoins locaux ou la commande gouvernementale. » La préfète espère pouvoir apporter des réponses à toutes leurs questions ou, si ce n’était pas le cas, aller les chercher en s’assurant qu’elles arrivent aux élus locaux.
En parallèle, Violaine Démaret a rappelé le rôle de ses sous-préfets, à Dijon, Beaune et Montbard, que les élus doivent solliciter en priorité. « J’irai également dans les petits villages. J’ai moi-même grandi dans une vraie petite commune. Je sais ce que c’est la ruralité, la demande de services publics. »

Resserrer les liens
Alors que certains élus et habitants ruraux ressentent un sentiment d’abandon vis-à-vis des prises de décision ou des services, Violaine Démaret entend lutter contre cette impression des élus d’être relégués à l’arrière-plan. « Il faut prendre ce sentiment en considération et mettre en œuvre les plans ruralité. Nous devons nous assurer que les élus connaissent les solutions existantes, les boîtes à outils à leur disposition, en particulier les nouveaux maires. » Projets alimentaires territoriaux, agenda ruralité, maison France service… La nouvelle préfète souhaite trouver des solutions aux problèmes dont les élus lui feront part. « Si elles ne se trouvent pas dans notre catalogue, nous chercherons ailleurs pour déverrouiller les dossiers. »
Dans l’attente d’aller se frotter aux acteurs de terrain et de territoire, la nouvelle représentante locale de l’État se réjouit de découvrir une région de gastronomie et de vins. « Ce ne sera pas difficile de servir mon pays dans une telle région. D’ailleurs vous mesurez la qualité d’un territoire au nombre de personnes qui ont manifesté leur souhait de venir vous rendre visite », a conclu Violaine Démaret, les yeux qui pétillent déjà à l’idée de sélectionner ses premières expériences gustatives mais aussi ses premières visites patrimoniales.
Nadège Hubert