La Région débloque 150 millions d'euros pour les agriculteurs

06 mai 2026

Le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a signé une convention de partenariat avec la chambre régionale d’agriculture dans le cadre d’un plan de soutien de 150 millions d’euros pour la période 2026-2028. Des actions concrètes dans un contexte initialement tendu suite aux lenteurs administratives.

« C’est un renouveau entre nos deux instances » débute Christian Morel, vice-président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté en faisant allusion à la convention que sa collectivité a signé avec la chambre régionale d’agriculture. Conscient que les agriculteurs traversent une situation complexe qui cumule des revenus bas, une nécessaire adaptation au changement climatique et des difficultés à transmettre leur exploitation au moment de la retraite. D’ici 2030, un tiers des exploitants atteindront l’âge où ils pourront cesser de travailler, mais le renouvellement n’est pas assuré avec un taux de 66 % seulement.

La Région mobilise en faveur de l’agriculture un budget massif de 150 millions d'euros sur la période 2026-2028, autour de priorités partagées avec la Chambre régionale d’agriculture, notamment le renouvellement des générations. Concrètement, le projet intègre le soutien au futur réseau « France Services Agriculture » dès 2027 pour sécuriser le parcours des nouveaux installés ou encore participer à la promotion active des formations agricoles auprès des jeunes et des publics en reconversion. « Nous allons également augmenter la dotation aux jeunes agriculteurs qui passe de 43 000 à 65 000 euros soit la première dotation de France. Beaucoup de nos territoires dépendent de l’économie agricole et de ces populations. Il faut donc créer un environnement pour les accueillir. »

Encourager la diversification

Christian Morel insiste sur d’autres priorités de la convention qui unit les deux entités. « Nous devons créer de la valeur ajoutée ou des revenus aux agriculteurs. Certaines filières ont montré qu’elles avaient la capacité de progresser comme le Comté ou la viticulture qui font des efforts avec des revenus à la clé. » Si les viticulteurs représentent le deuxième secteur agricole en région, devant l’élevage, ce sont bien les céréaliers qui trônent à la première place. « C’est un sujet important et on constate un déséquilibre face à d’autres régions. La France perd des parts de marché au profit des pays de l’Est. »

©Nadège Hubert

Pour aider ces acteurs à surmonter cette concurrence, le vice-président de la Région souhaite trouver de nouveaux segments de marché, produire et transformer localement les produits pour ensuite les exporter plutôt que de ne produire que de la matière première. Il pense par exemple à l’engraissement des jeunes bovins. « 10 000 animaux de plus ont été engraissés dans la région grâce à l’aide de la région. » Du côté des céréaliers, l’élu rappelle que la France fait majoritairement faire sa farine en Allemagne. Il entend donc collaborer avec les coopératives agricoles pour aider à renforcer cette production au niveau local. « Nous devons trouver des segments rémunérateurs et vendre le made in France aux consommateurs qui doit lui aussi jouer le jeu. Nous devons retisser du lien entre le monde animal et le monde végétal. » Christian Morel fait allusion à la production de protéines qui pourrait reposer sur les céréaliers français plutôt que d’avoir recours à l’importation pour fournir les élevages. Le prix pourrait toutefois être plus élevé et donc être répercuté sur le consommateur. « Il est important de montrer qu’en privilégiant les produits bruts, on fait des économies et on mange mieux qu’avec des produits transformés. » La Région a notamment mis cette vision en place dans les lycées et se fixe l’objectif d’atteindre 75 % de produits bios et locaux dans cette restauration collective d’ici la fin du mandat en cours.

D’autres engagements à tenir

Christian Morel n’oublie pas la viticulture que la Région veut soutenir dans une démarche bas carbone qui vise non seulement à faire évoluer les pratiques mais aussi à répondre aux exigences d’un consommateur de plus en plus exigeant. « Nous épaulons aussi la filière dans son travail à l’export pour qu’elle ne dépende pas uniquement du marché américain, trop risqué. » Enfin, la Région n’oublie pas l’enjeu que représente une gestion de l’eau plus sobre et résiliente en accompagnant les agriculteurs vers une réduction des consommations. Elle soutient prioritairement la restauration de la qualité des captages d'eau potable et finance des solutions de stockage des eaux de pluie pour sécuriser les exploitations face aux sécheresses répétées.

Et pour ses différents points, la collectivité prévoit d’agir concrètement pour lever certains freins du quotidien, à commencer par un travail de simplification administrative pour rendre les aides régionales plus lisibles et réduire les délais d'instruction et de paiement. A n’en pas douter, les agriculteurs sauront le rappeler.

Nadège Hubert

Photo d'accueil ©DavidCesbron

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez aussi...

Chambre d'agriculture de Côte-d'Or : développer des agricultures rentables aux côtés des collectivités
Par ses missions de conseil, d’accompagnement et de formation, la chambre...
Châtillon-sur-Seine : un nouveau restaurant scolaire adapté aux besoins de ses usagers
Mardi 5 mai 2026, une délégation régionale menée...
Manger sain, un droit accessible à tous
La CAF de la Côte-d’Or et la MSA Bourgogne ont lancé une...
La préfète de Côte-d'Or au contact des agriculteurs
Simplification administrative, énergies renouvelables, gestion de...
Le Châtillonnais au coeur des ENR
Agrivoltaïsme, panneaux solaires… Les territoires cherchent...
Souveraineté alimentaire : la réflexion avant l'action régionale
Le 16 avril dernier, la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté...
Arnay-le-Duc : ça va chauffer en 2026 !
Le projet aura demandé du temps avant de devenir concret mais ça...
Des vignes pas comme les autres
Propriétaire de 63 ares de vigne sur la commune de Pommard, le conseil...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *