Simplification administrative, énergies renouvelables, gestion de l’eau, concurrence européenne… À l’occasion d’une première sortie officielle, la nouvelle préfète de Bourgogne-Franche-Comté et de Côte-d’Or, Violaine Démaret, est allée à la rencontre de la filière agricole pour échanger sur ses problématiques.
Elle l’avait présentée comme l’une de ses évidentes priorités à côté de la sécurité, l’agriculture a fait l’objet d’une première visite officielle et publique. La préfète Violaine Démaret a en effet souhaité échanger avec les exploitants agricoles. Après une rencontre avec la filière viticole à Beaune, la représentante de l’État s’est rendue dans l’exploitation Agro DFG à Saint-Julien pour écouter les attentes d’une profession dans toute sa diversité. « Les agriculteurs n’ont pas besoin de longs discours, mais que l’on écoute et que l’on agisse. Il faut traduire nos paroles en actes », a-t-elle notamment précisé.
L’eau au cœur des inquiétudes

Une vingtaine d’agriculteurs ; éleveurs, céréaliers, viticulteurs ; ont ainsi pu lui exposer leurs problématiques. « J’ai certes entendu des problèmes, mais on m’a aussi fait part de solutions mises en place ou encore de propositions. » L’exploitation Agro DFG a présenté ses récents équipements ou encore son système d’arrosage goutte à goutte. Car, en tête de liste des inquiétudes des agriculteurs, figure la question de l’eau, indispensable pour irriguer les champs ou abreuver les élevages. La préfète entend les accompagner sur ce sujet tant pour organiser les usages que pour sécuriser les activités. « Il ne faut pas oublier la rentabilité des exploitations et leur durabilité. Nous ne devons pas opposer agriculture et environnement mais porter les deux enjeux. » Soutenue par Jacques De Loisy, président de la chambre d’agriculture de Côte-d’Or, la remise en place d’étangs pour stocker l’eau fait partie des actions concrètes que la préfète veut soutenir. « Je préfère parler de mise en réserve de l’eau. Une dizaine de projets ont été étudiés et je crois qu’il faut accélérer la création de ces réserves d’eau dont l’utilisation pourra être mutualisée avec les services d’incendie et de secours. »

L’action au-delà des discours
La politique agricole commune, la question de la transmission des exploitations, les dégâts causés par la faune sauvage, les énergies renouvelables ou encore la tuberculose bovine ont trouvé leur place dans les échanges. En réponse, la préfète s’est engagée à regarder ces différents points. « Je veux par exemple m’intéresser à l’impact des blaireaux sur la dissémination de la maladie. » Autre point crucial évoqué par les exploitants agricoles présents, la simplification administrative. « Simplifier, c’est parfois compliqué, mais il faut le faire », a répondu Violaine Démaret. La préfète entend agir sur ce qui relève de l’échelon local et faire remonter au national les propositions pertinentes. « Je voudrais également travailler sur la problématique de raccordement des énergies renouvelables avec les opérateurs. Les agriculteurs font des investissements, ils attendent donc d’être opérationnels au plus vite. » Violaine Démaret prévoit d’autres visites de terrain ainsi que des réunions de travail pour avancer encore sur les préoccupations agricoles, une « évidente priorité » à ses yeux.
Nadège Hubert