À chaque nouveau mandat, les élus locaux savent que les années à venir apporteront leur lot de défis à relever. Avec un évident budget contraint, la communauté de communes de la Plaine Dijonnaise a d’ores et déjà identifié des enjeux comme le vieillissement de sa population, le manque de logements, la collaboration entre les territoires ou encore la transition énergétique.
Par où commencer ? Quand il s’agit d’évoquer les défis du nouveau mandat qui attendent les élus au sein d’une communauté de communes en général et de celle de la Plaine dijonnaise en particulier, Patrice Espinosa, le président de la collectivité, commence par s’inquiéter de la future loi de finances. « En 2026, nous avons déjà reçu environ 70 000 euros de dotation en moins. L’intercommunalité a été chercher des recettes pour compenser. Nous avons décidé que l’usager paierait un peu plus les services plutôt que de faire peser les dépenses sur l’ensemble des foyers fiscaux en augmentant les impôts. »
Une fois ces craintes financières, sans doute partagées par de nombreuses collectivités, établies, le président de la communauté de communes de la Plaine dijonnaise dresse un constat mesuré quant à l’attractivité de son territoire. « Nous n’avons pas perdu d’habitants à l’échelle de la communauté de communes, mais quelques communes régressent. La loi ZAN ne va pas nous permettre de faire évoluer nos populations car toutes nos communes n’ont pas de dents creuses. » Face aux restrictions d’urbanisme, les communes devront sans doute repenser leur stratégie en misant sur la verticalité, renonçant parfois à opter pour des pavillons. « On ne peut urbaniser que pour maintenir nos populations mais pas pour nous développer. Pourtant, malgré des logements supplémentaires, nous perdons des habitants et devons faire face à une démographie vieillissante ». Directement impactées par la politique du logement, la question des seniors mais aussi, par rebond, celle de la santé et des services préoccupent les élus locaux.
Des besoins primaires
« Nous sommes en retard sur l’accueil et le maintien à domicile des séniors. Nous manquons de logements adaptés. » Patrice Espinosa mentionne les deux EHPAD de Genlis et Aiserey ainsi que la maison des séniors autonomes à Longeault-Pluvault mais reconnait un enjeu fort tant sur l’hébergement que sur l’isolement des personnes âgées. « Nous avons des besoins importants tant pour subvenir aux attentes des séniors de notre territoire que pour accueillir des séniors des territoires voisins. » Toutefois, pour l’élu, la proximité de moyens de transport reste un atout de nature à favoriser l’implantation de structures et à dynamiser la vie économique locale. Le président de la communauté de communes insiste également sur la nécessité pour les élus de communiquer pour mutualiser leurs projets et leurs investissements, quelle que soit la compétence concernée, « en gardant notre indépendance. Nous devons travailler intelligemment entre territoires. »
Déjà, la Plaine dijonnaise et la communauté de communes de Norges-et-Tille ont opéré des rapprochements sur le sujet transversal de la mobilité. Un enjeu partagé par Dijon Métropole, qui mène une réflexion semblable, poussée par le flux des véhicules qui entrent et sortent de la capitale régionale. « Nous avons une volonté réciproque d’échanger. La Métropole s’ouvre aux autres et doit prendre en compte la ruralité. » Une campagne qui, pour participer à la réduction de ses flux, doit être en capacité de proposer des emplois sur son territoire. « Nous avons la chance d’avoir du foncier économique et plusieurs zones d’activité économique. Nous avons besoin d’un bassin d’emploi fort pour faire vivre le territoire. » Patrice Espinosa se réjouit que les procédures concernant les 26 hectares des 100 journaux touchent au but et aboutissent à des commercialisations, peut-être à la fin de ce mandat. « Nous sommes aussi attachés à soutenir le monde économique local que ce soit à travers la matinale des professionnels au sein de la communauté de communes ou en participant au club des entreprises. »
Et des priorités pour répondre aux besoins
À la liste des enjeux du mandat qui débute, Patrice Espinosa ajoute l’importance de l’écoute des 22 communes. Partisan défenseur de la décentralisation des services de la collectivité, il œuvre pour qu’ils se déplacent dans les territoires aussi bien pour parler santé que pour les sujets relevant de la jeunesse. « Il faut encourager les communes à se faire le relais des actions de la communauté de communes et qu’elles l’accompagnent en retour. Nous sommes proches de nos communes mais on doit faire mieux. »
Dernier sujet, mais pas des moindres, le président évoque l’enjeu de la transition énergétique. Certes déjà engagée, la démarche se consolide dans ce mandat avec un projet de centrale photovoltaïque flottante sur le bassin de la Boulouze. En plus de récupérer les eaux de pluie de la ZAE pour les mettre gratuitement à disposition des agriculteurs, le site s’inscrira plus encore dans la transition énergétique. « Nous avons également un projet d’ombrière sur le parking de la communauté de communes qui servira à alimenter sept sites. » Autant de projets et d’actions qui font dire à Patrice Espinosa que sa collectivité est « regardée, écoutée et parfois même copiée » !
Nadège Hubert