Engagée dans une dynamique en faveur du bien-être animal et de la protection du vivant, Dijon Métropole a ouvert lundi 15 juin un cimetière animalier sur son site funéraire. Répondant à une demande accrue des habitants, ce nouveau lieu leur offre désormais un espace dédié au souvenir et au recueillement pour leurs animaux de compagnie.
C’était au programme du candidat François Rebsamen aux élections municipales de 2020. Covid oblige, le projet avait été reporté. Six ans plus tard, le premier cimetière animalier de Bourgogne-Franche-Comté ouvre ses portes au 7 chemin du bois Guiton, sur le site funéraire métropolitain Dijon Mirande. « Les animaux de compagnie accompagnent nos quotidiens et deviennent des membres de la famille à part entière. Lorsqu'arrive le moment de leur dire au revoir, c’est important de les honorer et de disposer d’un lieu de recueillement à la hauteur de la joie et de l’affection qu’ils nous ont apportées tout au long de leur vie », a déclaré Nathalie Koenders, maire de Dijon, à l’occasion de l’inauguration du site le 17 juin. Alors qu’il vient d’ouvrir, les demandes sont déjà nombreuses. « On constate l’engouement immédiat, des personnes qui se posent des questions nous contactent car leurs animaux sont en fin de vie », affirme François Deseille, vice-président de Dijon métropole en charge du complexe funéraire. Il poursuit en expliquant le fonctionnement : « La première étape, c’est le passage chez le vétérinaire au décès de l’animal. » Ensuite, 220 concessions de pleine terre et 70 concessions cinéraires destinées à l’accueil des urnes sont proposées pour une durée de 5 ou 10 ans avec une tarification différenciée selon le lieu de résidence des usagers. « L’inhumation ne concerne que les animaux de moins de 40 kg », précise l’élu. « Pour les autres, l’incinération est obligatoire ». Il ajoute que seuls les animaux « classiques » (lapins, cochons d’Inde, chiens et chats) seront acceptés. Un jardin de galets au centre du cimetière est dédié à la dispersion des cendres, sur rendez-vous, gratuitement.

Un vrai lieu de recueillement
Séparé des espaces funéraires existants, le cimetière animalier dispose de sa propre entrée et s’étend sur 1 750 mètres carrés La dimension paysagère a été majeure dans la conception du projet. En plus des nombreuses plantations d’essences variées, locales, adaptées au climat et peu gourmandes en eau, une attention particulière a été portée pour rendre le lieu agréable, propice au calme et au recueillement. « Les cheminements sont courbés et donnent envie de se balader, ils ont été bordés de pavés pour un rendu plus qualitatif. Des bancs ont été installés pour prendre le temps du recueillement », illustre Sylvain Carraud, directeur des paysages et espaces publics à la métropole. Les usagers pourront même choisir le matériau de recouvrement utilisé lors de l’inhumation, selon leurs préférences esthétiques.

Une collectivité engagée pour le bien-être animal
Nathalie Koenders a rappelé l’engagement de Dijon métropole en faveur du bien-être animal, qui en 2020 a créé une délégation pour répondre à ce besoin croissant exprimé par la population. Il s’est traduit en 2020 par la création d’une délégation dédiée à la protection animale, suivie de la formation de la police municipale aux problématiques animales. « Nous avons également aménagé 13 enclos à chiens et créé un caniludiparc au parc de la Toison d’Or, dans lequel les chiens peuvent se dépenser sans laisse », ajoute la maire de Dijon. La collectivité accompagne aussi les associations qui veillent au bien-être des chats errants et agissent pour réguler leur population. La délégation métropolitaine a d’ailleurs impulsé la création d’un refuge, le « Chatabri », installé au parc Jeanne Barret. « Notre engagement est nécessaire car ce sont des êtres vivants », martèle Nathalie Koenders. Elle souligne d’ailleurs les enjeux qui accompagnent l'inauguration du cimetière animalier, en juin alors que les abandons sont toujours à la hausse lors de la période estivale. Isabelle Pierrey, présidente bénévole à la SPA des Cailloux, tire la sonnette d’alarme : « Ce mois de juin 2026 est particulièrement terrible. Nous constatons énormément d’abandons et de maltraitance extrême, je n’ai jamais vu ça. Nous avons récemment accueilli quatre chats et trois chiens, abandonnés le même jour, c’est stupéfiant. » La prévention reste donc aujourd’hui toujours nécessaire pour que chaque animal puisse vivre, mourir et reposer dignement.
Déborah Vital

Un bungalow d'accueil des usagers est installé à l'entrée du site