Premières Assises et futur de la transition

23 juin 2026

Dijon accueillait cette semaine et pour la première fois, les Assises européennes de la transition énergétique. Porté par les métropoles et aires urbaines de Dijon, Bordeaux, Strasbourg et Dunkerque ainsi que par l’Ademe, l’événement visait non seulement à partager de bonnes pratiques, encourager la mobilisation et lutter contre la désinformation.

Accueillir les Assises européennes de la transition énergétique revêtait, aux yeux de François Rebsamen, un aspect « militant, au sens le plus noble et impérieux du terme, à l’heure où la puissance de la désinformation climatique parvient à faire vaciller des principes et des engagements qui semblaient acquis. » Alors que la commission européenne vient examiner le projet démonstrateur Response, Dijon et la Métropole ont voulu non seulement partager cette expérimentation mais aussi d’autres projets porteurs du territoire, que ce soit les 2200 panneaux photovoltaïques du parking du Zénith, l’unité de valorisation des déchets ou encore le centre de pilotage On Dijon.

D’ailleurs, dans le cadre des Assises européennes de la transition énergétique, la Ville de Dijon et Dijon métropole se voient décerner le label Climat-Air-Énergie 4 étoiles du programme national Territoire Engagé Transition Écologique (T.E.T.E.) porté par l'ADEME. Cette distinction, attribuée par la Commission régionale des aides Bourgogne-Franche-Comté de l'ADEME et le Comité national T.E.T.E., récompense la qualité de la stratégie menée par les collectivités et les résultats obtenus en matière de lutte contre le changement climatique, de transition énergétique et d'amélioration de la qualité de l'air.

Alors que les intercommunalités portent la majorité des compétences impactées et impactantes pour la transition énergétique, les déchets, la mobilité, l’eau…, François Rebsamen milite pour une réorganisation au plus près des territoires. « J’ai demandé à ce que les grandes métropoles deviennent l’autorité organisatrice de la transition. » À défaut, le président de Dijon Métropole attend que l’État cesse de changer les règles du jeu. « Nous avons besoin d’un cadre qui encourage l’initiative plutôt que de la freiner comme nous l’avons connu pour faire avancer l’autoconsommation collective. Pour le tramway, nous avons dû batailler kilomètre après kilomètre. »

L’information, un enjeu sous-estimé

En plus de mettre en lumière l’engagement de Dijon Métropole dans la transition énergétique, la 27e édition des Assises a été l’occasion de sensibiliser les participants au risque de la désinformation sur le sujet. « La désinformation peut tuer ! » a interpellé Eva Morel, invitée d’honneur de l’événement et secrétaire générale de QuotaClimat, association fondée en 2022 pour interpeller sur la faible place de la crise écologique dans l’agenda médiatique des présidentielles. Les tweets de Donald Trump incitant à rester chez soi en plein ouragan pour éviter les vols ou les faux numéros d’urgence circulant en Espagne pendant les inondations de Valencia, privant des personnes en danger d’un potentiel secours… Malheureusement, les exemples ne manquent pas. « C’est une stratégie pour ceux qui ont un intérêt dans l’économie carbonée et donc à ralentir la transition. Cela concerne aussi ceux qui génèrent des faux contenus et qui se rémunèrent au nombre de vues », précise l’experte, qui n’oublie pas les ingérences étrangères.

Contrairement aux idées reçues, ces fausses informations visent surtout les décideurs politiques, influencés comme tout un chacun par la télévision, la radio ou les journaux. « L’effet vu à la télé ancre la désinformation dans le narratif. » En 2025, l’association a identifié 665 cas de désinformation non contestés dans les médias. Quatre médias nationaux semblent plus coutumiers du fait, aux dires de l’association : CNews, Europe 1, Sud Radio et RMC. Toutefois, Eva Morel se réjouit d’avoir obtenu la condamnation de CNews par l’Arcom et de la sanction obtenue de 20 000 euros pour désinformation climatique non contredite à cause de propos climatosceptiques. Pour la secrétaire générale et l’association, il s’agit d’une première mondiale qui marque la fin d’un régime d’impunité face à la diffusion de fausses informations sur le climat dans l’espace médiatique, où la production d’information obéit à des contraintes déontologiques et légales. « Même des spécialistes du sujet comme moi peuvent se faire piéger car je l’ai été en relayant une fausse information avant de la vérifier. » La transition énergétique passe donc autant par les actes que par les mots !

Nadège Hubert

 

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