En parallèle des Assises européennes de la transition énergétique qui se déroulaient récemment à Dijon, Dijon Métropole a organisé un bilan du projet Response. Entourée de ses homologues de Turku en Finlande mais aussi d’autres acteurs impliqués venus de Bulgarie, Roumanie ou encore de Grèce, la collectivité a partagé son expérience, ses difficultés et ses succès.
Sur les 56 millions d’euros engagés dans le quartier de la Fontaine d’Ouche à Dijon, l’Union européenne a financé 10 millions d’euros dans le cadre du projet Response, Smart Cities Energy Transition. « L’Europe a pris en charge toute la partie R&D indispensable. En complément, le financement porte sur la réhabilitation thermique, les équipements », rappelle Jean-Patrick Masson, ancien vice-président de Dijon Métropole qui a porté le projet Response de son initiation à sa réalisation.
À travers un rapport final de ce projet ambitieux d’énergie renouvelable en autoconsommation collective au cœur du quartier de Fontaine-d'Ouche qui a vu le jour en 2020, Dijon Métropole détaillera les outils afin d’aider d’autres territoires dans la duplication. « Nous expliquerons ce qui a été fait, le coût, les économies financières autant que de gaz à effet de serre, mais aussi l’acceptabilité du projet par les habitants. » Engagée dans Response au même titre que Dijon, la sœur finlandaise Turku n’est pas la seule ville impliquée puisque différentes villes suiveuses ont déjà pu piocher des idées de Gabrovo en Bulgarie à Botosani en Roumanie en passant par Eodia en Grèce ou Bruxelles en Belgique. Maintenant que Response a fait ses preuves, d’autres pourront également s’en inspirer.

Du concret pour demain
« L’école Buffon est la démonstration concrète de ce que peut être la ville de demain avec un patrimoine existant adapté », souligne Karine Huon-Savina, adjointe déléguée à l’adaptation de la ville au changement climatique, à la végétalisation et à la biodiversité et conseillère métropolitaine déléguée à la qualité de l’air et au bruit. À côté des collectifs appartenant aux bailleurs sociaux Orvitis et Grand Dijon Habitat, le groupe scolaire, équipé de panneaux solaires, vise à montrer de façon pragmatique une écologie de solutions. Et les chiffres sont là pour traduire les résultats avec une production d’énergie qui couvre 115 % de la consommation du quartier. « Au départ, nous projetions d’intégrer 500 logements et 8 bâtiments publics, mais finalement Response concerne 1 000 logements et 24 bâtiments publics », complète Jean-Patrick Masson. Plus que des économies, l’autoconsommation collective permet de réduire les coûts énergétiques à l’heure où les prix s’envolent. Ce sont ainsi plus ou moins 30 euros par logement de charges en moins, mais surtout 45 % d’énergie consommée en moins. « Les habitants sont devenus acteurs de la transition, ils se sont appropriés le projet », souligne Karine Huon-Savina.
Avec 53 partenaires, 13 pays européens impliqués mais aussi 83 % d’énergie renouvelable et de récupération de chaleur, Response a démontré toute son utilité dans un monde en transition. « Nous montrons que l’on peut agir à l’échelle d’une collectivité où se font et se décident les choses, grâce à des compétences humaines, des partenariats. Nous avons des ambitions climatiques que nous arrivons à mettre en œuvre », conclut Céline Tonot, vice-présidente de Dijon métropole déléguée à la transition écologique, aux déchets et à l'énergie et maire de Longvic.
Nadège Hubert