Depuis 120 ans, les communes sont les autorités concédantes en matière d’électricité. Dans la continuité, les syndicats d’énergie ont vu le jour en 1946. En Côte-d’Or, depuis 1947, le SICECO gère les réseaux pour le compte des collectivités et s’assure d’offrir le meilleur service à ses adhérents, notamment dans la relation avec le concessionnaire Enedis.
« Nous sommes au service des élus, des communes et des usagers en mettant l’accent sur la solidarité et la mutualisation des moyens », résume Pascal Grappin, nouveau président du SICECO. 675 du département et les 18 EPCI adhèrent au syndicat d’énergie dont le métier historique perdure mais ne manque pas d’évoluer. Après la distribution d’électricité et l’éclairage public, le SICECO s’inscrit dans les enjeux sociétaux pour répondre aux besoins des territoires en accompagnant les collectivités tant sur la rénovation du bâti, les énergies renouvelables que la mobilité durable. Pour le faire, le syndicat s’appuie notamment sur ses conseillers en énergie partagée, là pour conseiller et préconiser les meilleures solutions. « Nous sommes un tiers de confiance par exemple quand un élu veut se séparer de son chauffage au fioul. Nous l’accompagnons dans sa démarche, dans le financement et jusqu’à la réalisation des travaux. » Le SICECO réalise une étude spécifique qui va de A à Z.
Alors que Pascal Grappin se réjouit que le système du SICECO fonctionne bien depuis 1947, il ne cache pas son agacement face au projet de loi de décentralisation envisagé par le gouvernement. « C’était surtout un texte de recentralisation qui visait à renforcer le pouvoir local de l’État contre lequel les élus, les syndicats sont montés au créneau et notamment David Lisnard, président de l’AMF. » Devant les oppositions massives, le projet a été abandonné.

Être au rendez-vous électrique de l’Histoire
Dans la mission que les élus locaux lui ont confiée, le SICECO a également la charge de contrôler le travail du concessionnaire Enedis. Le contrat de concession qui lie les deux structures arrivera à terme en décembre 2028, l’occasion de renégocier pour la période 2029-2059, même si Enedis dispose d’un monopole. « Nous sommes responsables vis-à-vis des communes et des réseaux, tributaires du changement climatique et des changements d’usage qui encouragent l’électrification. » Pourtant Pascal Grappin s’inquiète de l’avenir. « Enedis doit préparer le réseau aux enjeux de demain car les câbles sont vieux et n’ont pas été conçus pour les besoins et les situations climatiques à venir. Ils doivent être adaptés et non renouvelés à l’identique. Il faut répondre à ces enjeux et Enedis n’est pas au rendez-vous de l’Histoire. » Conscient que le SICECO ne peut pas fonctionner sans ce contrat de concession, il n’est pas prêt à tout accepter.
La course à la généralisation des usages électriques, entre chauffage, climatisation, usage du quotidien et mobilité, l’interroge. « À la moindre coupure ou fermeture de centrale pour cause de maintenance ou parce que les conditions climatiques l’obligent, tout sera impacté. » Pascal Grappin pointe du doigt les injonctions faites aux élus à porter des projets d’énergie renouvelable, notamment photovoltaïques, qui se confrontent à des infrastructures insuffisantes pour les accueillir. « L’État nous dit qu’il faut les développer mais ce même État qui pilote EDF et Enedis ne met pas les moyens à disposition pour le faire. » Bien que plusieurs postes sources soient attendus d’ici 2030, ces équipements pourraient déjà être saturés avant même qu’ils ne soient opérationnels tant la demande croit. Et si les besoins deviennent conséquents, c’est que les élus locaux se sont saisis à bras le corps du sujet. « On sent une bascule avec la nouvelle génération d’élus qui veulent de l’autoconsommation et des revenus. » Le SICECO se pose donc comme un ambassadeur d’un mix énergétique qui intègre l’électrification, l’autoconsommation mais aussi le biogaz. « Au sein du SICECO, nous accueillons une personne mise à disposition par l’ADEME dans le cadre du dispositif les Générateurs. » Au SICECO, tout est fait pour inscrire les territoires dans leur époque, et au-delà !
Nadège Hubert