Ce n'était plus un secret, François Rebsamen brigue à nouveau la fonction sénatoriale. Le président de Dijon Métropole a officialisé, à Seurre, une candidature dont le monde était convaincu. Sans investiture affichée, il espère toutefois rallier différents partis mais aussi monde rural et urbain à son ambition.
Un trait d’union, telle est la façon dont François Rebsamen conçoit la fonction de sénateur qu’il espère occuper après les prochaines élections du 27 septembre prochain. Candidat déclaré, il a choisi Seurre pour officialiser sa candidature. « C’est un territoire qui défend les intérêts de sa commune, de son intercommunalité. La Côte-d’Or ne se résume pas à Dijon et Beaune et Seurre représente une centralité entre le rural et l’urbain. » Ce pont entre ville et campagne, François Rebsamen a souhaité le mettre en avant, soulignant le dynamisme de l’un et l’authenticité de l’autre mais surtout leur complémentarité. Marqué par son parcours politique à Dijon et au sein de la métropole, il considère que « Ce n’est pas forcément toujours ceux que l’on croit qui travaillent pour les élus locaux. Je veux faire l’union pour porter la voix de notre département à Paris. »
Une union qui se veut aussi politique. Bien qu’il se présente comme un « homme libre » qui ne sollicite aucune investiture, François Rebsamen compte sur les soutiens qu’il a « su réunir. » Il se revendique donc à la fois le candidat du Parti socialiste, de la Fédération progressiste, du MoDem, du Parti radical, de Génération écologie, du Parti radical de gauche ou encore de Place publique. Toutefois, il le reconnait : « Je ne sais pas dans quel groupe je siègerais mais je suis sollicité. »
Des priorités et un nouveau visage
Ancien ministre à deux reprises, sénateur de 2008 à 2014, il entend désormais reprendre le flambeau de François Patriat pour qui il a rappelé son profond respect. Pour cette candidature, le président de la métropole entend mettre l’accent sur quatre axes prioritaires avant de détailler son programme en septembre. Pour l’heure, les finances locales, une nécessaire simplification, une relation plus forte entre l’État et les collectivités locales et enfin les conditions d’une mise en œuvre d’une décentralisation s’inscrivent en haut de la liste des missions qu’il se donne avec l’ambition de « rendre de l’autonomie aux communes et rompre avec le parisianisme. Les élus locaux doivent avoir la reconnaissance qu’ils n’ont pas toujours. »

Dans cette course au Sénat, il s’est associé une première colistière avant que d’autres ne soient présentés au cours de l'été. Céline Gilardet-Aloizos, maire de Labruyère (239 habitants), et vice-présidente de la communauté de communes Rives de Saône en charge des finances et des ressources humaines, a déjà reçu la confiance du maire de Seurre tandis que d’autres élus du territoire se montrent plus réservés quant à ce choix. Directrice de région au Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne, elle débute son second mandat municipal. Bien qu’il ait estimé que « les maires ont besoin d’un sénateur expérimenté », il semble aussi miser sur un visage plus rural pour convaincre l’ensemble des 1630 grands électeurs amenés à s’exprimer et se défaire de l’image de citadin qui peut le suivre.
Nadège Hubert
