Parce que l’accessibilité universelle des services publics ne doit pas être une option, la préfecture de Côte-d’Or a initié les premières Rencontres de l’accessibilité. Durant le mois de septembre, les personnels de différentes institutions, en particulier ceux accueillant du public, seront sensibilisés à différents handicaps.
« Rendre les services publics accessibles ne se limite pas à une rampe ou une pente pour les fauteuils roulants » résume Magalie Malerba, sous-préfète, secrétaire générale adjointe de la préfecture de Côte-d’Or. La représentante de l’Etat a souhaité que l’accessibilité soit renforcée en sensibilisant tous les services publics et leurs personnels. A son invitation, la CAF, la MSA, France Travail, l’ARS, la Poste ou encore l’ensemble des directions régionales ont participé à une mise en situation à l’occasion du lancement de la première édition des Rencontres de l’accessibilité qui se dérouleront jusqu’au 30 septembre prochain. Toutes les familles de handicap y seront abordées sous différentes formes. « Près de 250 personnels des services publics se sont inscrits pour participer à une action de sensibilisation » se réjouit Magalie Malerba qui espère que d’autres suivront, en particulier les équipes chargées d’accueillir du public. « Nous ne sommes pas encore dans une culture totale de l’accessibilité par manque de connaissances. A plusieurs services, nous serons plus forts et nous apprendrons des autres en capitalisant. Il s’agit de lancer une dynamique. »

Comprendre pour agir
Pour donner plus de poids aux mots et à l’importance de la sensibilisation, la sous-préfète a souhaité organiser une immersion dans l’univers des personnes non-voyantes. Au cours d’une projection sans image, une cinquantaine de personnes ont pu comprendre une partie des difficultés auxquelles se confrontent celles et ceux qui ont perdu la vue. A l’issue de cette histoire consacrée à Louis Braille, un temps d’échange a permis aux acteurs publics d’interroger des personnes porteuses de ce handicap. Une occasion privilégiée d’identifier les barrières rencontrées par les personnes en situation de cécité. « La première étape pour nous consiste à rejoindre le service public visé. Cela nous demande du temps pour planifier le déplacement. Nous espérons ensuite que l’entrée soit signalée par une balise sonore que nous pouvons activer grâce à un appareil remis par le CCAS. Quand il n’y en a pas, il nous faut au moins une bande rugueuse pour rejoindre l’accueil. Mais parfois, la bande s’y arrête alors on ne peut pas rejoindre l’ascenseur par exemple » ont ainsi expliqué les intervenants.
Et que dire des sites internet à l’heure du tout numérique ? Malgré des outils de plus en plus performants, ordinateurs ou smartphones spécifiques, l’inaccessibilité numérique persiste. « Si les développeurs ne paramètrent pas bien les éléments, on est bloqué. Si un bouton est juste signalé comme un bouton sans préciser à quoi il sert, on ne peut pas avancer. » Les personnes porteuses d’un handicap visuel expliquent aussi avoir besoin de plus de temps pour agir. « On ne peut pas improviser une visite dans un bureau » rappellent-ils.

Un visuel pour tous
Consciente que des difficultés perdurent, Magalie Malerba souhaite renouveler chaque année les Rencontres de l’accessibilité. Pour ce faire, elle a voulu se doter d’un logo reconnaissable dont elle a confié la conception à des jeunes de plusieurs quartiers de la métropole. Ainsi dix équipes ont proposé un logo répondant à la charte de la préfecture. « Nous voulions quelque chose de professionnels car cela représentera l’Etat. » Entourée d’un jury, Magalie Malerba a retenu le projet de logo de l’équipe de Chenôve : Handiversel. « Nous avons aimé l’arbre qui montre des racines communes mais une diversité de branches avec les familles de handicap. Nous avons aussi apprécié les valeurs de la République avec le bleu, blanc, rouge ou encore la présence du chiffre 21. » Le logo intègre aussi le langage imaginé par Louis Braille et sera disponible en relief pour être présenté aux intervenants non-voyants.
Nadège Hubert
