La communauté de communes du Grand Pontarlier structure son offre touristique

02 juillet 2026

Territoire frontalier avec la Suisse, le Grand Pontarlier redessine son offre touristique en s’appuyant à la fois sur ses liens avec le pays voisin et sur ce qui fait sa singularité. Objectif : devenir une destination de séjour à part entière. 

Le Grand Pontarlier et la Suisse partagent bien plus qu’une montagne en guise de frontière. Entre ces deux territoires qui dialoguent en permanence, « l’économie transfrontalière joue un rôle clé », notamment grâce au tourisme, explique Nathalie Bertin, vice-présidente de la communauté de communes chargée du développement touristique et du Château de Joux. Les touristes suisses, romands comme alémaniques, sont les premiers visiteurs étrangers du territoire, portés par un pouvoir d’achat plus élevé que leurs homologues français. À leurs côtés, une clientèle familiale de proximité vient du département du Doubs et de la région Bourgogne-Franche-Comté, suivis des Belges et Néerlandais, adeptes de tourisme nature et de camping. « Nous sommes sur le chemin de pèlerinage Via Francigena, emprunté par 55 000 randonneurs l’an dernier. Le camping municipal de Pontarlier contient beaucoup d’emplacements nus occupés en permanence : il répond à un besoin. »

Pourtant, les visiteurs ne restent en moyenne que 2,6 jours sur place. « Dans la ville de Pontarlier, le tourisme ne représente que 3% de l’activité économique (hormis Château de Joux). Difficile de faire moins bien », regrette l’élue. Avec l’équipe de la communauté de communes récemment élue, elle souhaite structurer l’offre touristique du territoire pour le rendre plus attractif, mettre en valeur ses atouts pour inciter les touristes à séjourner plus longtemps. Nathalie Bertin y voit aussi un avantage alors que le secteur de l'horlogerie, autre pilier économique local, traverse une période difficile depuis deux ans. « Si le secteur ne redémarre pas, il faudra qu'on s'adapte. Le tourisme est un secteur dynamique », justifie-t-elle, en misant sur les emplois que pourrait générer le développement de l'offre de restauration et d'hébergement.

Pâturage © Fabrice Parriaux

Consolider et développer les liens avec la Suisse

« Nous partageons deux histoires communes avec la Suisse », rappelle Nathalie Bertin, qui possède elle-même la double nationalité. La première est celle de l'absinthe. Née dans le Val-de-Travers suisse, elle s'est développée côté français, portée par les distilleries d'Émile-Ferdinand Pernod à Pontarlier, qui employaient à leur apogée plusieurs milliers de personnes. Interdite, puis de nouveau autorisée, l’absinthe possède déjà sa maison dans le village de Môtiers, en Suisse, à une vingtaine de kilomètres de Pontarlier, ainsi qu’une route praticable à pied, à vélo ou en voiture. « À Pontarlier, nous projetons de créer notre propre Maison de l’absinthe pour compléter l’offre et donner un point de départ et d’arrivée aux visiteurs. » Le second récit remonte à la guerre franco-prussienne : l'épopée des Bourbaki, du nom de l'armée française vaincue qui trouva refuge au Château de Joux - aujourd’hui quatrième site patrimonial le plus visité dans le département du Doubs - avant de franchir la frontière. La population suisse avait alors ouvert ses portes aux soldats : « Cet épisode est cité comme l’un des plus beaux gestes d’humanité dans les livres d’histoire », souligne l'élue.

C’est sur ce socle commun que la communauté de communes construit aujourd'hui un jumelage avec la ville suisse d’Yverdon-les-Bains. « Une charte d'amitié existe déjà, mais nous souhaitons aller plus loin, en développant des échanges culturels, sportifs et touristiques. » Une rencontre à l’occasion de la fête nationale suisse, le 1er août prochain, entend poser les bases d'un partenariat dont les premiers actes concrets sont attendus dès la fin de l'année.

De gros chantiers à venir

Au-delà de ses échanges avec la Suisse, le Grand Pontarlier investit pour réinventer son attractivité touristique propre. Créé en 2012, le site du Gounefay, un espace dédié aux loisirs de pleine nature au coeur de la montagne du Larmont, subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. La collectivité a donc décidé de supprimer le ski de descente faute d’enneigement suffisant, en maintenant le ski de fond et les raquettes. Près de 900 000 euros vont être investis sur les trois à quatre prochaines années pour développer une offre quatre saisons : trottinettes et vélos électriques, nouvelles pistes VTT, randonnées pédestres, aire de jeux pour les familles, et une réflexion autour d'un sentier sensoriel pour découvrir la nature autrement. « Nous sommes en pleine réorientation, c’est un gros effort de la collectivité », résume l’élue. Un autre chantier majeur de valorisation concerne le Château de Joux, site patrimonial emblématique. « Dans ce musée à ciel ouvert de 2,5 hectares et cinq enceintes, nous avons de quoi faire en termes de restauration patrimoniale et de programmation muséographique ! » sourit Nathalie Bertin. Chaque année de nouvelles salles sont ouvertes, mais le Grand Pontarlier souhaite aller plus loin et annonce investir en ce sens plusieurs millions d’euros dans les dix prochaines années. La collectivité porte enfin un projet de musée d’affiches du cinéma à Pontarlier : « Nous possédons 500 000 affiches, c’est la plus grosse collection d’Europe ». De quoi faire rayonner l’ensemble du territoire !

Le Château de Joux © Laurent Lepeule

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