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Photo d'accueil : ENSMontd'Or - ©JeromeSaillard

Patrick Comte, président du Syndicat mixte du Pays du Haut-Doubs et maire de Pontarlier © crédit Ville Pontarlier/Alexis Baud
Certains territoires du Doubs ressentent peut-être plus que d’autres l’impact du changement climatique. Dans le Haut-Doubs, les montagnes enneigées voient l’épaisseur de poudreuse se réduire progressivement tandis que les étés chauds attirent un nouveau touriste en quête de fraicheur qu’il faut prendre en compte.
Métabief… À l’évocation de ce nom, la pensée collective imagine des pistes blanches sur lesquelles glissent des skieurs plus ou moins aguerris venus du Doubs, mais aussi des départements limitrophes ou de territoires plus lointains. Si la neige reste au rendez-vous, le changement climatique ne manque pas de peser sur les activités nordiques de cette région de montagne. Depuis plusieurs années, les élus se sont engagés dans une démarche de transition de l’activité touristique et de loisirs. « Nous travaillons à ce que le territoire soit accessible aux quatre saisons et les actions commencent à porter leurs fruits avec un tourisme d’intersaison », résume Patrick Comte, président du Syndicat mixte du Pays du Haut-Doubs et maire de Pontarlier. D’ailleurs, la station de Métabief s’inscrit dans le projet Passerelles, coélaboré par le Syndicat mixte du Mont-d'Or et l’Association pour le développement du Nord vaudois (Suisse). Il a été retenu dans le cadre du programme Interreg France Suisse 2021-2027, financé par l’Union européenne. Concrètement, les projets transition de la station concerneront : la transformation du télésiège principal de Métabief en « télémix », la création de nouveaux aménagements ludiques en haut de la station, toute saison, des liaisons VTT jusqu’en Suisse, des actions de promotion et événementielles communes…
Au-delà de Métabief, rappelons que le territoire du Haut-Doubs est celui où il y a le plus de linéaires piste de ski de fond, raquettes… et, dans une certaine logique, également de nombreux champions olympiques. Pour répondre aux réalités climatiques, les sites nordiques développent des activités de diversification toute saison : biathlon, ski roue, saut à ski pendant l’été. « Pour l’heure, nous ne constatons pas de baisse du nombre de touristes en hiver mais nous voyons une augmentation en été, avec plus d’étrangers », souligne Patrick Comte. À 900 mètres d’altitude, le Haut-Doubs séduit par la fraicheur de ses bois et ses forêts, mais aussi de ses lacs, à commencer par celui de Saint-Point dont les eaux et la biodiversité font l’objet d’une attention particulière quand la température grimpe. « On commence à avoir un tourisme climatique », reconnait le président du Syndicat mixte du Pays du Haut-Doubs, qui complète : « Les gens cherchent une pleine nature que nous avons la chance d’avoir, sur un vaste territoire qui permet d’accueillir de nombreux visiteurs. »
Une stratégie bien pensée

Sur le territoire, le tourisme représente 3 % du PIB du Haut-Doubs avec 1 000 emplois que le changement climatique est susceptible d’impacter. De nombreux acteurs, collectivités, associations, entreprises, sont parties prenantes du Masterplan 2024-2040 qui interroge l’avenir touristique du territoire. Il se compose de 32 projets à mener sur la période mais se veut adaptable au fil du temps, des enjeux et des besoins. Parmi les actions envisagées, certaines sont transversales comme la transition et la sauvegarde des métiers, des emplois et des compétences, mais aussi des hébergements touristiques ou encore l’accompagnement des activités de pleine nature. En parallèle, le territoire n’oublie pas ses autres forces que sont le patrimoine et la gastronomie. « Le château de Joux est un site remarquable qui attire du monde ; Pontarlier est la capitale de l’absinthe et nous envisageons de créer une maison dédiée comme point de départ de la route de l’absinthe. » À deux pas, si ce n’est moins, de la Suisse, le Haut-Doubs œuvre aussi à séduire ses voisins transfrontaliers avec une offre de tourisme franco-suisse construite conjointement par les deux régions. Alors à quoi ressemblera le tourisme du Haut-Doubs dans quelques années ? « Tout le monde y trouvera son compte. Ce que nous faisons pour les touristes s’adresse aussi aux locaux. Même sans neige, ce sera toujours plus intéressant de venir chez nous car notre territoire est attractif et accueillant en toute saison ! » conclut Patrick Comte.
Nadège Hubert
